dimanche 27 décembre 2015

Ragged woods, Fleet Foxes


J'ai envie de faire l'amour dans un désert américain. Maintenant, avec toi. Putain de merde.


Je me retrouve à penser à toi, à ta peau, à ta bonne humeur, à tes petites manies; à mon incertitude quant à tes actions sociales, à ta rébellion contre un système dans lequel je me plais parfois à contrecoeur, à ma sensibilité néanmoins omniprésente face à l'authenticité que tu témoignes lorsque tu danse dans le firmament incertain de valeurs parfois contradictoires avec tes désirs immédiats.
Je te sais présentement dans les bras d'une famille aimante de laquelle je ne suis plus sure de faire partie, de laquelle je me sens un peu étrangère, et que j'aimerais regagner, doucement, sans bruit, comme s'ils ne s'étaient jamais rendus compte que je venais à y manquer de plus en plus fréquemment. Je nous imagine tous les deux dans une fresque de bonne humeur et de nouveauté, partageant de la gnole maison dans une des demeures froides de tes oncles alcooliques et presque fascistes, je nous imagine découvrir le monde comme nous serions capables de le faire avec tant d'aisance, et je t'aime, je t'aime, je t'aime. J'ai peur que tu réalises que tu n'as plus besoin de moi, là-bas, alors qu'à peine deux jours après ton départ, ma question à moi est la suivante: me suis-je trompée en me posant même la question à savoir si je t'aimais encore assez pour être avec toi? Tu me manques déjà tant...
Je discute avec cet être fascinant dont l'aura de trouble m'a convaincue de te parler de mes doutes face à notre deuxième personne du pluriel, certes; bien que je ressente un doux pétillement dans le creux de ma poitrine à la simple idée que nous échangions des phrases virtuelles sur l'amour des mots et leur partage, c'est peut-être sans désir de concrétiser mon envie indéniable de lui, maintenant que je doute de sa propre attraction pour moi. Ou peut-être aies-je simplement déclaré forfait, considérant mon corps parsemé des constellations d'une irruption de mon système immunitaire défaillant. Je ne sais plus si je désire d'autres personnes que toi, maintenant que les possibilités s'amenuisent, passés les premiers relents de la potentialité infinie de mon halo personnel et de notre groupe fusionnel.
Je me sens dérangée, contradictoire, fascinante, perdue. Je me sens peut-être dans un vieux couple, peut-être encore amoureuse. Que ferais-je sans toi, de toute façon? Mon monde manquerait peut-être de substance, de sens, cette fiole d'énergie vitale que tu as réussi à inculquer à mon canevas, il y a presque deux ans déjà... Ou peut-être cet état ne ressemble-t-il pas simplement à ce à quoi le changement s'apparente: le doute de moins en moins dur, de plus en plus dissipé, le trépas lent des idées d'hier...
Est-ce le début de la renaissance de nos amours lassées, ou le simple retour de balancier d'un deuil qui s'éternise? La nostalgie goûte-t-elle si bon, si doux, malgré son révolu?
Je crois qu'aucune des deux réponses dichotomiques à cet éternel point d'interrogation suspendu au-dessus de ma tête ne me satisferait en ce moment, même si les deux viennent accrocher sur mes lèvres incertaines des sourires éphémères, nuancés.
J'ai envie d'intimité, réelle, véridique, de voyages loin et de sentiments véritables.

dimanche 29 novembre 2015

Hallelujah, ha-lle-lu-jah...



And here we are again,
Reaching hands to believe in clasped breaths,
In shared arrays of chests pumping,
Bodies entwined but souls apart;

I wish I could tell
When you love me
From when you miss us.

samedi 28 novembre 2015

But never relax at all

Joel Rae: Resolution


J'ai relu ça:

"Je n'ai aimé que les barbeaux troubles des mémoires que j'ai maculé dans les corridors dédaléens de mes errances psychiques, en longues traines de pinceaux de suie, à longs traits de pistolets d'ennui. Jamais la triste vérité de ta sincérité banale. J'ai aimé ton mythe, jamais ton moi. Je t'aurais moi-même mutilé Minotaure si cela avait pu donner à cette ridicule histoire incroyablement insignifiante le romantisme des fins perdues, je t'aurais charcuté à ma guise si tu avais pu répondre à mes caprices de petit cataclysme étriqué [...]. Oui, saches-le, et tortures-t'en: j'aurais profané jusqu'au dernier viscère de ta carcasse d'autrefois, aurais inondé d'arsenic la plus intime essence du nectar de ton âme, pour une infime miette supplémentaire de l'intensité de ma propre vie. À cela, tu avais raison de m'aimer en minuscule reine falote gouvernant de son trône de déchets les envies de ceux qui lui tendaient la joue."

...Et je me demande si l'on change vraiment. Si ces jours seront les premiers où je mutile mes résultats scolaires. Si j'aime toujours le même type de personne, le genre qui te donne envie de mourir, de te déchirer de l'intérieur, d'aller arracher ces mauvaises herbes flasques de ton corps. Je me demande si ça se fait, exister sans heurts, exister sans échecs. Je me demande si je suis le genre de personne à être qualifiée de "christ de folle". Je crois que oui. Je ne sais pas comment je me sens par rapport à ça.

vendredi 13 novembre 2015

Skin, Grimes


MEN
want to fix you
save you
or fuck you

I can’t be fixed
and I don’t care to be saved

- Jeanann Verlee


Je ne suis pas dupe. J'ai envie d'eux, mais je t'aime encore, toi. Fermez les dossiers, brulez-les, ma chère Élizabeth, brulez tous les livres, toutes les preuves, comme j'ai incendié ces mémoires trop chères à mes yeux pour qu'elles veulent dire quelque chose.

jeudi 12 novembre 2015

He never was a stranger

I have the skin of two different boys
under my fingernails.
My mother tells me to clean them out when
I realize my thighs still ache from
all the ways he made me fold
underneath him and maybe
I like myself being
just a little bit
dirty.
Is it wrong of me to want, darling?
Is it wrong of me to leave?
To live?
Today in the shower I washed you out of my hair,
but I leave my nails undone.
I sharpen my tongue.
I file my teeth.

Scratches on the back, Sade Andria Zabala..................................................................................

lundi 9 novembre 2015

I never look behind, all the time / I will wait forever, always looking straight / Thinking, counting, all the hours you wait



Oh baby I can't say
That everything is okay
Because I have a problem
And I don't know where to start from
But baby I can't do
Anything to help you
'Cause I'm working to the bone
And you know

Circumambiant, Grimes


Manger de l'information. Manger du mafé. Se sentir ainsi. J'ai envie de longues heures de travail dans un pays où il ferait bien trop chaud, sous un chapiteau, j'ai envie de dysenterie, j'ai envie de plein de choses desquelles peut-être que je n'ai pas vraiment envie. Je ne sais pas ce que je lui trouve. À lui ou à n'importe qui d'autre. Je ne sais pas ce qui cloche. Dans mes apprentissages scolaires, ma tête, mon estomac, mes amours. Everything's gonna be fine, it's just a crush. C'est vraiment ça. Ce n'est qu'une imbécile histoire d'égo, de désir de connexion avec des inconnus, que j'ai l'impression d'avoir manquée, ou peut-être sabordée par le fait que je suis en relation. Je suis ennuyée de la séduction vide. Je suis fatiguée des couples vides. Je suis tannée, point barre. J'ai l'impression de vivre un mensonge. Une blague. Ne me dites pas que c'est ça, vivre, toujours? FUCK L'ALCOOL. FUCK LE SEXE. FUCK LES RELATIONS. FUCK - TOUTE SAUF LES CHATS.

dimanche 8 novembre 2015

The words of the prophet are written on the subway walls



Les messes orgiaques
où Emmanuelle confond de nouveau sexe et religion.



Avant-hier m'a rappelé tout ce que je pouvais être: le diable, pathétique et isolé, qui laisse couler dans son gosier les dernières mémoires qui lui resteront, qui n'ose pas proposer de nouveau à ses beaux fantômes de passer quelques décennies dans les draps de son canot d'écorce, et la déesse, belle mais tout aussi destinée à la solitude, vaine créature de l'inconnu sacrifiant noms et organes sur l'autel de son culte vide.
Je crois que l'on pourrait dire que je suis une séductrice lorsque je bois; mais je ne sais pas si j'en suis une efficace, et cette constatation me démange les neurones et le corps. Après tout, j'ai été plusieurs femmes dans ma vie; perdue et ambitieuse, hippie et bourgeoise, rockeuse toxicomane et sainte bonne enfant. Quelques hommes aussi, probablement, dans mes costards et mon assurance, dans une indépendance factice, paternaliste, et une envie destructrice de déchirer des joues à coup de poings américains lorsque je buvais trop, et qu'une situation me faisait monter le sang aux tempes; les tambours de cette hargne qui me prend parfois les tripes est définitivement socialement masculine, ils viennent éveiller chez moi des hurlements de mobilisation dont les sarrasins auraient connus la folie par flambées de sang, ils déclenchent les salves de kalachnikovs perçant des corps de dentelles de muscles et de peaux. Dexter le poinçonneur de lilas, Marie la couturière de chair.
Surtout, j'ai été moine, asexué et néanmoins trop sensuel, dans les prières nocturnes des métros de notre métropole où l'on gueule notre alcoolémie, dans la consécration du sacre de ma perdition, slamée sur des comptoirs sales de ces bars dans lesquels l'on se sent toujours familier et dévêtu, dans mes lèvres se perdant sur celles de n'importe qui, sans distinction de sexe, sans envie de davantage que la répétition creuse de ces évangiles nocturnes; j'ai prié, beaucoup, je vous l'affirme, chers fidèles, j'ai louangé bien des épîtres lors de ces messes orgiaques où je léchais les mots sur la chair sanguinolente des saints que j'avais moi-même flagellé. J'ai récité à la perfection les chants que tu réussissais à extirper de mon corps en émoi. Chaque fois que ta respiration s'accélérait, chaque gémissement qui échappait tes lèvres à rebours du désir bouillant à contre-coeur dans tes veines, chaque déflagration musculaire sous la poigne de mes reins, évoquait le carillon nouveau d'un dimanche hiératique, d'une magnificence qui n'avait d'égale que ton épiderme humide, et qui serait vite oublié dans le froissement de nos bibles personnelles. Mes genoux éraflés sous une robe lourde désagrafée, griffés par les agenouilloirs devant lesquels récitent les évêques de mon rite, corps aux découpes d'un éclairage bleuté, onirique, raides et sacrés.
Je ne regretterais pas ces réunions sectaires, même si le bois sec de leurs parquets d'Église silencieuse sont destinés à flamber dans le frottement des aiguilles de nos vies gâchées, même si nos corps finiront irrémédiablement crucifiés à des lits d'hôpitaux pour ces banales croyances dont on ne se souvient plus des mots à l'aube; mon évangile, il était là, dans notre amnésie sélective des peaux labourées, dans les souvenirs dilués de cette grande noirceur d'un soir, de mille nuits.
Venu le matin, je suis pieuse, vierge diaphane dans l'attente d'un rêve à la sensualité à demi effacée, en quête de sa foi.

dimanche 1 novembre 2015

Just wait until it's over, wait until it's through...




For now
I know that you have beauty spots that form grand constellations in the night sky of your back,
One of which ignites the canvas of your skin like the northern pole star;
I know the softness of your voice when you whisper to me intoxicated secrets,
And the might of your indecision when I play with them;
The stars in your eyes when you've drunk too much
And the stillness of your breath when you're asleep
And I
Can't find Morpheus.

I don't know if I'd have any legitimacy in asking for more than those thefts,
Stolen memories of flooded nights,
Ransacked reflections of prohibited games;
I know I like them,
I know I like you,
And maybe that's enough
For now.

samedi 31 octobre 2015

Misbehaving for days, great escape, lost track of time and space


We are a family blessed with intelligence and doomed by mental instability.


"You're the kind of man I would like to fuck in a strange hotel room in Phuket, with a reddish lighting and warm satin sheets. Or in Rome, by a night so hot we wouldn't care the windows were wide open, ready to welcome our moans.
What I mean to say is that you're the kind of guy I could experience magnificent, ephemeral love making with."



Entretenir le mystère magnifié d'un mythe, la douceur imitée d'un baiser, le désir sublimé de l'irréel.
J'ai vu tes yeux, par-delà la croute véritable de notre destin commun, au revers de l'amour sincère que nous portons tour à tour sur notre dos, tel un poupon, frigorifié mais braillant de vie, nomades amoureux en perdition dans les plaines kazakhs; ne me prend pas pour une amateur, je sais à présent parfaitement décrypter les codes de nos affections. Je sais dire lorsque la surchauffe est proche, lorsque trop de fenêtres d'opportunité s'offrent à nous, lorsque la connexion ne peut être établie. Il faut parfois redémarrer, voilà tout, nous avons su le faire à plusieurs reprises, mais seulement aujourd'hui, je sens ma conscience infiltrée, grugée par de nouveaux canaux inconnus par ces changements drastiques d'existence qui viennent à la fois faire régresser mes avancées spirituelles et ressusciter mes envies destructrices, emplies de beauté et de drame duquel je croyais vouloir me départir. Je ne sais pas si ces cloportes mentaux quitteront un jour les périmètres de mon humide boite crânienne, si je parviendrai à mener à bien ces damnées améliorations de mon indécision existentielle et de mes montagnes russes émotionnelles, mais en attendant Godot, je suis bien forcée d'avouer ma perdition ici, seul auditoire muet qui puisse entièrement ne pas juger de mon amoralité, noyée dans les mots volatiles d'une âme sans visage.



"I'm so wet." Vulve avec bibittes d'humidité grouillant dedans.

lundi 26 octobre 2015

it started out with a kiss, how did it end up like this, it was only a kiss, it was only a kiss


SO TIRED OF BEING PHOBIC OF EVERYTHING.


J'essaie de ne pas te désirer, inconnu aux multiples grains de beauté ponctuant une épiderme brune, banal damoiseau, gentil et indécent, compétent dans ses affaires et incomplet dans mon imaginaire troué des taches acides d'un alcool fautif... Savais-je que cela ne serait pas accepté dans les clauses du contrat déboulonné avec mon réel concubin, cette escarmouche physique volée aux pans sablonneux de ma mémoire? Je ne crois pas. Mais je sais que les flashs lancinants qui me martèlent le crâne envoient des déflagrations nerveuses jusqu'aux bouts de mon corps insolite, me mordillent les membres en espérances diffuses qui ne me gracient en rien de cette envie de l'Autre (peut-être bien particulièrement de toi). Malgré l'amour, malgré l'indifférence. Mais merde, fallait pas se rencontrer comme ça... Pourquoi? Parce que t'es vraiment une fille bien... Quelles foutaises.

mardi 20 octobre 2015

I was here, I lived, I loved...



Plus personne n'écrit ses états d'âmes lyriques sur de stupides plateformes internet. It's two-thousand fucking fifteen, god dammit: il y a un nouveau premier ministre à la tête du Canada, jeune et beau, il y a le sommet du climat de Paris en décembre dont on aurait quelques droits à être optimistes, il y a le bruit du vent dans des feuilles qui se déchirent doucement, craquées et à la chlorophylle siphonnée... Il y a moi, toujours moi, dans le même corps, dans la même solitude. Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'une autre solitude. Je m'invente aujourd'hui des chemins de traverse.
J'aurais envie d'obtenir une bourse afin de monter un projet d'exposition artistique sur le thème de la maladie mentale; je le nommerais "Un/healthy: 6 months without meds". Et ce serait exactement cela: six mois sans médicaments. Des oeuvres créées durant huit mois sans médicaments, tous en lien avec une condition subjective, personnelle, et les réflexions qui viennent avec. Au centre de la pièce, sur un long log de bois sans écorce, il y aurait un journal, immense, contenant toutes mes réflexions, obligatoires, écrites et reliées à la main. Parfois, ce ne serait que quelques mots: J'ai mal au corps. Ça a dépassé le coeur, il est trop engourdi. Dur. Dur. D'autres, ce serait de longues diatribes sur à quel point il fait bon d'exister, ou à quel point il est douloureux de tenter de le faire, avec poésie et figures de style. Autour, il y aurait des toiles, immenses fresques de médicaments, sculptures de ce que m'évoquent mes crises, autoportraits et néons pour éclairer des photographies modifiées, grand format.
Je boirais un verre de lait et serais habillée en noir et blanc le soir du vernissage.

* * *

Vous voyez, petits oiseaux aux ailes cassées par des gamins trop habiles du lance-pierre amoureux des fillettes qui en riaient, oui, vous voyez, minuscules miettes d'attention pêchées dans les filets chinois de Cochin, je n'ai jamais été sauvée: j'ai simplement sorti ma tête de l'eau, mais des marées, ça descend et monte. Mes orteils commencent de nouveau à perdre les filons du sol sableux.

dimanche 18 octobre 2015

Wasting all my time




------------------I got a girl
 ------------------I got a car
------------------I got a roof over my head
------------------And I’m not dead
------------------No I’m not dead 

------------------My daddy’s rich
------------------And mommy’s pretty
------------------And they all got it hanging over me
------------------It’s all on me 

------------------It’s not enough (x4)
------------------But it’s all mine
------------------I’m wasting all my time
------------------Wasting all my time (x2)

------------------I watch the skyline everyday
------------------And think it’s all going to be okay
------------------It’s all I wanted
------------------I miss the trees
------------------I miss the lakes
------------------I miss the wind and all the silence around me
------------------Far from the city 

------------------it’s not enough(x4)
------------------But it’s all mine
------------------I’m wasting all my time
------------------Wasting all my time (x2)

------------------I wanna know what it feels like
------------------When you take too many pills
------------------I want to feel i’m gonna die
------------------I wanna make love in the fields
------------------I wanna do so many thing
 ------------------And not wake up to this again
------------------Cause’ I’m so tired
------------------Yes I’m so tired

------------------It’s not enough (x4)
------------------But it’s all mine
------------------I’m wasting all my time
------------------Wasting all my time (x3)

------------------It’s not enough (x4)
------------------But it’s all mine
------------------I’m wasting all my time
------------------Wasting all my time (x2)

lundi 12 octobre 2015

Heart and soul, war is over...


Challenger exposion #4, Truangles


J'ai mal aux reins, mes os sont nacrés. Je crois les voir à travers ma peau translucide, je crois déceler les rainures de mes tourments pleins d'exaltation dans l'immaculé de ma chair qui ne cache rien de mes palpitations cardiaques. Je ne sais plus compter les moutons, je ne sais plus attendre que les vents se calment; je veux tout, maintenant, aujourd'hui, je veux ta douceur et ton corps imbriqué au mien, je veux les montagnes de mes cataclysmiques émotions sans fin et l'explosion de fierté de mes résultats scolaires à trois chiffres, je veux, je veux, je veux, ne rien choisir, je veux tout, je veux tout, et vous ne m'offrirez rien tant je me perd dans mes envies stroboscopes.

lundi 5 octobre 2015

I can't shoot them anymore


Roman Tolici


La question qui tue, celle à un million de dollars: peut-on abandonner sa classe sociale, pour toujours?
La question qui suicide, celle à 10 trillions de dollars: le veut-on?

dimanche 20 septembre 2015

Glo-ry Alabama



Bertrand Planes - Moniteur CCTV (1999-2005) - moniteur CCTV, verre d'eau et webcam



...............................la ruche de tes lèvres sur la charpente de ma vie
...............................bourdonnement incessant d'envies et charmes assouvis
...............................sentiment de stupeur et peur de te perdre

...............................depuis longtemps déjà je t'aime à prendre le large
...............................j'ai bu la tasse pour d'autres, jamais à m'en noyer
...............................mais tes marées à toi me font jeter bouées
...............................et lentement nager pour perdre le rivage

...............................mer de Novembre aux remous doux
...............................corne de brume dans mon coeur d'eau
...............................le corps nu, l'esprit palmé;
...............................je coule comme des billes dans des poches pleines de riz.

vendredi 18 septembre 2015

Batman et Robin theme song. On repeat. Forever.


"Mais les médicaments c'est chimiques alors ça peut pas être bon pour toi nécessairement on the long run, tsé."
You know what else is chemical? BRAINS.
Tellement tannée du médoc-shaming.

* * *

"To this day I would say I'm really pro psychiatry but really anti-force." comme qu'elle a dit, la conférencière à TED.

jeudi 17 septembre 2015

slam poetry



The future has been at war but it's coming home so soon

Neil Hilborn, The Future

And you want to travel blind


















Photographs of the surface of Mars, courtesy of HiRISE

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"Je ne crois certes pas que nous en soyons là, dans ce no-man’s land défini par le révolu ou par la perspective sans envie du présent, ni même peut-être sur cette trajectoire; je suis encore souvent émerveillée par la finesse avec laquelle je me surprends encore à vous aimer quotidiennement, à chérir votre âme aux soubresauts surprenants et à me délecter de votre dos dérobé par mes yeux voleurs, en catimini, au matin. Mais je tenais à le dire, pour calmer mes craintes, et pour nous rappeler que la sacrosainte perception du temps dans un duo n’est qu’une construction oubliant le moment présent et la volonté actuelle d’être aux côtés de l’autre, une fabrication sociale qui fait fuir les moments véritables, les moments que l’on veut vivre avec intensité et émotions sincères, au profit des autres jours, ceux passés (et donc nécessairement vains à se rappeler) ou futurs (et intrinsèquement liée à une dimension qui ne nous arrime en aucun cas)."

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J'ai vraiment de la misère à étudier, à aimer, à exister.
Je vais faire une oeuvre avec des commentaires niais de gens sur youtube. Juste parce que.

vendredi 11 septembre 2015

Hush, I say there's more to life than rust, not gonna leave this place with us, drop the game it's not enough.


"[...] And I am still drunk when his fingers wake me from inside
And I know that I didn't say yes
And I know I didn't say anything because I was asleep
And I know I should say no now [...] "




Les rêves sont revenus. Pas les cauchemars, violents, invivables, courts et vous laissant en sueur. Non, les rêves, longs et lents, peuplades de mondes gris et vaguement impersonnels, qui vous réveillent dans une sorte de transe macabre, incapable de prononcer ce qui a rendu l'expérience si horrible.
Je m'étais fais violer, nous savons tous par qui, dans le parc pour enfants à côté de l'ancienne demeure de ma grand-mère, sous de vulgaires modules pour bambins à la peinture écaillée. Sachant que personne ne me croirait, j'avais affirmé à plusieurs gences aimantes, ma soeur, mon père, ma meilleure amie, que ç'avait été une erreur, mais ils ne cessaient de s'esclaffer de ma situation, invariablement; j'avais décidé de partir avant que mon concubin, furieux, ne m'expédie hors de sa vie. J'avais fais un sac à dos, décidée à aller sauter un train, le soir, alors que le gel tissait sa toile sur les surfaces exposées d'un sous-bois aux teintes bleutées lunaires. Je me faisais traquer par ces mêmes gences aimantes, qui continuaient à rire de moi doucement entre les arbres, me jurant que je ne parviendrais pas à m'échapper de cette condamnation sociale. Je n'étais pas terrifiée, je ne me sauvais pas à grandes enjambées larges; j'étais simplement terriblement las, silencieuse, isolée, apeurée non pas dans une panique qui fait battre le coeur, mais dans une torpeur dont l'état en soi effraie.
Un train était arrivé, mais il était lent, et les rires ne faisaient que redoubler d'intensité. Il y avait une grande bassine, haute et profonde, sur un de ses compartiments chargé d'arroser la forêt pour ne pas qu'elle ne brûle. Et je grimpai sur le wagon, escaladai le bord de la bassine, et me jetai dans l'eau glacée. Coulant lentement au fond, recroquevillée en boule, je levai la tête vers le haut du baril, regardant avec soulagement les visages de mes agresseurs aimés se flouer comme je savais ma mort imminente, transie et sans oxygène.
C'est ce soulagement dans la mort qui m'effraie toujours de ces rêves périodiques. Je me réveille avec l'envie de les concrétiser, pour atteindre le même niveau d'apaisement de mes souffrances vaines et irréelles.

* * *

Je ne sais pas si tu m'as déjà agressé sexuellement, comme j'ai osé l'affirmer à ton ami, sur le haut d'une montagne, enivrée et réchauffée par la lueur du feu rougeoyant sur le Mont-Royal, désireuse de briser ses fausses perceptions des femmes montréalaises. Je ne sais pas si j'aurais dû être plus claire, si j'ai cassé et que tu avais alors le droit de prendre ce que tu as pris de mon corps, si des larmes et des protestations ne suffisent pas quand ultérieurement l'on accepte de changer de position. Je ne sais pas si les mots ont plus d'importance que l'assujettissement des actes, dans ces circonstances, dans ton pedigree. Je ne sais pas si je t'ai donné raison, je ne sais pas si je suis une féministe enragée, je ne sais pas si tu as perçu les choses très différemment - probablement. Je sais que tu m'as dis être désolé le lendemain, "tu ne voulais pas et j'ai insisté", par un vulgaire message texte, je sais que nous n'en avons jamais reparlé depuis, et que j'éprouve du dégoût en disant ton nom, et que parfois, je suis dans l'autobus, et je me sens assaillie d'une honte indescriptible, que je songe à ce que je dirais pour te détruire, pour faire éclater ce morceau de vitre fiché dans la chair de ma sexualité et de mes convictions morales.
Ce n'est pas que cela pourrait faire une tache sur ma relation, puisque c'est arrivé peut avant sa concrétisation, et bien que tu aurais pu me transmettre n'importe quelle connerie. Ce n'est pas que j'ai menti, bien que je l'aie fait. Ce n'est même pas que j'aie une réputation à rétablir, puisque personne ne le sait; nous avons si bien parlés, ou si peu: "Il ne s'est rien passé. Il n'allait vraiment pas bien et je l'ai raccompagné chez lui." Ce n'est pas ça. Ça n'a rien à voir avec ça.
Je crois que c'est que j'étais d'accord avec lui sur un point, le seul qui importe vraiment: que j'étais sa propriété. Son jouet, et que ce simple statut sous-entendait mon consentement, sans nécessité de verbaliser, sans nécessité même que le concept n'existe. Qu'il avait le droit de se servir de moi seulement parce que nous avions déjà échangés nos salives auparavant et qu'il pouvait y avoir confusion; parce que nos termes n'étaient pas clairs et que mes actes n'étaient pas totalement en juxtaposition avec mes paroles; parce qu'il n'allait pas bien; parce que j'aurais pu partir; le frapper; être plus convaincante que je ne l'ai été dans mon désir qu'il arrête; parce que j'étais là; parce que j'étais femme; et parce que j'étais, entièrement, à sa disposition.
Je suis tellement fatiguée d'être femme, mais surtout cette femme là, celle que je suis, en ce moment même, vous n'avez pas idée.

jeudi 10 septembre 2015

Seems everything's gonna be fine, too late just as well


"[...] Je ne vais pas mentir, je déteste dire aux autres que j'ai besoin de faire une pause. Je déteste me demander si mon visage reflète bien la bonne expression. Je déteste entrer dans la salle de bains pour m'entraîner à sourire face au miroir. J'essaie de faire remonter ce sourire jusqu'à mes yeux. Je déteste faire l'effort de détendre les mâchoires pour ne pas avoir mal à la tête. Je déteste cette sensation de ne pas être là. De n'être nulle part, en fait. Je déteste que vous me disiez d'ignorer tout ça. Que c'est facile. Que je peux y arriver. Je déteste lorsque vous vous rendez compte que vos grandes suggestions ne suffisent pas et que vous me dites que je devrais peut-être me faire aider par un professionnel.

[...]

