mercredi 11 février 2015

Take me to church



Et nous buvions beaucoup, beaucoup trop, et nous habitions chez nos parents, pathétique et juvéniles, et chaque nuit, nous nous réinventions dans des bars plus moches les uns que les autres ou sur les terrasses de quelques connaissances qui nous servaient d'excuse pour se fréquenter une fois de plus.
Nous nous aimions tous à demi-mot, chacun avec autant d'intensité, mais pour des effluves émotionnelles différentes, et je me sentais plus amoureuse que jamais, un peu brisée mais subtilement admirée pour mes hématomes psychiques et physiques, lorsque je dégringolais des escaliers d'une taverne ou d'une montagne escaladée en état d'ébriété, et c'était ça, au final, la liberté ultime: se péter la gueule sans que ça ne soit grave.
Dans notre psyché, nous étions la clique des dévergondés, et nous nous y plaisions comme jamais des imbéciles de dix-huit ans ne s'étaient plus à être l'archétype de leurs années de souffre calcinées.


Un jour je vais écrire mon auto-fiction-biographie, au complet, sur la terrasse d'un motel miteux d'un pays où l'on peut vivre de bines noires à 1$ par jour.

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