dimanche 29 novembre 2015

Hallelujah, ha-lle-lu-jah...



And here we are again,
Reaching hands to believe in clasped breaths,
In shared arrays of chests pumping,
Bodies entwined but souls apart;

I wish I could tell
When you love me
From when you miss us.

samedi 28 novembre 2015

But never relax at all

Joel Rae: Resolution


J'ai relu ça:

"Je n'ai aimé que les barbeaux troubles des mémoires que j'ai maculé dans les corridors dédaléens de mes errances psychiques, en longues traines de pinceaux de suie, à longs traits de pistolets d'ennui. Jamais la triste vérité de ta sincérité banale. J'ai aimé ton mythe, jamais ton moi. Je t'aurais moi-même mutilé Minotaure si cela avait pu donner à cette ridicule histoire incroyablement insignifiante le romantisme des fins perdues, je t'aurais charcuté à ma guise si tu avais pu répondre à mes caprices de petit cataclysme étriqué [...]. Oui, saches-le, et tortures-t'en: j'aurais profané jusqu'au dernier viscère de ta carcasse d'autrefois, aurais inondé d'arsenic la plus intime essence du nectar de ton âme, pour une infime miette supplémentaire de l'intensité de ma propre vie. À cela, tu avais raison de m'aimer en minuscule reine falote gouvernant de son trône de déchets les envies de ceux qui lui tendaient la joue."

...Et je me demande si l'on change vraiment. Si ces jours seront les premiers où je mutile mes résultats scolaires. Si j'aime toujours le même type de personne, le genre qui te donne envie de mourir, de te déchirer de l'intérieur, d'aller arracher ces mauvaises herbes flasques de ton corps. Je me demande si ça se fait, exister sans heurts, exister sans échecs. Je me demande si je suis le genre de personne à être qualifiée de "christ de folle". Je crois que oui. Je ne sais pas comment je me sens par rapport à ça.

vendredi 13 novembre 2015

Skin, Grimes


MEN
want to fix you
save you
or fuck you

I can’t be fixed
and I don’t care to be saved

- Jeanann Verlee


Je ne suis pas dupe. J'ai envie d'eux, mais je t'aime encore, toi. Fermez les dossiers, brulez-les, ma chère Élizabeth, brulez tous les livres, toutes les preuves, comme j'ai incendié ces mémoires trop chères à mes yeux pour qu'elles veulent dire quelque chose.

jeudi 12 novembre 2015

He never was a stranger

I have the skin of two different boys
under my fingernails.
My mother tells me to clean them out when
I realize my thighs still ache from
all the ways he made me fold
underneath him and maybe
I like myself being
just a little bit
dirty.
Is it wrong of me to want, darling?
Is it wrong of me to leave?
To live?
Today in the shower I washed you out of my hair,
but I leave my nails undone.
I sharpen my tongue.
I file my teeth.

Scratches on the back, Sade Andria Zabala..................................................................................

lundi 9 novembre 2015

I never look behind, all the time / I will wait forever, always looking straight / Thinking, counting, all the hours you wait



Oh baby I can't say
That everything is okay
Because I have a problem
And I don't know where to start from
But baby I can't do
Anything to help you
'Cause I'm working to the bone
And you know

Circumambiant, Grimes


Manger de l'information. Manger du mafé. Se sentir ainsi. J'ai envie de longues heures de travail dans un pays où il ferait bien trop chaud, sous un chapiteau, j'ai envie de dysenterie, j'ai envie de plein de choses desquelles peut-être que je n'ai pas vraiment envie. Je ne sais pas ce que je lui trouve. À lui ou à n'importe qui d'autre. Je ne sais pas ce qui cloche. Dans mes apprentissages scolaires, ma tête, mon estomac, mes amours. Everything's gonna be fine, it's just a crush. C'est vraiment ça. Ce n'est qu'une imbécile histoire d'égo, de désir de connexion avec des inconnus, que j'ai l'impression d'avoir manquée, ou peut-être sabordée par le fait que je suis en relation. Je suis ennuyée de la séduction vide. Je suis fatiguée des couples vides. Je suis tannée, point barre. J'ai l'impression de vivre un mensonge. Une blague. Ne me dites pas que c'est ça, vivre, toujours? FUCK L'ALCOOL. FUCK LE SEXE. FUCK LES RELATIONS. FUCK - TOUTE SAUF LES CHATS.

dimanche 8 novembre 2015

The words of the prophet are written on the subway walls



Les messes orgiaques
où Emmanuelle confond de nouveau sexe et religion.



Avant-hier m'a rappelé tout ce que je pouvais être: le diable, pathétique et isolé, qui laisse couler dans son gosier les dernières mémoires qui lui resteront, qui n'ose pas proposer de nouveau à ses beaux fantômes de passer quelques décennies dans les draps de son canot d'écorce, et la déesse, belle mais tout aussi destinée à la solitude, vaine créature de l'inconnu sacrifiant noms et organes sur l'autel de son culte vide.
Je crois que l'on pourrait dire que je suis une séductrice lorsque je bois; mais je ne sais pas si j'en suis une efficace, et cette constatation me démange les neurones et le corps. Après tout, j'ai été plusieurs femmes dans ma vie; perdue et ambitieuse, hippie et bourgeoise, rockeuse toxicomane et sainte bonne enfant. Quelques hommes aussi, probablement, dans mes costards et mon assurance, dans une indépendance factice, paternaliste, et une envie destructrice de déchirer des joues à coup de poings américains lorsque je buvais trop, et qu'une situation me faisait monter le sang aux tempes; les tambours de cette hargne qui me prend parfois les tripes est définitivement socialement masculine, ils viennent éveiller chez moi des hurlements de mobilisation dont les sarrasins auraient connus la folie par flambées de sang, ils déclenchent les salves de kalachnikovs perçant des corps de dentelles de muscles et de peaux. Dexter le poinçonneur de lilas, Marie la couturière de chair.
Surtout, j'ai été moine, asexué et néanmoins trop sensuel, dans les prières nocturnes des métros de notre métropole où l'on gueule notre alcoolémie, dans la consécration du sacre de ma perdition, slamée sur des comptoirs sales de ces bars dans lesquels l'on se sent toujours familier et dévêtu, dans mes lèvres se perdant sur celles de n'importe qui, sans distinction de sexe, sans envie de davantage que la répétition creuse de ces évangiles nocturnes; j'ai prié, beaucoup, je vous l'affirme, chers fidèles, j'ai louangé bien des épîtres lors de ces messes orgiaques où je léchais les mots sur la chair sanguinolente des saints que j'avais moi-même flagellé. J'ai récité à la perfection les chants que tu réussissais à extirper de mon corps en émoi. Chaque fois que ta respiration s'accélérait, chaque gémissement qui échappait tes lèvres à rebours du désir bouillant à contre-coeur dans tes veines, chaque déflagration musculaire sous la poigne de mes reins, évoquait le carillon nouveau d'un dimanche hiératique, d'une magnificence qui n'avait d'égale que ton épiderme humide, et qui serait vite oublié dans le froissement de nos bibles personnelles. Mes genoux éraflés sous une robe lourde désagrafée, griffés par les agenouilloirs devant lesquels récitent les évêques de mon rite, corps aux découpes d'un éclairage bleuté, onirique, raides et sacrés.
Je ne regretterais pas ces réunions sectaires, même si le bois sec de leurs parquets d'Église silencieuse sont destinés à flamber dans le frottement des aiguilles de nos vies gâchées, même si nos corps finiront irrémédiablement crucifiés à des lits d'hôpitaux pour ces banales croyances dont on ne se souvient plus des mots à l'aube; mon évangile, il était là, dans notre amnésie sélective des peaux labourées, dans les souvenirs dilués de cette grande noirceur d'un soir, de mille nuits.
Venu le matin, je suis pieuse, vierge diaphane dans l'attente d'un rêve à la sensualité à demi effacée, en quête de sa foi.

dimanche 1 novembre 2015

Just wait until it's over, wait until it's through...




For now
I know that you have beauty spots that form grand constellations in the night sky of your back,
One of which ignites the canvas of your skin like the northern pole star;
I know the softness of your voice when you whisper to me intoxicated secrets,
And the might of your indecision when I play with them;
The stars in your eyes when you've drunk too much
And the stillness of your breath when you're asleep
And I
Can't find Morpheus.

I don't know if I'd have any legitimacy in asking for more than those thefts,
Stolen memories of flooded nights,
Ransacked reflections of prohibited games;
I know I like them,
I know I like you,
And maybe that's enough
For now.