Je tiens à vous dire combien ces mots brûlent ma langue. Comment ils traversent mes joues pour les faire rougir et me convaincre que je suis une menteuse. Combien vos soupirs, lorsque je m'efforce d'exister, tout simplement, me détruisent."

"Lettre ouverte à mes amis et à ma famille: je survis", par Shawna Ayoub Ainslie

jeudi 27 août 2015

Boiler rooms


Louise Bourgeois------------------------------------------


Je me suis trashée la gueule. Intense. Bu du vin, de la bière, du fort, et recommencé. Je ne sais pas ce qui m'a pris, un soir de semaine, avant mon premier cours de droit de l'année. Résultat: je l'ai manqué, ayant enregistré la mauvaise heure.
J'ai l'impression de devoir me punir d'être une irresponsable citoyenne, une étudiante intolérante, une amante instable, une amie incompatible. Sortez la coutellerie, disposez les couverts, mesdames et messieurs, prenez place à table: je trancherai la chair repentante qui pend de mon corps morne et amorphe pour vous servir en pitance les remous émotionnels de mon illégitime charme.
Je n'ai pas l'énergie, ni l'envie de bien écrire. Mouchoir pornographique gâché.

mercredi 26 août 2015

Louisahhh! boiler room

- Lovers, Auguste Rodin


Je me liquéfie sous la poigne de nos affections fatiguées
Pâte à pain pétrie par des mains ridées et veuves
Veuves de passion bandée, veuves de rage d'exister
Veuves aux ongles de grès où pourrit une tendresse vaine

Hélas les braises de l'antre sont tièdes sur la peau
On souhaiterait s'y brûler pour la caresse de l'eau
Mais le vieillard sale qui les tisonne doucement
Ne fait qu'attendre, courbé, le jour de l'enterrement

L'urne lentement attend la sépulture fauve
Où seront embrassés les cendres de nos os
Squelette de calcaire qui s'effrite sous les yeux
D'un patriarche las, hélas point malheureux.



Les bernaches brodaient leurs triangles dans le ciel, peut-être seulement pour me rappeler que tu me manquais malgré le temps qui filait ses tapisseries de saisons...

samedi 15 août 2015

Get up this is what I see, welcome to reality



Petite, je me croyais intelligente; adolescente, j'étais convaincue d'être un génie. Jusqu'au jour où j'ai compris que cette sensibilité, cet émoi indescriptible à ressentir les choses, n'était pas la manifestation subtile de mon unicité, mais bien la représentation magique du fait d'exister. J'avais une manière de l'exprimer certes différente, mais comme tous les autres exprimaient la leur différemment.
Je n'ai pas encore déterminé si cet aveu tardif sur mes banales capacités à vivre était magnifique ou franchement déprimant.

* * *

Je suis mangée par la gigantesque beauté du monde, par les émotions complexes et sincères qui se mélangent dans les têtes étrangères jointes, à la statique capillaire et aux idéaux communs, aux sentimentalités aussi à fleur de peau que mes pauvres nerfs de schème bipolaire... J'y trouve de l'émoi, mais point de réconfort, et là est bien le drame, car j'aurais peut-être aisément pu vivre avec plusieurs litres de larmes en moins compactées dans mes glandes lacrymales- mais bon, on ne peut pas tout avoir, dans l'univers, n'est-ce pas?
Exister et ne pas mourir, ce sont deux choses différentes, mademoiselle. Si vous saviez la bouille de ce domestique sage qui me fait constamment la morale en costard, dans ma tête... Vous ne ririez plus.
J'aimerais être fière de ce que je suis, vraiment, regarder mon portrait déglingué et hurler un grand "OUI", mais je me retrouve seule chez moi, un peu saoule mais pas tout à fait, à procrastiner mon travail scolaire comme je ne l'ai jamais fais dans l'espoir de dissiper ma morne détresse.
Je ne sais pas si je dois recommencer à prendre mes médicaments. Je suis anxieuse, déprimée, au bout du rouleau, et fatiguée de ce manège estival loin des comprimés pour replonger dans leur douce étreinte au bout de quelques crises.