jeudi 18 décembre 2014

Nafi, Djeli


Signal, JOHN STANMEYER

Qui pourrait nier que le monde est beau après avoir vu un ainé sourire,
Qui pourrait nier que le monde est laid après avoir vu un enfant pleurer?
On a peur de perdre le Nord, de perdre la vie, encore plus de vieillir,
On oublie que souvent, le vrai miracle, c'est simplement d'être né.

Petites pensées kitsch après une virée sur le site du World Press Photo.


______________________________________________________________________________________________


J’ai encore de la difficulté à croire que nous avons réellement déambulés dans ce rêve indompté de landes rêches, que le négatif de nos consciences a véritablement été imprimé de ces images qu’on ne croit même plus exister, dans notre bout de sphère bleutée… L’immense plaine où nous nous étions arrêtés et où des girafes déambulaient, tranquillement, sous les rayons obliques d’un soleil bientôt crépusculaire aux teintes non pas de lavis d’aquarelle, mais aussi intenses que d’amples traits de pastel gras safran et incarnat… Trois individus se baignant dans une rivière, leurs visages ornés des larges lignes blanches d’un maquillage local, leurs magnifiques corps d’ébènes laqués de l’eau du mince filet sous le pont sur lequel la jeep avait filé… L’étoffe d’intenses teintes indigo et rouge de Ketende sur le fond relativement délavé de la terre sablonneuse aux touffes d’herbes sèches et aux squelettes tordus d’arbres perçant ça et là l’épiderme déshydratée du sol masaï, comme il nous expliquait la stratégie du peuple guerrier pour savoir si un lion les suivait…
Ce fut une magnifique parenthèse onirique, inconcevable pour ceux qui ne l’ont pas expérimentés (et peut-être tout aussi étrangement invraisemblable pour ceux qui y étaient), une redécouverte de ce que signifie le terme « beauté », si je l’ai déjà su, un apprentissage de la contemplation de la splendeur sans artifice. Un rêve duquel je ne suis pas encore totalement sortie, et duquel je ne crois pas un jour parvenir à m’extirper complètement – je ne le désire pas, non plus. Tout ça parce qu’un soir de semaine bien banal, assises chacune en face de notre ordinateur, tu m’as demandé : « Est-ce que tu voudrais partir en safari avec moi? » Et que j’ai dis : « Oui, je crois que j’aimerais ça. »
Merci, pour ça, aussi. Et pour tout le reste.

Extrait du cadeau de Noël de ma maman

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire