dimanche 20 septembre 2015

Glo-ry Alabama



Bertrand Planes - Moniteur CCTV (1999-2005) - moniteur CCTV, verre d'eau et webcam



...............................la ruche de tes lèvres sur la charpente de ma vie
...............................bourdonnement incessant d'envies et charmes assouvis
...............................sentiment de stupeur et peur de te perdre

...............................depuis longtemps déjà je t'aime à prendre le large
...............................j'ai bu la tasse pour d'autres, jamais à m'en noyer
...............................mais tes marées à toi me font jeter bouées
...............................et lentement nager pour perdre le rivage

...............................mer de Novembre aux remous doux
...............................corne de brume dans mon coeur d'eau
...............................le corps nu, l'esprit palmé;
...............................je coule comme des billes dans des poches pleines de riz.

vendredi 18 septembre 2015

Batman et Robin theme song. On repeat. Forever.


"Mais les médicaments c'est chimiques alors ça peut pas être bon pour toi nécessairement on the long run, tsé."
You know what else is chemical? BRAINS.
Tellement tannée du médoc-shaming.

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"To this day I would say I'm really pro psychiatry but really anti-force." comme qu'elle a dit, la conférencière à TED.

jeudi 17 septembre 2015

slam poetry



The future has been at war but it's coming home so soon

Neil Hilborn, The Future

And you want to travel blind


















Photographs of the surface of Mars, courtesy of HiRISE

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"Je ne crois certes pas que nous en soyons là, dans ce no-man’s land défini par le révolu ou par la perspective sans envie du présent, ni même peut-être sur cette trajectoire; je suis encore souvent émerveillée par la finesse avec laquelle je me surprends encore à vous aimer quotidiennement, à chérir votre âme aux soubresauts surprenants et à me délecter de votre dos dérobé par mes yeux voleurs, en catimini, au matin. Mais je tenais à le dire, pour calmer mes craintes, et pour nous rappeler que la sacrosainte perception du temps dans un duo n’est qu’une construction oubliant le moment présent et la volonté actuelle d’être aux côtés de l’autre, une fabrication sociale qui fait fuir les moments véritables, les moments que l’on veut vivre avec intensité et émotions sincères, au profit des autres jours, ceux passés (et donc nécessairement vains à se rappeler) ou futurs (et intrinsèquement liée à une dimension qui ne nous arrime en aucun cas)."

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J'ai vraiment de la misère à étudier, à aimer, à exister.
Je vais faire une oeuvre avec des commentaires niais de gens sur youtube. Juste parce que.

vendredi 11 septembre 2015

Hush, I say there's more to life than rust, not gonna leave this place with us, drop the game it's not enough.


"[...] And I am still drunk when his fingers wake me from inside
And I know that I didn't say yes
And I know I didn't say anything because I was asleep
And I know I should say no now [...] "




Les rêves sont revenus. Pas les cauchemars, violents, invivables, courts et vous laissant en sueur. Non, les rêves, longs et lents, peuplades de mondes gris et vaguement impersonnels, qui vous réveillent dans une sorte de transe macabre, incapable de prononcer ce qui a rendu l'expérience si horrible.
Je m'étais fais violer, nous savons tous par qui, dans le parc pour enfants à côté de l'ancienne demeure de ma grand-mère, sous de vulgaires modules pour bambins à la peinture écaillée. Sachant que personne ne me croirait, j'avais affirmé à plusieurs gences aimantes, ma soeur, mon père, ma meilleure amie, que ç'avait été une erreur, mais ils ne cessaient de s'esclaffer de ma situation, invariablement; j'avais décidé de partir avant que mon concubin, furieux, ne m'expédie hors de sa vie. J'avais fais un sac à dos, décidée à aller sauter un train, le soir, alors que le gel tissait sa toile sur les surfaces exposées d'un sous-bois aux teintes bleutées lunaires. Je me faisais traquer par ces mêmes gences aimantes, qui continuaient à rire de moi doucement entre les arbres, me jurant que je ne parviendrais pas à m'échapper de cette condamnation sociale. Je n'étais pas terrifiée, je ne me sauvais pas à grandes enjambées larges; j'étais simplement terriblement las, silencieuse, isolée, apeurée non pas dans une panique qui fait battre le coeur, mais dans une torpeur dont l'état en soi effraie.
Un train était arrivé, mais il était lent, et les rires ne faisaient que redoubler d'intensité. Il y avait une grande bassine, haute et profonde, sur un de ses compartiments chargé d'arroser la forêt pour ne pas qu'elle ne brûle. Et je grimpai sur le wagon, escaladai le bord de la bassine, et me jetai dans l'eau glacée. Coulant lentement au fond, recroquevillée en boule, je levai la tête vers le haut du baril, regardant avec soulagement les visages de mes agresseurs aimés se flouer comme je savais ma mort imminente, transie et sans oxygène.
C'est ce soulagement dans la mort qui m'effraie toujours de ces rêves périodiques. Je me réveille avec l'envie de les concrétiser, pour atteindre le même niveau d'apaisement de mes souffrances vaines et irréelles.

