dimanche 27 décembre 2015

Ragged woods, Fleet Foxes


J'ai envie de faire l'amour dans un désert américain. Maintenant, avec toi. Putain de merde.


Je me retrouve à penser à toi, à ta peau, à ta bonne humeur, à tes petites manies; à mon incertitude quant à tes actions sociales, à ta rébellion contre un système dans lequel je me plais parfois à contrecoeur, à ma sensibilité néanmoins omniprésente face à l'authenticité que tu témoignes lorsque tu danse dans le firmament incertain de valeurs parfois contradictoires avec tes désirs immédiats.
Je te sais présentement dans les bras d'une famille aimante de laquelle je ne suis plus sure de faire partie, de laquelle je me sens un peu étrangère, et que j'aimerais regagner, doucement, sans bruit, comme s'ils ne s'étaient jamais rendus compte que je venais à y manquer de plus en plus fréquemment. Je nous imagine tous les deux dans une fresque de bonne humeur et de nouveauté, partageant de la gnole maison dans une des demeures froides de tes oncles alcooliques et presque fascistes, je nous imagine découvrir le monde comme nous serions capables de le faire avec tant d'aisance, et je t'aime, je t'aime, je t'aime. J'ai peur que tu réalises que tu n'as plus besoin de moi, là-bas, alors qu'à peine deux jours après ton départ, ma question à moi est la suivante: me suis-je trompée en me posant même la question à savoir si je t'aimais encore assez pour être avec toi? Tu me manques déjà tant...
Je discute avec cet être fascinant dont l'aura de trouble m'a convaincue de te parler de mes doutes face à notre deuxième personne du pluriel, certes; bien que je ressente un doux pétillement dans le creux de ma poitrine à la simple idée que nous échangions des phrases virtuelles sur l'amour des mots et leur partage, c'est peut-être sans désir de concrétiser mon envie indéniable de lui, maintenant que je doute de sa propre attraction pour moi. Ou peut-être aies-je simplement déclaré forfait, considérant mon corps parsemé des constellations d'une irruption de mon système immunitaire défaillant. Je ne sais plus si je désire d'autres personnes que toi, maintenant que les possibilités s'amenuisent, passés les premiers relents de la potentialité infinie de mon halo personnel et de notre groupe fusionnel.
Je me sens dérangée, contradictoire, fascinante, perdue. Je me sens peut-être dans un vieux couple, peut-être encore amoureuse. Que ferais-je sans toi, de toute façon? Mon monde manquerait peut-être de substance, de sens, cette fiole d'énergie vitale que tu as réussi à inculquer à mon canevas, il y a presque deux ans déjà... Ou peut-être cet état ne ressemble-t-il pas simplement à ce à quoi le changement s'apparente: le doute de moins en moins dur, de plus en plus dissipé, le trépas lent des idées d'hier...
Est-ce le début de la renaissance de nos amours lassées, ou le simple retour de balancier d'un deuil qui s'éternise? La nostalgie goûte-t-elle si bon, si doux, malgré son révolu?
Je crois qu'aucune des deux réponses dichotomiques à cet éternel point d'interrogation suspendu au-dessus de ma tête ne me satisferait en ce moment, même si les deux viennent accrocher sur mes lèvres incertaines des sourires éphémères, nuancés.
J'ai envie d'intimité, réelle, véridique, de voyages loin et de sentiments véritables.