jeudi 1 janvier 2015

Take me in and dry the rain, the rain, the rain, the rain now



If there's something inside that you wanna say

Say it out loud it'll be okay
I will be your light
I will be your light
I will be your light
I will be your light

THE BETA BAND - DRY THE RAIN


Choses qui éveillent des souvenirs: 
Certaines choses viennent titiller les mémoires comme la mouche au bout de la langue de métal courbe d’un hameçon vient tenter les alevins; cela peut être n’importe quoi, un rappel subtil qui emprunte le même chemin dans le réseau arachnéen de nos synapses, un effleurement du linceul de nos souvenirs par les douces empruntes digitales d’un futur entrevu, mais ce sera toujours un petit rien du tout qui déclenche le cyclone de nos réminiscences.
Pour ma part, c’est pratiquement toujours grâce à des associations des sens qui réfèrent à un passé orné d’un halo de nostalgie du révolu que je me retrouve plongé dans les bassins de mes reliques mentales : la saveur identique, aux relents enfantins, d’une glace dénichée au fin-fond d’une crèmerie en bordure d’autoroute, qui vient inonder les terres arides de l’âge adulte d’une exaltation juvénile face aux explosions que procurent à nos papilles le lent et long roulement de notre langue sur les courbes fondantes de la boule d’une teinte acidulée; une couleur légèrement atypique, peut-être celle d’un drap un peu vieilli qui rappelle la peau de parchemin de papi étrangement blême et insolite en contraste avec sa bière aux pigmentations riches et grasses de bois laqué, ou le fuchsia homogène et luisant des complets légèrement démodés d’une tante qui était toujours vêtue de manière un peu trop chic lors des célébrations de la nouvelle année; les effluves sucrées, chaudes et réconfortantes d’une croustade aux pommes dont l’écorce de flocons d’avoine commence à dorer sous les sourires brulants du four lorsque l’on pénètre dans une maison en hiver, nous donnant l’impression d’avoir encore les pattes emmitouflées dans les salopettes de neige revêtues lors de ces interminables journées de vacances passées à façonner les mandalas de givre avant de rentrer dévorer un plat concocté par notre mère; le moment où jaillis d’un hautparleur public la mélodie de cette chanson que l’on a écouté en boucle dans nos errances puériles et passées, interprétant naguère chaque syllabe de cette douleur – préfabriquée pour plaire aux préadolescents inexpérimentés – comme la preuve de notre légitimité de tant avoir mal d’un cœur brisé infondé; une vieille photo que l’on a autrefois beaucoup chéri, qui glisse des pages d’un cahier que l’on retrouve au fond d’un tiroir, immergeant notre conscience par la marée d’éléments de cette journée particulière, avec la consistance de sa lumière, la musique du rire de son acolyte, l’intensité du lien qui nous unissait aux protagonistes immortalisés sous la page glacée; une carte de bonne fête écrite par une main maladroite de celui ou celle qui partageait l’ensemble de notre univers aux meilleurs moments d’un âge facile et joli, univers se résumant principalement aux jeux infantiles et inlassables que nous avons répétés à chaque récréation pendant plusieurs années, dans la même cour d’école primaire; un vieux journal intime dont on se souvient à peine de notre propre calligraphie; chaque témoin d’époques révolues.


Ostie que je l'aime mon amoureux.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire