mardi 9 décembre 2014

"Hey, hey! Put the knife down! Put the knife down!"

L'Église de Plexiglas
Notes poétiques redécouvertes, écrites lors de mon voyage en France de cet été. À retravailler, peut-être.


Il y a sur ce monde une église de Plexiglas
Au-dessus de nos têtes chauves de foi, divine farce
Pèlerins aux loques non brodées des supplices
Enfilées en cuillers de gavages d'auspices

Elle rayonne de tout son vide et scande ses messes orgiaques
Dans les colimaçons mentaux, nymphomanes fidèles extatiques
Au-dessus de nos têtes chauves de foi, elle chante ses cantiques
Salive avide d'esthétique vierge sur lèvres mouillées de leur laque

Elle hurle une parole sourde des tourments
De ceux qui l'écoutent à genoux
Les ongles arrachés dans la boue
Sans encore espérer juste châtiment

Elle plante des ses pieux la censure de vos corps
À force de pages gercées des Bibles imaginaires
Que pourtant à genoux vous adulez encore
Durant cette brève messe intérimaire

Elle crie, elle gifle, elle griffe et elle crame
En votre chaire déchiquetée, ses émules inventées
Épitaphes sans bouquets portés comme un fardeau
Sur vos corps freluquets lestés vers les caveaux
Éraflés par le ciel lourd de ces tourments
Qui ne vous appartiennent hélas pas vraiment

Grand corps de putain engoncé dans son culte
Grande épiderme ferme enfoncée dans son rite
Elle se meut sans attelle en se pleurant infirme
Et sèche ses larmes de sel quand se meurt le jour
Aux confins de son verre, circonférence pourpre
Où se noie l'âme amer des prêtres de son joug

Jésus de Montréal, à quoi bon tous ces clous
Épines d'héroïne, croix de verre concassé
Si ton nom ne perdure que sous les néons troubles
De tes apôtres saouls
De ta parole sourde?

Elle s'est érigée cathédrale enfouissant Dieu
Dans la crasse et et la merde qui emplissaient les cieux
Si bien que de son culte subsiste uniquement
- Mentons inclinés, paupières translucides -
Le monument sinistre de sa stérile beauté.

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