lundi 8 décembre 2014

Und gestern war die ganze Stadt voll Papier mit Zetteln die mir sagten "wer nicht kämpft verliert"

Image: Rezet store cookbook




- - - La vie n'a pas à être compliquée. Nous pouvons exister sans entraves, sans désaccords, sans fausser, sans feindre. En étant, tout simplement, et en attendant que la félicité ne s'éclipse pour aller en quérir une autre sur laquelle poser nos yeux et nos doigts; des feux follets amoureux qui ne mènent pas à la folie d'autrefois, ni aux ronces des bois ombragés de l'incertitude réciproque, non, des lucioles aux errances incertaines mais dont la danse, avérée magnifique lorsque détaillée par nos prunelles à jamais enfantines, est chérie le temps de ces soupirs par nos tendres caresses oculaires. On peut tomber amoureux comme tombe une feuille d'Octobre, lentement, doucement, un manteau d'émotions aux chapes de couleurs chaudes soulevées par un air frais de changement de saison. On peut sentir nos sentiments geler tranquillement, sans drame, seulement un petit peu d'errances drabes le temps de s'en rendre compte, mais on peut aussi prendre leurs squelettes de givre translucide entre nos empreintes digitales tièdes et sentir la robe douce de cette peau d'antan, y revoir sa couleur avec autant de fougue et d'intensité, revivre l'émoi de parcourir du bout du corps ses rainures oubliées. On peut être en paix avec la valse aux pas indéterminés des paires formées, puis séparées par de nouvelles étreintes, on peut l'accepter et l'expérimenter, on peut exister sans se prendre la tête et sans prendre le bord, ressentir les différentes teintes de la même couleur et s'aventurer dans les émotions qui doivent être vécues par notre biome mental et de chair, sans remord et sans rancune. On peut même se péter la gueule, si on en a envie, afin de connaitre la saveur exquise du sang d'une lèvre éraflée lorsque sa balafre a été causée par l'audace du ressentir. On a le droit d'exister comme on le désir, de s'atteler ou non à des êtres merveilleux ou repoussants, on a le droit de pleurer pour pleurer et de mourir un petit peu quand on dit au revoir, d'être reconnaissant pour chaque bouffée d'air ou d'en vouloir à notre mère de nous avoir mis au monde. La vie n'a pas à être compliquée.
Je t'aime bien, tu sais; j'accepte les aléas hasardeux de la vie, je t'aime bien, et j'espère apprendre à partager encore davantage, amarrée à tes flancs le temps de cette marée basse, et peut-être plus tard dans la houle de nos contradictions encore jamais cartographiées.

3 commentaires:

  1. "La vie n'a pas à être compliquée. Nous pouvons exister sans entraves, sans désaccords, sans fausser, sans feindre" J'aimerais que ça soit vrai.

    " On peut tomber amoureux comme tombe une feuille d'Octobre, lentement, doucement, un manteau d'émotions aux chapes de couleurs chaudes soulevées par un air frais de changement de saison. " Je vais envoyer ton article à mon frère -- la personne la plus importante de ma vie. Ça décrit... parfaitement comment il est tombé amoureux de sa blonde. Il a laissé tomber la femme avec lequel il était depuis presque 10 ans, avec qui il avait une maison et un chien, et des projets de bébé, parce qu'il s'est réveillé un matin et il a découvert qu'il ne l'aimait plus. Et puis, il s'est retrouvé dans les bras d'une autre, et il a cru que c'était un rebound. Parce qu'il se disait qu'on ne peut pas tomber amoureux aussi doucement, comme ça. Et pourtant... Ta phrase dit tout.

    Je te déteste, et je veux lire les romans que tu écriras. Je ne dis pas toujours quelque chose, mais je dévore tes articles. Je devrais écrire une dissert' et lire les deux romans que j'ai à lire pour demain. Je devrais étudier. Et pourtant, je relis tes articles. Je procrastine, et surtout, je m'enivre de tes mots. Fuck you (amicalement, bien sûr).

    Tu écris trop bien.

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  2. J'ai réussi à pleurer dans mon salon.
    La première citation n'est qu'une reformulation de ton "on est libre de survivre à nos vies", en un sens; on peut choisir de vivre ce qui est à vivre sans en souffrir d'exister, que ce soit beau ou horrible; parfois on souffre de ressentir, sans vouloir ressentir autre chose que ce moment. C'est ma définition d'authenticité et de liberté. Je ne sais pas si je suis claire... Comme c'est ironique!
    Tu diras à ton frère que je l'aime, sans le connaitre. Ça prend une force incroyable pour écouter ses émotions, même les plus imbéciles. Surtout les plus imbéciles.
    Je procrastine aussi. Chacun de notre côté d'un écran. Comme c'est étrange. Digital friendships.
    C'est trop gentil, à la fin!

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  3. Je l'ai de tatoué dans le dos, mon "On est libre de survivre à nos vies"... Ce n'est pas à moi, cependant : ça appartient à ma chanson préférée (une, du moins) d'Indochine, 'Gang Bang'.

    Mon frère est un homme merveilleux. Il a complètement foutu la vie qu'il avait en l'air à l'aube de ses 27 ans... Et je ne l'ai jamais vu aussi heureux. Je lui transmet le message :)

    "Digital friendship", ça dit tout.

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