vendredi 20 février 2015

I'm tired of feeling like I'm fucking crazy (bis)




Je me sens loin de tout. Surtout de ma famille, que j'aime incroyablement trop fort, mais dont cet attachement ne parvient pas à ne pas me sentir étrangère à leur essence; des soupers où je suis séparée par une vitre pare-balle de ces gens qui s'animent avec vigueur, des larmes d'une appartenance un peu pastiche.
Peut-être est-ce cela, que je cherche, en voyage, la source de ma plaie et de ma dépendance aux cubicules de fer: un lieu où il n'est pas grave d'être un inconnu qui n'a pas d'affaire à cet endroit là. C'est la seule place où j'ai la légitimité d'être une outsider.
Je ne sais pas étudier, et pourtant, je n'ai que deux examens qui m'attendent lundi: 100 pages de lectures, beaucoup de tableaux à faire. J'ai envie de me maquiller avec des paillettes indécentes. De boire de nombreux verres de mousseux, ce soir, dans cet appartement lointain et désincarné qu'occupe désormais ma frangine. De me rendre à la Nocturne, éméchée, romantique et glamoureusement déprimée, pour observer l'art, une fiole de vodka cachée dans la sacoche. J'ai envie de me désincarner, d'être libre, d'être laide, d'être libre. Je ne le suis pas tout à fait.

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