mercredi 20 avril 2016

Now you say you're sorry




Tu écrivais sur mes mains des comptines de jouvence, que moi j'effaçais à grands coups d'églantines, fatiguées.

De partout dans ma vie, il n'y a eu que dilemmes insolvables, points d'interrogation se toisant de chaque bord d'un quai de gare aux deux départs vers des camps de concentration Nord et Sud, des pôles de souffrance au carrefour des choix d'exister.

Le monde change et continue de se taper dessus de différentes manières, et je suis lasse de me demander si ce drapeau blanc vaut la peine d'être hissé du haut de ma croix.

mardi 12 avril 2016

I only call you when it's half past five


Écume souveraine à ton corps ventriloque,
À tes lèvres écorchées,
À tes souvenirs gras;
Je dissèque tes émois comme le soleil trop chaud, une carcasse de crabe.

Néanmoins toujours au demeurant servile
De tes doigts stroboscopes dans mes marées trop lasses
Tu t'effaceras ce soir entre mes bras lunaires
Allant, anonyme, synonyme,
En cadence embrasser
Mes berges
Léchées de limon.

De cette grève où souffre ton vent
Nous ne verrons poindre l'ignoble d'aucun chalutier
Dans mes hauts fonds trépas.

samedi 2 avril 2016

Do you think about me now and then, do you think about me now and then? I'm coming home again.



En mon sens, je n'ai jamais été complète, peut-être pour la simple et bonne raison que je n'ai jamais pleinement acceptée d'être, point. J'ai collectionné les expériences comme les enfants ramassent les galets, difformes et disparates, hétéroclites, avant de les rejeter à la houle, une fois le bout de la grève atteinte: pour la beauté de leurs reflets humides sous les doigts, pour leur poids dans mes poches, pour le doux travail fastidieux des marées ayant poli leurs surfaces jusqu'à les résumer à des fragments de temps émoussés.
Nous nous privons de tant de frissons à couver notre folklore, à composer ses hymnes et à ressasser ses fables! Ce moule créé par notre perception d'un mieux idéal-typique ne nous va jamais exactement comme un gant, et l'on perd bien plus d'énergie à tenter de se résumer à un individu cohérent qu'à goûter le parfait désordre de l'absence de sens de nos errances.
Aujourd'hui, j'embrasse mon rien, et je proclame tout haut, sans gêne: nous nous devons de détruire le mythe de nos existences quotidiennement, constamment, afin d'expérimenter l'être selon toutes les subtilités qu'elle offre à quérir; découdre ce faufilage des pans de nos mémoires pour les arrimer à d'autres berges de souvenirs, ne pas tenter de tracer la droite qui résumerait ce nuage de points trop diffus; en somme, réécrire constamment cette mythologie qui nous fait croire en l'ensemble filandreux d'un moi diaphane, friable, éthérique et destiné à se dissoudre dans cette carafe de vies qui sera versé dans l'absolu, au jour d'aubes aux ombres moins sciées.