samedi 8 août 2015

We keep on running, running, running for miles

Je rêve d'une grande demeure communautaire et artistique où il ferait bon de vivre.
Au sous-sol, je voudrais un hammam de tuiles d'un turquoise profond où sont versées sur des pierres brûlantes par la braise qui les rougeoie de l'eau de pluie récoltée en de grands vases de terre cuite gris-bleu; les plus pudiques pourraient y tirer de larges rideaux pour se relaxer et se laver en privé, et trois douches à aire ouverte borderaient le côté du bain, les rigoles laissées par celles-ci glissant dans des caniveaux jusqu'à la cuve centrale.
Les deux ou trois salles de bain borderaient l'entrée du deuxième étage où seraient disposées les chambres, laissant l'art du bain réservé aux consciencieux du corps, à ceux qui veulent en prendre soin avec douceur et langueur. Chaque chambre aurait une grandeur standard et serait au loisir de décoration de ses occupants; ce serait le havre ultime à ne pas déranger. Il pourrait également y avoir un atelier de création commun, au fond du corridor principal.
Au rez-de-chaussée, les premières pièces d'entrées seraient réservées à une galerie d'art longue et illuminée, mais se cacherait passé les battants du fond du corridor commun un salon-salle à manger jumelé à une grande cuisine communautaire et rustique. Il y trônerait une longue table de bois aux coussins colorés, dans le dos de laquelle des sofas à même le sol aux motifs multiples, vivants, texturés, permettraient un repos à plusieurs ou une attention particulière pour un des spectacles (ou soirée poésie, ou artistique, ou autre) qui serait présenté à l'occasion sur la scène à côté du bar de la cuisine.  En arrière des divans, une gigantesque bibliothèque commune occuperait tout le mur, permettant aux ennuyés d'aller quérir des connaissances ou des épopées au moment où ils le désireraient, sans attente. Il pourrait même y avoir deux petits paniers d'osier, un pour les livres à donner, l'autre pour ceux à recevoir en don. De grandes portes vitrées ouvriraient sur un jardin où pousseraient deux pommiers, peut-être une partie du potager. Sous le portique, quelques hamacs multicolores permettraient de se reposer, l'hiver, au gré de la musique d'un vieux piano que l'on ne craindrait pas trop de détruire - à moins qu'il ne soit posé à l'intérieur, permettant aux interprètes de liquider ses mesures de leurs doigtés aisés.
Sans oublier, bien sur, un toit où serait construit une serre à l'année longue, un poulailler où quérir les oeufs pour les batchs de 50 biscuits à 21h le soir, un grand jardin et peut-être même quelques cultures d'insectes et un étang à poissons aux côtés duquel se prélasser.
Bref, je veux une maison communautaire d'ambiance Eva B, qui donne des art shows engagés et qui est autosuffisant en alimentation. C'tu trop demander?

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