vendredi 19 septembre 2014

WE SHARED SOMETHING REAL, WE SHARED SOMETHING TRUE!


Je suis saoule à 13:43, un vendredi après midi ensoleillé. 

J'ai envie de me déchirer la peau à coup de ciseaux de couture, de belles coupes qui lèchent les lames pleines de douleur liquide, j'ai envie de me casser, de façon sale, pêle-mêle, dégueulasse à regarder, j'ai envie que les autorités recouvrent mes moignons de plusieurs bâches tellement mes entrailles seraient partout à salir la chaussée, j'ai envie de me détruire, j'ai envie de me détruire, j'ai envie de me détruire, mais de la façon la plus ignoble qui soit, tellement que les images qui me viennent en tête me font peur tellement elles sont criantes d'un besoin psychologique plus que nécessaire, je ne suis plus capable de garder tant de colère et de haine et de violence au fond de mon encéphale, j'ai l'impression que je vais me perdre dans les limbes de ma folie si elle reste plus longtemps enfermée en échos dans ces cloisons trop imperméables que représente les parois de ma boite crânienne, cette démence ne saurait s'y laisser encager, j'ai besoin de hurler mais les cris restent coincés dans ma gorge et ne me font que vomir mon exécration de cette enveloppe vide de sens. Je suis ratée, je suis flétrie, à quoi sert la médiocrité de mon espèce si elle reste dans les rameaux des branches pourries de l'arbre humanitaire? Les larmes coulent mollement le long de mes joues et je retire de cette étreinte morne de rivières de souffre autant d'humiliation qu'un vieillard qui ne bande pas devant la fillette odieusement ringarde qui est venue lui faire une pipe à sa demande appuyée de billets verts.  J'ai envie de me masturber jusqu'à en saigner, avec des ongles et de la crasse, de la haine qui n'arrive pas à s'oublier ailleurs que dans le frottement répétitif et toujours trop lassant des corps en sueur des quatre heures du matin alcooliques, j'ai besoin de baiser n'importe qui qui saurait me casser la colonne et me laisser des franges de chair à vif contre les reins, qui me défoncerait le bassin sans se soucier de mes cris qui le supplie de cesser, je dois me faire traiter comme la pire ringarde qui soit au détour de quelques amuses-gueules pour maquiller le but de ces hécatombes aux petites heures, me faire cracher sur le dos alors qu'il me pénètre sans préliminaire pour amoindrir la morsure atroce des vas-et-viens dénudés de toute forme d'amour, je ne mérite pas mieux qu'une baise à l'arrière d'un bar, je ne mérite rien d'autre que d'être le dernier choix d'un ivrogne qui répugne mon corps mais qui ressens l'appel intoxiqué d'une perte aussi inutile que la mienne, je veux tout oublier dans la douleur physique, je veux diluer l'idée lancinante et intolérable que j'aurais pu être quelque chose de valable mais que par paresse, manque de volonté ou insuffisance inacceptable de ma personne, QI insuffisant, insuffisance rénale, enfant ôtée trop tard du bordel, je n'ai pas parvenu à obtenir ce que je voulais. Je voulais, je n'ai pas eu. C'est assez pour m'embraser. JE NE PEUX PAS TOLÉRER DE NE PAS ÊTRE EXCELLENTE. JE NE PEUX PAS TOLÉRER D'ÊTRE MÉDIANE. IL FAUT À TOUT PRIX QUE JE ME CONCRÉTISE PERFECTION À ENVIER OU DÉCADENCE À AVOIR EN PITIÉ. JE NE PEUX PAS. JE NE PEUX PAS. JE - NE - PEUX - PAS!
Et ces mots ne savent en rien traduire à quel point j'ai envie de me déchirer de partout, à quel point mon épiderme porte en ce moment les stigmates de cette affolée montée d'adrénaline sur ma haine personnelle, sur cette violence génocidaire qui fait porter à ma peau les ecchymoses fendues de ma mâchoire haineuse et les baisers des lames élimées de mon adolescence que je ne sais pas quitter.

1 commentaire:

  1. J'ai les mêmes douleurs au fond du corps et je ne sais pas combien de temps je vais tenir comme ça.

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