mardi 24 mars 2015

Anarchy- in the city

Drawing in corner, 1971

J'ai oublié qu'il y avait une manif de nuit. Une immense manif de nuit. 
Alors je suis là à suivre les gens qui marchent à travers mon petit écran, sur 99media.
Je me sens nulle.
Et lâche.
Peut-être ne suis-je pas une vraie idéaliste.
1%. De batterie, je veux dire.

lundi 23 mars 2015



J'AI LE DROIT DE FAIRE DE L'ART STRICTEMENT INTELLECTUEL J'AI LE DROIT DE FAIRE DE L'ART LAID J'AI LE DROIT DE COPIER ET DE DIRE QUE C'EST DE L'ART ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE MA DÉMARCHE VAUT AUTANT QUE VOTRE ESTHÉTISME

dimanche 22 mars 2015

The earth is not a cold dead place



Marée basse: les langues d'eau trainent leur écume sur les fardeaux salés des berges froides. Tombée du rideau, sommeil hors saison.



J'ai passé quelques jours à déambuler dans le fjord du Saguenay, à transpirer dans les montées abruptes et impromptues de ces landes de roche et de glace capricieuses, à me laisser récurer le crâne par la fatigue musculaire et l'épuisement de mes ressources mentales. Le Québec, mon beau pays de glace, de neige et de sloche... Tu m'as donné un petit répit.
En rentrant, je suis allée chez mon farfadet. Nous avons mangé de la soupe au maïs à grandes gorgées duveteuses, fait l'amour et dormi. Nous faisons souvent l'amour, ces temps-ci. D'abord avec passion, rangs de campagne tracés dans la toile de nos dos, poils contre les langues, qui trainent un délicieux gout de sueur; puis, avec lenteur, lorsque le désir s'emmagasine de nouveau dans les pistons de nos lents mouvements sensuels et que la vapeur fabule hors de nos accélérateurs concentriques. Mon parfum sur tes doigts qui te rappelle nos douces échauffourées, comme tu l'as si bien murmuré sur cette toile d'espace temps figé, quelques caractères que je pourrai relire avec nostalgie quand nous ne serons plus... J'aime l'étrange communion, l'intimité que nous trouvons dans ces lapées du lait de notre soif physique et psychique, et qui reste pour l'instant intarissable. Étrangement, l'épuisement des orgasmes donne une quiétude à mes idées emmêlées.
La semaine dernière, j'avais l'impression d'être en train de crever tellement elles allaient vite dans mon cerveau. Aucun évènement, aucun déclencheur, pas de crinque sur laquelle se serait accrochée la roue dentelée de ma conscience; qu'un débalancement hormonal, ou énergétique, peu importe notre philosophie, hippie ou scientifique, une petite goutte de trop, et la pesette était à l'envers. Mon amoureux avait peur pour moi; il ne voulait pas me laisser déambuler seule dans les rues sales de notre métropole embuée d'un froid qui ne veut pas décrisser, il était effrayé sans trop le montrer par la rapidité de ma respiration, il se questionnait sur la raison de tant de considérations loufoques, de mon besoin constant d'avoir la bouche bourrée de syllabes inutiles. Nous ne sommes pas allés voir ces sympathiques lutins qui n'auraient pas compris mon débalancement: nous sommes rentrés à la maison, lui peut-être un peu déçu mais dévolu à ce "nous" qui souffrait un peu de mon propre poids erratique, j'ai écris comme une dégénérée pour vomir toutes les phrases qui s'entortillaient dans ma gorge et m'empêchaient de respirer, j'ai épuisé jusqu'aux dernières réserves de la description de mes sensations physiques... Je me suis endormie, épuisée, contre son torse chaud et réconfortant, alors que ma manie commençait à se calmer. Marée basse: les langues d'eau trainent leur écume sur les fardeaux salés des berges froides. Tombée du rideau, sommeil hors saison.
Parfois, le monde me dépasse, carrément. Une vague immense dans une planète à la gravité vingt fois celle de la Terre, dont la crête se fend au-dessus de mes yeux ébahi, et qui m'envoie tourbillonner en avalant la tasse, me cognant contre récifs agonisants, containers oubliés et continents de magnifiques déchets à la dérive; mon crâne dans le petit réceptacle d'une laverie automatique. Je m'y perd, mes idées fusent sans trouver d'issue ou de volonté pour les tricoter en une phrase cohérente, en une phase ayant du sens, et je plonge dans cet incompréhensible maelström avec toute la grâce de ces enfants aux bras coupés par une guerre civile s'éternisant. Just a pile of, little arms. Une pièce remplie de petites mains semblables, coupées au coude ou au poignet pour une poignée de boucles d'oreilles. 
Il faut bien l'avouer: oui, je suis folle, et très vaine. Comme tout le monde; rien de nouveau sous les tropiques.
Non, je n'ai probablement pas le talent et la persévérance nécessaire pour faire connaitre mon art, un jour, pour parler pour un groupe ou une génération, pour  décrire l'humain comme entité et non pas en tant que poussière d'individu. Il y a fort à parier qu'il n'y aura pas beaucoup de gens qui liront un jour mes mots, recueillis et reliés au fil à coudre bon marché sous une petite couverture blanche bosselée de ces Leméac dont la prose me fait pleurer, ou de groupes qui poseront leurs yeux sur mes installations, un peu par hasard, à travers une vitrine bien astiquée à l'éclairage inusité.
Je voudrais que des gens trébuchent sur mon art, qu'ils soient interpellés par une affiche dans la rue ou par un titre dans une vieille librairie, qu'on s'en jase en tant que bons inconnus autour d'une coupe imparfaite de verre soufflé; j'aurais voulu émouvoir des gens que je ne connais pas, beaucoup de gens, si je le pouvais. J'aurais voulu pouvoir faire des entrevues imbéciles où on aurait pris des photos de mes cernes et de mes sourires épuisés, j'aurais voulu faire de ma vie un nouveau canevas qui vaille la peine d'être détaillé, et qui donne envie aux autres d'être mon ami. Peut-être aurais-je simplement voulu être moins seule avec mes tubes de peintures mentaux, pour ne pas les trouver trop moches.
Ça me rend un peu triste, un peu rancunière envers le destin, mais au fond, ça ne dérange pas, j'imagine; je dois être reconnaissante à l'univers de m'avoir donné le droit d'exister, même parmi autant d'adversité, même dans les ronces de mon jardin intérieur, des épines cassées comme des fils de verre sous les ongles, quelques gouttes de mercure versé dans les yeux pour quêter plus efficacement des piécettes. C'est dur à admettre, comme vérité: qu'il y a une valeur minimale à la vie dans son plus bête effeuillement - la vie toute nue, la vie sans apparat et sans réalisations. Que même si je finis au fond d'une gouttière (ou pire: au fond d'un condominium MÙV), j'en dois quand même une au hasard, parce que peu importe la fin bâclée, je suis déjà sortie, braillante et humide, d'un placenta où j'ai été déposée pour exister. Je me suis fais offrir la chance de ressentir quelques brindilles d'émotions, le vent dans les blés d'autoroutes et la sueur du mois de juin montréalais, je me suis fais allouer l'immense cadeau de voir ce putain d'univers; contrairement à ce que nous, braillards pixelisés, on croit, ça n'est pas donné à tout le monde.
Je suis égarée, perdue dans une immensité qui me dépasse amplement, à tenter de me forger une place qui vaudrait la peine d'être regardée, peut-être en oubliant que je ne suis pas le spectacle central de cette épopée orgiaque de danses de lumières et d'ombres, d'extases et de désespoirs. "Je voudrais mourir dés-espéré." Où rien n'est important, que de vivre.
Peu importe ce que je créerai, rien ne sera à la hauteur, ni aussi durable, que ce que Pacha Mama nous a offert; je suis un point dans une tapisserie, une étoile dans un cosmos en expansion... À l'échelle planétaire, universelle, je ne suis qu'une virgule statistique, une osmose, un matériel homogène dans un phénomène chimique, gazeux, invraisemblable et incompréhensible.
...
Alors pourquoi veux-je quand même essayer d'avoir une valeur intrinsèque?

dimanche 15 mars 2015

Coma black


CLEON PETERSON

Tellement de violence- dans ma tête. Tellement de violence dans ma tête. Tout m'effraie. Je me sens comme une bête en cage, j'ai besoin d'air et de déchirer mon enveloppe corporelle pour laisser sortir l'atmosphère putride. Ma cage thoracique. Je ne sais pas parler. Ce n'est pas un exercice d'écriture, je le jure. Je suis réellement en train de mourir. Je me sens crever, de l'intérieur, depuis quelques jours je perd la boule. Je me sens mourir, je me sens mourir, je me sens mourir. Aidez-moi. J'ai peur de tout. Aidez-moi. Aidez-moi. Aidez-moi. Aidez-moi. Ai-dez-moi.

jeudi 12 mars 2015

I wish I was special, you're so fucking special


"Je ne veux pas me faire rassurer sur le fait que je vais m'en sortir (ça, je le sais);
ce que j'ai besoin, c'est de me faire confirmer que je suis différente, et que ça ne dérange pas."
Réflexion sur la maladie mentale

samedi 7 mars 2015

Timbuktu Fasso



Galaxie des songes, tu te présentes comme un gouffre béat aux dents violeuses ce soir, comme s'il ne te restait plus qu'un agneau à dévorer en guise d'offrande et qu'il s'agissait de moi, toute nue, sans importance. Objet viscère dont l'âme, même joyeuse, sera bêtement déchirée de son socle, devant l'indifférence des étoiles émanantes. Morte comme moi, en lisière d'un rêve.

vendredi 6 mars 2015

Different Heroes


"Je suis dans ce programme parce que j’aime la vie. Pas la mienne toute particulièrement, non; la vie dans son abstraction de mécanisme de respirations et de battements réguliers, et dans la conscience de sa valeur et de sa fragilité. C’est d’ailleurs pourquoi j’aime l’humain plus que la terre : parce qu’il a cette subtile et émouvante capacité d’apprécier cette évidence profane qu’est le cadeau d’exister. Et qu’il a aussi le plus triste don, celui de réaliser le manquement à quelque chose qui lui est fondamentalement dû."


Mon cerveau explose comme du popcorn tellement j'ai plein d'idées artistiques; je vous pondrais la plus belle expo live up si j'avais le budget.