dimanche 2 août 2015

we’re in the yard and we’re standing by a train, and there’s nothing fucking rideable, it’s driving you insane.

Swampy


"On se devait de roam the world et être heureux about it, for fuck's sake, my love", qu'on s'est dit au détour du train, rouillé et sale.
Puis, il l'a sauté, le train. Moi, je suis retournée au quai, avec mes dix dollars bien profondément enfouis dans la gorge, avec l'envie de gerber de mon existence de minable payant pour un passage en sens contraire alors que les roues offraient la tentation de la chaire roussie et du vent dans les cheveux, avec l'impression lancinante que je savais exister comme tout le monde, sans le fantasque du drame, de la poussière et du mascara bon marché trouvé dans les poubelles, des douze-dollars trente-sept dans les poches et du whiskey coulant dans le fond du sac à dos. J'avais la rage de vivre, peut-être pas celle de mourir jeune, mais celle de ne pas regretter si cela s'avérait le cas, la rage des photographies de Mike Brody et de Swampy; la rage de ne pas tomber dans l'âge adulte comme on tombe dans un fossé, un beau jour de printemps, pour y mourir en soirée, piètre et déprimé au soleil couchant. Et puis la rage s'est éteinte devant la couardise de mes jours bourgeois.

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