mardi 1 mars 2016

You're my river running high



..............................Pauvre rameau généalogique;
..............................Tu me veux mur mitoyen de notre ADN commun
..............................Pupitre de synthèse dans cet auditorium de fer
..............................Tu t'enorgueillis de mes cancres de mots, de mon ingratitude de naissance
..............................Tu voudrais que je vois autre chose que cette fenêtre au chevet de mon âge adulte

..............................Si tu savais comme je me bats contre mes malédictions de faïence
..............................Mes bénédictions d'évangiles crotté
..............................Ces feux follets ces myriades, ces impromptus
..............................Ces païens les pieds nus et purs dans la fange de mes coïts sales
..............................Ces libres penseurs aux têtes vides et aux coeurs enflés

..............................Si tu leur apposais aux reins la fin du bagne
..............................Demain ils migreraient vers des landes plus clémentes pour leur bétail céleste
..............................Ils sortiraient de leurs pagnes troués des univers de grès, de viandes salées
..............................Dignes sur la langue, aux odeurs qui collent aux os
..............................Aux parfums qui restent sous les ongles
..............................Des souvenirs d'ancêtres où il est dur et bon de vivre
..............................D'amours élimés sur le rêche de sols courbaturés
..............................Sous la corne de plantes de pieds sèches et sages

..............................Depuis longtemps je tente de sédentariser mes nomades mentaux
..............................Leur faire goûter l'agriculture lente
..............................Sa douce patience lestant les épaules de ses colliers d'échardes
..............................Le soleil de plomb tannant les peaux souples du souffle ras de la terre
..............................Les rouages de fer raboteux et rouillé d'un temps où l'on oublie l'extase
..............................Mais où l'on apprend le délectable rythme du rien

..............................Tu les voudrais le dos courbé, dans le moule de mon siècle
..............................La marche de l'Histoire, le pèlerinage des Hommes
..............................Il faut marcher pourtant, pourquoi ces négations
..............................Spartacus tziganes, esclaves du révolu?

..............................Ils n'en ont cure encore
..............................De la tiédeur du feu, du confort de l'antre;
..............................Ils veulent la brise froide et les loques de cheveux emmêlées
..............................L'amour lugubre dans les couteaux de vents d'un pré
..............................Et le firmament des souffles en catharsis
..............................Ils veulent se sentir embrasés par cette osmose qui les dépassent
..............................Ils veulent exister loin de l'abstrait, un point c'est tout.

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