* * *

Je ne sais pas si tu m'as déjà agressé sexuellement, comme j'ai osé l'affirmer à ton ami, sur le haut d'une montagne, enivrée et réchauffée par la lueur du feu rougeoyant sur le Mont-Royal, désireuse de briser ses fausses perceptions des femmes montréalaises. Je ne sais pas si j'aurais dû être plus claire, si j'ai cassé et que tu avais alors le droit de prendre ce que tu as pris de mon corps, si des larmes et des protestations ne suffisent pas quand ultérieurement l'on accepte de changer de position. Je ne sais pas si les mots ont plus d'importance que l'assujettissement des actes, dans ces circonstances, dans ton pedigree. Je ne sais pas si je t'ai donné raison, je ne sais pas si je suis une féministe enragée, je ne sais pas si tu as perçu les choses très différemment - probablement. Je sais que tu m'as dis être désolé le lendemain, "tu ne voulais pas et j'ai insisté", par un vulgaire message texte, je sais que nous n'en avons jamais reparlé depuis, et que j'éprouve du dégoût en disant ton nom, et que parfois, je suis dans l'autobus, et je me sens assaillie d'une honte indescriptible, que je songe à ce que je dirais pour te détruire, pour faire éclater ce morceau de vitre fiché dans la chair de ma sexualité et de mes convictions morales.
Ce n'est pas que cela pourrait faire une tache sur ma relation, puisque c'est arrivé peut avant sa concrétisation, et bien que tu aurais pu me transmettre n'importe quelle connerie. Ce n'est pas que j'ai menti, bien que je l'aie fait. Ce n'est même pas que j'aie une réputation à rétablir, puisque personne ne le sait; nous avons si bien parlés, ou si peu: "Il ne s'est rien passé. Il n'allait vraiment pas bien et je l'ai raccompagné chez lui." Ce n'est pas ça. Ça n'a rien à voir avec ça.
Je crois que c'est que j'étais d'accord avec lui sur un point, le seul qui importe vraiment: que j'étais sa propriété. Son jouet, et que ce simple statut sous-entendait mon consentement, sans nécessité de verbaliser, sans nécessité même que le concept n'existe. Qu'il avait le droit de se servir de moi seulement parce que nous avions déjà échangés nos salives auparavant et qu'il pouvait y avoir confusion; parce que nos termes n'étaient pas clairs et que mes actes n'étaient pas totalement en juxtaposition avec mes paroles; parce qu'il n'allait pas bien; parce que j'aurais pu partir; le frapper; être plus convaincante que je ne l'ai été dans mon désir qu'il arrête; parce que j'étais là; parce que j'étais femme; et parce que j'étais, entièrement, à sa disposition.
Je suis tellement fatiguée d'être femme, mais surtout cette femme là, celle que je suis, en ce moment même, vous n'avez pas idée.

jeudi 10 septembre 2015

Seems everything's gonna be fine, too late just as well


"[...] Je ne vais pas mentir, je déteste dire aux autres que j'ai besoin de faire une pause. Je déteste me demander si mon visage reflète bien la bonne expression. Je déteste entrer dans la salle de bains pour m'entraîner à sourire face au miroir. J'essaie de faire remonter ce sourire jusqu'à mes yeux. Je déteste faire l'effort de détendre les mâchoires pour ne pas avoir mal à la tête. Je déteste cette sensation de ne pas être là. De n'être nulle part, en fait. Je déteste que vous me disiez d'ignorer tout ça. Que c'est facile. Que je peux y arriver. Je déteste lorsque vous vous rendez compte que vos grandes suggestions ne suffisent pas et que vous me dites que je devrais peut-être me faire aider par un professionnel.

[...]

Je tiens à vous dire combien ces mots brûlent ma langue. Comment ils traversent mes joues pour les faire rougir et me convaincre que je suis une menteuse. Combien vos soupirs, lorsque je m'efforce d'exister, tout simplement, me détruisent."

"Lettre ouverte à mes amis et à ma famille: je survis", par Shawna Ayoub Ainslie