samedi 20 juin 2015

The last song, Trisomie 21



Claudine Doury


Couchée dans mon lit à onze heure cinquante-huit, j'ai envie de me faire un Amaretto Sour. Consciente du ridicule de la chose autant que de ce supplice de Tantale qui se terminera nécessairement ce soir, dans l'absolution nocturne des alcoolémies passagères pour jeunes irresponsables, j'écoute de la vieille musique des années 80 dans un t-shirt trop grand en détaillant sur mon corps les piqures de punaises de lit qui me constellent les bras. On peut y trouver Persée, Cassiopée et Orion.
J'ai l'impression que je vais te perdre comme ça, dans une crise persistante de laquelle tu n'auras pas le loisir ni le désir de calmer, perdu dans les bois avec cette tribu qui n'est pas tout à faire la mienne.

* * *

Au fond de moi, je n'ai pas l'impression d'en demander beaucoup: un minuscule espace où manger, et un autre où faire pousser des légumes; le reste de ma vie, je me débrouillerai avec, avec difficulté et courage, mais ça, il me semble que c'est un élémentaire pour lequel on ne devrait pas avoir constamment à travailler, épreuve de Sisyphe tout le long de notre existence pour s'assurer l'essentiel... Non?
Peut-être aussi que je suis une sale enfant gâtée qui ne comprend pas l'exclusivité de la vie.

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