mardi 5 janvier 2016

Unkle


..................................I’m Only Human (2014) by Labspace Studio (Laura Mendes & John Loerchner)

Je tente de faire un retour sur ma vie et sur mes envies, sur les raisons qui font que je souhaite dessiner sur les muscles des autres, mais surtout, sur la raison pour laquelle je désire davantage les mots qui sortent de leurs bouches que les tiens; en un sens, les tiens, je les connais, je sens leur substance avant même que tu ne les aie craché; cette connaissance de toi vole la nécessité du discours, peut-être, lui donne une texture crade. Certes, je sais que j'aime tes idées, ton odeur, la consistance de tes draps lorsqu'ils sont humides de nos dos... Je me sens douce, calme par rapport à toute cette affection que je te porte et qu'aucun de ces concubins que je n'aurai pas ne pourrait concrétiser avec autant de justesse, et pourtant, il y a deux semaines à peine, j'étais pratiquement certaine de vouloir faire le grand pas, te rayer hors de ma vie.
Parce que si ce n'est pas maintenant, quand? Tu vas revenir et je ne pourrai pas davantage te voir, tu vas revenir et j'aurai de nouveau l'impression de ne pas t'aimer, parce que tu ne me manqueras plus, ou pas assez.
Ce que c'est compliqué, ressentir, dans un monde en équilibre entre l'excès et la carence... 
Je veux ressentir en émoi, sans honte, sans y être forcée; hurler: "Je t'aime, je t'aime, comme une pute aime son proxénète, comme un ancien addict chérit son héroïne, comme une suicidaire étreint des yeux les pointes acérées d'une falaise! Je t'aime de cette intensité des choses qui sont trop inflammables pour être consumées, ces brasiers desquels on rêve sans jamais que l'odeur de souffre ne nous flatte les sens, sans jamais que l'ardeur ne fasse gonfler la levure des cloques de nos peaux!"
Imaginez le nombre d'incendie entre les murs osseux du crâne d'une pyromane; s'ils avaient tous pu être allumés, elle serait guérit, croyez-moi sur parole.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire