samedi 6 août 2016

It was bleeding and I ran to the sea


.................................Ça s'appelle "Alvéole"


Je ne sais pas pourquoi cet expérientiel vain vaut autant de syllabes
Mais ta langue tranche les lames de mes clavicules
Comme un couteau, une lettre de mots doux
Dûment attendus;
Tu me combles la cage thoracique
Du bourdonnent de mes entrailles émues
Gouttant le miel tamisant mes cavernes,
Ruche de chaleur moite d'envies sucrées,
Écosystème de pompe sanguine et de balançoires de muscles
Qui s'étirent et se courbent
Pour l'unique et puérile danse de tes reins.

Tu seras ma révolution d'hibiscus
Sporadique, éphémère,
La saveur fumée d'un relent d'incendie,
Indomptable, destructeur, poétique et déchu;
Tu seras une mélancolie douce et sereine
Mon éternelle bouée sur un rafiot amarré
Aux eaux calmes des âges.

mercredi 13 juillet 2016

You know that you were never good enough


















Human error, by Victoria Siemer










Flooded my mind with liquors and luminescent, temporary love
Dissolved shame in memories' drawers torn open;
Ransacked reminiscing in consciousness' misty alleys
Fingers in wet mouth, teeth tracing sharp collarbones-
What remains is enough to long for bodies long gone
And yet, somewhere, lost, is the sense of desire
For else than the numbness of thick, cotton ball sleep

Comes morning tide:
Sleepless dawns,
Responsible wives and husbands dropping lunch boxes at school
Foul taste under tongues and leaky mascara, caked foundation-
I always end up remembering my name, my salvation remains
A temporary amnesia, an apocalyptic feminine Sisyphus

I am not the one who sold my youth away.
She was stolen from my brain
By a hand,
Sheer satin gloves...
Or maybe iron oven mittens.

dimanche 3 juillet 2016

And I'm bleeding and I'm bleeding and I'm bleeding right before the lord



Tu écrivais sur mes mains des comptines de jouvence
Que moi j'effaçais à grands coups d'églantines;
Tu déguisais mes souffrances en fleurs
Qui fanaient lorsque tu ne les arrosais pas de ta voix.

Tu n'es pas Christ de néon, Jésus de Montréal, ma petite querelle fantoche, ma tendre bouée de mots doux; mon vin je le trouvais dans un dépanneur asiatique, pas dans les larmes de tes yeux, pas dans la salive de ta bouche. Je me suis fatiguée de prier les oublis dans les quintessences des aubes, j'ai décidé de pieusement arrêter les louanges pour que ma salvation soit mon propre culte, imparfait et humain.
Ceci est mon corps. Tu ne me l'as pas offert, mais il goûtait meilleur que tous les pains sans levains déposés avec affront sur ma langue moite de toi.
Nous étions davantage apôtres côte à côte que dévot et divinité, ne t'en déplaise.

Ton gout de pomme de pin collé au palais
Qui me fait languir de la même rédemption sauvage-
Quelque part en ce monde
Tu as trouvé ta paix;
Ton hâtre attend seulement ses bûches se bouleaux
Pour envoyer valser ses étincelles dans le firmament d'une cheminée fugace,
Grésillante, douce.

J'ai déjà les jointures ensanglantées
Enrubannées de bandages
Empourprées de douleur et de sueur;
J'attend encore les huards aux carrefours de mon âme.
Faut-il que je crée ces présages de papier mâché pour me sentir chez moi?

mercredi 20 avril 2016

Now you say you're sorry




Tu écrivais sur mes mains des comptines de jouvence, que moi j'effaçais à grands coups d'églantines, fatiguées.

De partout dans ma vie, il n'y a eu que dilemmes insolvables, points d'interrogation se toisant de chaque bord d'un quai de gare aux deux départs vers des camps de concentration Nord et Sud, des pôles de souffrance au carrefour des choix d'exister.

Le monde change et continue de se taper dessus de différentes manières, et je suis lasse de me demander si ce drapeau blanc vaut la peine d'être hissé du haut de ma croix.

mardi 12 avril 2016

I only call you when it's half past five


Écume souveraine à ton corps ventriloque,
À tes lèvres écorchées,
À tes souvenirs gras;
Je dissèque tes émois comme le soleil trop chaud, une carcasse de crabe.

Néanmoins toujours au demeurant servile
De tes doigts stroboscopes dans mes marées trop lasses
Tu t'effaceras ce soir entre mes bras lunaires
Allant, anonyme, synonyme,
En cadence embrasser
Mes berges
Léchées de limon.

De cette grève où souffre ton vent
Nous ne verrons poindre l'ignoble d'aucun chalutier
Dans mes hauts fonds trépas.

samedi 2 avril 2016

Do you think about me now and then, do you think about me now and then? I'm coming home again.



En mon sens, je n'ai jamais été complète, peut-être pour la simple et bonne raison que je n'ai jamais pleinement acceptée d'être, point. J'ai collectionné les expériences comme les enfants ramassent les galets, difformes et disparates, hétéroclites, avant de les rejeter à la houle, une fois le bout de la grève atteinte: pour la beauté de leurs reflets humides sous les doigts, pour leur poids dans mes poches, pour le doux travail fastidieux des marées ayant poli leurs surfaces jusqu'à les résumer à des fragments de temps émoussés.
Nous nous privons de tant de frissons à couver notre folklore, à composer ses hymnes et à ressasser ses fables! Ce moule créé par notre perception d'un mieux idéal-typique ne nous va jamais exactement comme un gant, et l'on perd bien plus d'énergie à tenter de se résumer à un individu cohérent qu'à goûter le parfait désordre de l'absence de sens de nos errances.
Aujourd'hui, j'embrasse mon rien, et je proclame tout haut, sans gêne: nous nous devons de détruire le mythe de nos existences quotidiennement, constamment, afin d'expérimenter l'être selon toutes les subtilités qu'elle offre à quérir; découdre ce faufilage des pans de nos mémoires pour les arrimer à d'autres berges de souvenirs, ne pas tenter de tracer la droite qui résumerait ce nuage de points trop diffus; en somme, réécrire constamment cette mythologie qui nous fait croire en l'ensemble filandreux d'un moi diaphane, friable, éthérique et destiné à se dissoudre dans cette carafe de vies qui sera versé dans l'absolu, au jour d'aubes aux ombres moins sciées.

mardi 1 mars 2016

You're my river running high



..............................Pauvre rameau généalogique;
..............................Tu me veux mur mitoyen de notre ADN commun
..............................Pupitre de synthèse dans cet auditorium de fer
..............................Tu t'enorgueillis de mes cancres de mots, de mon ingratitude de naissance
..............................Tu voudrais que je vois autre chose que cette fenêtre au chevet de mon âge adulte

..............................Si tu savais comme je me bats contre mes malédictions de faïence
..............................Mes bénédictions d'évangiles crotté
..............................Ces feux follets ces myriades, ces impromptus
..............................Ces païens les pieds nus et purs dans la fange de mes coïts sales
..............................Ces libres penseurs aux têtes vides et aux coeurs enflés

..............................Si tu leur apposais aux reins la fin du bagne
..............................Demain ils migreraient vers des landes plus clémentes pour leur bétail céleste
..............................Ils sortiraient de leurs pagnes troués des univers de grès, de viandes salées
..............................Dignes sur la langue, aux odeurs qui collent aux os
..............................Aux parfums qui restent sous les ongles
..............................Des souvenirs d'ancêtres où il est dur et bon de vivre
..............................D'amours élimés sur le rêche de sols courbaturés
..............................Sous la corne de plantes de pieds sèches et sages

..............................Depuis longtemps je tente de sédentariser mes nomades mentaux
..............................Leur faire goûter l'agriculture lente
..............................Sa douce patience lestant les épaules de ses colliers d'échardes
..............................Le soleil de plomb tannant les peaux souples du souffle ras de la terre
..............................Les rouages de fer raboteux et rouillé d'un temps où l'on oublie l'extase
..............................Mais où l'on apprend le délectable rythme du rien

..............................Tu les voudrais le dos courbé, dans le moule de mon siècle
..............................La marche de l'Histoire, le pèlerinage des Hommes
..............................Il faut marcher pourtant, pourquoi ces négations
..............................Spartacus tziganes, esclaves du révolu?

..............................Ils n'en ont cure encore
..............................De la tiédeur du feu, du confort de l'antre;
..............................Ils veulent la brise froide et les loques de cheveux emmêlées
..............................L'amour lugubre dans les couteaux de vents d'un pré
..............................Et le firmament des souffles en catharsis
..............................Ils veulent se sentir embrasés par cette osmose qui les dépassent
..............................Ils veulent exister loin de l'abstrait, un point c'est tout.

jeudi 4 février 2016

Explosions in the sky


Mushroom landart by Jill Bliss


J'ai l'impression d'avoir marché un long désert en ta compagnie, landes blanches criblées des balles à fragmentation de quelques oasis. Tu le sais, je me repait de chaleur, mais parfois, par moments, ma langue est tiède et chaude, et je ne peux plus la passer sur mes lèvres pour leur donner le lustre d'une affection rupestre. C'est le moment où nous tombons dans les lacs cléments de nos éclaircies de verdure, où je peux boire à grosses gorgées goulues.
Depuis longtemps maintenant, nous soulevons le sable de nos enjambées romanesques. Sens-tu pourtant l'écume qui gronde sous nos plantes de pieds asséchées? J'attend la mousson de nos beaux jours, cette crue d'espoir qui souvent fait fleurir les berges les plus arides, les gorgeant du limon de nos coeurs souples. Les céréales cultivées dans nos champs en jachère ne seront que plus gouteuses une fois la faim écartée par le lait chaud bu au sein des cycles. Nous serons repus, satisfaits et toujours aussi aimants, au milieu d'un autre même paysage.
Certes, je crains moi aussi par moment notre soif, nos plaies d'Égypte, notre trépas; certes, nous manquons d'heures pour nous aimer de façon aussi complète que nous l'eûmes fait autrefois; certes, il faut trouver moyen de ne pas perdre rivage l'un à l'autre, de ne pas renoncer à nos bouées. Mais en un sens, peut-être nous trompons-nous, quand l'on affirme avoir encore beaucoup à vivre l'un avec l'autre; peut-être nions-nous le caractère très arbitraire de notre décision de continuer à s'aimer, peut-être nous bandons-nous les yeux sur la beauté du fait que l'on pourrait décider demain de ne plus avoir rien à vivre ensemble, que cette simple décision modèlerait la réalité pour qu'elle s'y accorde, et que nous ne le faisons néanmoins pas. L'important est que nous choisissons encore de construire ces opportunités nouvelles, l'important est que j'ai envie de ton portrait de lendemain, l'important est que j'ai envie que tu demeures important. L'important est que je t'aime.
(Ces petits cadres que tu as trouvé, nous pourrions en faire de magnifiques Polaroïd de molécules représentant drogues ou hormones d'émotions... Nous pourrions  écrire des poèmes sur cette étrange dualité, celle de la connaissance scientifique et du ressenti émotionnel, si loin de la réalité expérientielle.)
...Oui, j'y crois: demain nous renaitrons, encore, toujours, pour gouter de nouveau ces lunes opportunes qui nous ont déjà offertes quelques rictus de temps, à marée basse et haute, ancrés côte à côte dans la baie de nos vingt ans. Je me fiche du moment où j'arrêterai de vouloir recréer les cycles. Je t'aime maintenant, dans l'infini de cette seconde où je le réalise.

dimanche 17 janvier 2016

Hello, it's me



Je ne peux plus me masturber; quand je ferme les yeux, c'est ton visage qui apparait dans mes fantasmes, irrémédiablement- et alors je pleure plutôt que je jouis. 

mardi 12 janvier 2016

A pig, in a cage, on antibiotics


The Dark Figure, Federico Castellón (1938)

Toute ma vie, j'ai quêté le droit d'être folle; parfois parce que je l'étais vraiment et que j'en demandais la légitimité, d'autres parce que j'aurais voulu l'être, peut-être pour justifier mon immaturité, ma sensibilité, ma lâcheté.
Au final, je ne sais pas si le drame de ma vie sera de n'avoir pas eu le droit d'être démente, ou de ne l'avoir pas été du tout. Que de temps et de papier perdu, si la deuxième option s'avérait véridique...

dimanche 10 janvier 2016

Babel


Hands by Horacio Quiroz



Nous sommes ici, face à face, dévêtus et silencieux, debout sur nos genoux s'enfonçant si peu dans le matelas raide lâchement enrobé de draps rêches. Je ne regarde pas tes yeux. Je ne suis pas romantique: j'ai toujours eu peur des abysses dans lesquelles on pouvait facilement dégringoler lorsque l'on se perd dans cet autre inconnu et tentant -autrement que dans ses bras, dans sa bouche, je veux dire... Alors je préfère manger tes lèvres au ras de mes cils, subtilement cachées par le rideau d'ombre qui défile sporadiquement au rythme des phares à l'extérieur de la chambre.
Je ne veux pas être la première à briser l'électricité surnaturelle qui suspend le monde entre nous, couvé dans toute sa ronde immensité entre nos deux abdomens, tant palpable dans son entropie que je pourrais jurer que mes cheveux emmêlés se lèvent lentement dans une vaine tentative de se joindre aux tiens, horizontaux, mystiques, beaux. Tout mon corps veut se souder au tien, envie d'une masse uniforme, indécente, de désir et de teintes paradoxales et magnifiques fondues l'une dans l'autre, mais je tarde à briser la magie.
C'est toi qui m'effleure le bras, doucement, tranquillement, d'une façon presque dénuée de sexualité. Puis tu m'embrasses, le monde bascule et je lâche le fil incertain qui me reliait à la réalité, quadrillée, réaliste, pour plonger goulument dans tes méandres.
Ta bouche goûte l'encens, l'Orient qui couve son mystère dans l'âtre d'une nuit opiacée, ton épiderme plein de poudre à canon sous ma langue languide consumée de désir- quelles guerres ont été menées dans les vallons de tes reins, mon amour, de combien de lames de baillonnettes ont été transpercé tes affections juvéniles, pour que ton désespoir se déguste avec tant d'envie, pour que je trouve cette saveur d'ailleurs, éphémères et fugaces, dans tes pores dilatés par la chaleur humide de nos rideaux? Tu ne te départis pas des spectres d'énigme qui constellent ton charme, ton corps se meut encore en toute poésie incomprise, dans les faibles éclats de lueur s'évadant de la fenêtre ouverte- douce brise sur mes seins nus, braqués dans le vent qui caresse, gifle, puis souffle, doucement, comme un enfant un peu sauvage, comme tes mains, comme tes lèvres engouffrant ma peau dans leur délire sensoriel, comme tes doigts qui pianotent à merveille les rythmes de mes passions fugaces, et moi qui y répond gauchement, dépassée, délaissée à tes talents, immolée par nos commotions communes, par ton pouvoir sur mes hanches qui dansent sans rythme autre que celui que je pressens dans tes veines palpitantes.

Le ventilateur vrombit dans l'immobilité de notre émoi consommé, et je ne saurais dire si je n'ose te regarder ou si je n'en ai pas envie, si je tente de ne pas casser notre chrysalide aux fruits périssables ou si je me délecte encore des poussières de toi condensés sur ma langue, tout simplement. Je sens ton souffle contre mon lobe d'oreille vide, le moustiquaire flatte sporadiquement mon pied droit, je te caresse l'angle de la mâchoire. Je suis bien, plutôt, je crois. Je te voudrai une deuxième fois, plus tard, aussi, surement.

mardi 5 janvier 2016

Unkle


..................................I’m Only Human (2014) by Labspace Studio (Laura Mendes & John Loerchner)

Je tente de faire un retour sur ma vie et sur mes envies, sur les raisons qui font que je souhaite dessiner sur les muscles des autres, mais surtout, sur la raison pour laquelle je désire davantage les mots qui sortent de leurs bouches que les tiens; en un sens, les tiens, je les connais, je sens leur substance avant même que tu ne les aie craché; cette connaissance de toi vole la nécessité du discours, peut-être, lui donne une texture crade. Certes, je sais que j'aime tes idées, ton odeur, la consistance de tes draps lorsqu'ils sont humides de nos dos... Je me sens douce, calme par rapport à toute cette affection que je te porte et qu'aucun de ces concubins que je n'aurai pas ne pourrait concrétiser avec autant de justesse, et pourtant, il y a deux semaines à peine, j'étais pratiquement certaine de vouloir faire le grand pas, te rayer hors de ma vie.
Parce que si ce n'est pas maintenant, quand? Tu vas revenir et je ne pourrai pas davantage te voir, tu vas revenir et j'aurai de nouveau l'impression de ne pas t'aimer, parce que tu ne me manqueras plus, ou pas assez.
Ce que c'est compliqué, ressentir, dans un monde en équilibre entre l'excès et la carence... 
Je veux ressentir en émoi, sans honte, sans y être forcée; hurler: "Je t'aime, je t'aime, comme une pute aime son proxénète, comme un ancien addict chérit son héroïne, comme une suicidaire étreint des yeux les pointes acérées d'une falaise! Je t'aime de cette intensité des choses qui sont trop inflammables pour être consumées, ces brasiers desquels on rêve sans jamais que l'odeur de souffre ne nous flatte les sens, sans jamais que l'ardeur ne fasse gonfler la levure des cloques de nos peaux!"
Imaginez le nombre d'incendie entre les murs osseux du crâne d'une pyromane; s'ils avaient tous pu être allumés, elle serait guérit, croyez-moi sur parole.