mercredi 27 mai 2015

Children of the mills! Children of the junkyards! Sleepy, illiterate, fuzzy little rats, haunted, paint-sniffin', stoned out of their shaved heads, forgotten, foraging, mystical children, foul-mouthed, glassy eyed, hallucinating!



"Je me mis à surveiller quelque peu mes sourires, et ne tardai pas à déceler au-dedans de moi une mince fissure qui s'ouvrait entre celui que j'étais et celui que (selon l'esprit du temps) je devrais et voulais être.
Mais qui donc étais-je alors en vérité? À cette question je peux répondre en toute honnêteté: j'étais celui qui avait plusieurs visages."

La Plaisanterie, Kundera




Je ne sais pas ce dont j'ai besoin. Suspendue dans la marmite céleste du monde, égarée aux confins de terres rouges et arides, seule dans une mégalopole familière ou inconnue, je ne sais pas ce dont j'ai besoin.
Je sais que je veux être heureuse, que je veux être à ma place, libre et pourtant en choix, que je veux sentir que les moments en valent la chandelle, que j'existe non pas pour une raison particulière, mais pour vivre ce moment précis, sans préoccupation autre, sans même peut-être être consciente de cet instant que trace d'un trait d'aiguille de corde de jute le pointillé incertain de mes jours incomptés. Seulement, je ne saurais dire la marche à suivre pour atteindre cet El Dorado intemporel (mais non pas indolore), et je crains, l'angoisse au ventre, les lames aux veines, les larmes aux lèvres, que ce ne soit l'unique chemin et destinée de mon sablier, cette quête asymptotique vers le vécu primordial sans pérennité ni réflexion complexe. J'ai peur de ne jamais obtenir totalement le bonheur nu, stable; j'ai peur de ne pas trouver, ne pas être ne paix avec mon absence de réponses, et d'être déçue, pas assoiffée, mais insatiée, à la fin de mon périple existentiel.
Je crois que je viens de réaliser que tous les bouts du monde, tous les corps qui m'étreindraient, ne parviendraient pas à me départir de mes prisons mentales, de ces chaines qui me rongent la chair sans que je ne vois leurs maillons.
Je me sens aveugle devant trouver son portrait dans une piscine de tableaux en flammes.

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