samedi 15 août 2015

Get up this is what I see, welcome to reality



Petite, je me croyais intelligente; adolescente, j'étais convaincue d'être un génie. Jusqu'au jour où j'ai compris que cette sensibilité, cet émoi indescriptible à ressentir les choses, n'était pas la manifestation subtile de mon unicité, mais bien la représentation magique du fait d'exister. J'avais une manière de l'exprimer certes différente, mais comme tous les autres exprimaient la leur différemment.
Je n'ai pas encore déterminé si cet aveu tardif sur mes banales capacités à vivre était magnifique ou franchement déprimant.

* * *

Je suis mangée par la gigantesque beauté du monde, par les émotions complexes et sincères qui se mélangent dans les têtes étrangères jointes, à la statique capillaire et aux idéaux communs, aux sentimentalités aussi à fleur de peau que mes pauvres nerfs de schème bipolaire... J'y trouve de l'émoi, mais point de réconfort, et là est bien le drame, car j'aurais peut-être aisément pu vivre avec plusieurs litres de larmes en moins compactées dans mes glandes lacrymales- mais bon, on ne peut pas tout avoir, dans l'univers, n'est-ce pas?
Exister et ne pas mourir, ce sont deux choses différentes, mademoiselle. Si vous saviez la bouille de ce domestique sage qui me fait constamment la morale en costard, dans ma tête... Vous ne ririez plus.
J'aimerais être fière de ce que je suis, vraiment, regarder mon portrait déglingué et hurler un grand "OUI", mais je me retrouve seule chez moi, un peu saoule mais pas tout à fait, à procrastiner mon travail scolaire comme je ne l'ai jamais fais dans l'espoir de dissiper ma morne détresse.
Je ne sais pas si je dois recommencer à prendre mes médicaments. Je suis anxieuse, déprimée, au bout du rouleau, et fatiguée de ce manège estival loin des comprimés pour replonger dans leur douce étreinte au bout de quelques crises.

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