vendredi 10 octobre 2014

I'm on the road again



J'ai toujours été en quête de superlatifs comme outils d'esquisse de ma personnalité. Pourquoi? Je ne le saurai probablement jamais. Je pourrais vous cracher maintes théories sur ce que je prête de romantique, de jouissif, de supportable, à l'intensité des hurlements que j'ai poussés en souhaitant correspondre à l'image de l'hyperbole humanoïde que j'étais et demeure - la beauté du fracas des os contre des cimes drues et sombres de pics océaniques, le sentiment exacerbé de vitalité lorsque les ongles déchirent la chaire en synchronisme avec un orgasme intense, l'ennui à m'en tuer de l'existence pour de bon rangée de bonne fille aux valeurs coulées dans le suffocant ciment social -, mais ces hypothèses n'en demeureraient que plus banales: elles seraient mièvres, vides et aussi ennuyantes que la session hebdomadaire de jardinage d'une maîtresse de maison américaine en 1962, en une journée ensoleillée comme toutes les autres. Ce seraient des mots mornes pour raconter une sensation pressentie par chaque sens, par chaque cellule psychique de mon amphore intérieure pleine de l'ivresse du ressenti. Vous ne comprendriez pas; et moi non plus, à bien y penser, je ne saurais rattacher à des caractères culturellement hermétiques mon envie de me brûler la chaire et l'âme grâce à la morsure de l'éprouvé.
Au final, l'important n'est donc pas de comprendre pourquoi je mendie la magnitude de mes errances et de mes ancrages, mais simplement d'accepter que je chercherai toujours à tenir dans ma paume moite ces quelques piécettes de vitalité, au risque de finir dans les gouttières. Mieux valent les cloaques surpeuplés de sourires aux gerçures toxiques que les morgues de marbre blanc vides de toute forme d'amour, malgré leur pureté.
J'allais partir en un long monologue sur à quel point j'étais bien dans une intensité créatrice et sereine avec toi, et à quel point lui était un havre tentant d'anciens démons à l'étreinte de braises, lèvres pulpeuses et cils noirs recourbés derrière lesquels il cache ses pensées, mais au final, ici, en cette fin de paragraphe, je réalise que ce n'est pas le point. Avec ou sans homme, le point focal de mon existence demeure le même, bien évident, source d'embuches et raison de vivre: me sentir exister.

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