dimanche 31 août 2014

Radiohead

[...]
See, she remembers what came before this.
The weeks where I forgot how to use my muscles,
how I would stay as silent as a thick fog for weeks.
She thought each phone call from an unknown number was the notice of my suicide.
These were the bad days.
My life was a gift that I wanted to return.

My head was a house of leaking faucets and burnt-out lightbulbs.
[...]

A Good Day, Kait Rokowksi


J'essaie de m'en souvenir.
J'essaie de m'en souvenir,
                             souvent,
                             mais parfois, je n'y parviens pas.

Je suis revenue de chez mon amoureux, j'ai pris mon bain,
                                                                       j'ai pleuré.
J'ai écouté un épisode d'une série télé,
                                                                       j'ai pleuré.
Je me suis mis une belle robe, déambulé en talons hauts,
                                                                       j'ai pleuré.
Parfois, il faut seulement se coucher et oublier le creux de vague.
Mais à me coucher à midi trente,
                                                                       je pleurerai.

jeudi 28 août 2014

Call me a real poison dart

Fallait que je la partage: Cleon Peterson, Master of War (Gold)
J'en suis amoureuse. Carrément. Mais elle est sold out. Carrément.

Lettre à mon concubin durant mon voyage, en réponse à sa citation de Caitlyn Siehl (Do not all in live with people like me. We will take you to museums and parks and monuments and kiss you in every beautiful place so that you can never go back to them without tasting us like blood in your mouth.:

"Ne tombe pas amoureux de moi. Tu le regretteras.
Je te donnerai toutes les raisons du monde de m’aimer à en devenir fou, de chérir par-delà l’entendement, de t’y perdre et d’en redemander. Nous expérimenterons toutes les sensations qui peuvent être perçues par des terminaisons nerveuses attachées à des cerveaux illuminés comme des sapins de Noël, fils de cerfs-volants colorés dans des cieux nuageux, nous nous perdrons dans les dédalles effrayants et fascinants d’une conscience humaine que tu n’oses pas encore découvrir dans sa totalité époustouflante, nous existerons, nous existerons. Tu me détesteras, tu m’abhorreras jusqu’à vouloir déchiqueter ma chair à coup de dents et d’ongles; puis, instantanément, tu ressentiras des vagues de sympathie symbiotique, d’amour inconditionnel à mon égard; la vision de mon corps nuptial enrobé de tes bras trémolo remplacera celle de ma peau déchirée; et tu seras saisi d’effroi, traumatisé par tous ces sentiments simultanés que tu ne savais pas existants au creux de ton cœur, à l’abscisse de ton âme, au pinacle de ton esprit.
Je t’embrasserai tendrement, violemment, avec mélancolie, avec désir ou avec dégout, mais tu te souviendras de l’empreinte de mes lèvres, et chaque émotion te laissera avec l’âpre impression que tu l’as déjà vécue si fort, si bien en ma compagnie, que celle-ci demeurera dérisoire, inutile.
Ne tombe pas amoureux de moi, car je te donnerai toutes les raisons, de ce monde et des autres, de ne pas m’oublier."

vendredi 22 août 2014

Love of mine, someday you will die



J'ai connu une époque où les gens pleuraient. Aujourd'hui, ils pleurnichent; où les gens riaient, désormais ils ricanent. Je n'ai jamais demandé à mes acteurs de rire ou de pleurer dans mes films. Ils le font spontanément.
J'essaie de dire aux gens qu'il faut aimer la vie, même avec ses défauts, qu'il faut savoir donner de l'amour et en recevoir. Mais j'ai voulu montrer aussi dans mon film la force de la mort. Il est très important de réussir sa mort. Le suicide du personnage lui évite une maladie douloureuse. Dans toute vie, la dernière ligne est la plus importante.
-Lelouch, à propos de "Salaud, on t'aime"

jeudi 21 août 2014

Shadows, Woodkid



Il y a de ces amours inavouées qui ne meurent jamais totalement, peu importe à quelle profondeur on les met en terre.
Je suis heureuse avec mon lutin. Véritablement. Je l'aime, et j'aime être à ses côtés; j'aime partager son existence et ses réflexions, ses créations et ses élucubrations. Plus que je n'aurais jamais pu aimer être aux tiens. Lorsqu'il me murmure, la voix encore enrouée par les satins du sommeil, "je suis tellement chanceux", je l'embrasse en souriant, sans même avoir un brin d'amertume à l'idée que ce n'est pas ta voix qui me prononce ces douceurs. Je ne serais pas heureuse de te rendre jalouse en enfouissant ma tête dans son cou très spontanément dans une soirée commune.
Je ne t'aime plus. Comme c'est bizarre. Je ne t'aime plus. Enfin, plus comme avant.
J'ai appuyé sur delete et tu es disparu de ma vie. Tellement facilement. Comme si je t'avais subitement déprogrammé, comme si tu n'avais jamais occupé continuellement mes fantaisies mentales, sensuelles et verbales, instables, trop passionnelles pour être digérées par mon esprit en quête de balance. Tes traits n'apparaissent plus sur mon fil de nouvelles du livre de visages, tes lèvres n'hantent plus mon envie exténuée à 4h du matin, quand je t'envoyais des messages désespérés de me retrouver entre tes draps, collée à ton corps tiède aux mains moites cartographiant mes côtes. C'est fini, tout cela.
Mais ce qui me rend triste, ce qui fait de ce deuil une entreprise si complexe, c'est que tu ne t'es pas présenté à l'enterrement de nos errances. J'ai dû verser les pelletées de terre seule, à la sueur de mon front singulier, alors que je crois bien savoir que nous étions morts pour toi aussi, depuis bien longtemps. Tu n'as pas fait d'hommages à notre beauté mièvre; par le refus de terminer ce baiser arraché à mes lèvres scarifiées de l'empreinte des tiennes, tu n'as même pas reconnu que nous avons existé. Ce fut comme envelopper d'un linceul un enfant mort né dont j'ignorais avec exactitude le chromosome paternel.
Je t'en veux un peu, pour ça: pour ne pas m'avoir donné la certitude que le cadavre de ton amour pour moi n'était plus dorloté dans ton placard, durant ces longues heures où tu te sens seul dans ses bras.

* * *

Je suis irritée par le fait que des gens font le ménage chez moi. Je suis une vraie criss de petite bourgeoise dans mon formatage social, et toutes les forêts du monde ne parviendront pas à retirer cette puce de ma chaire.
Ça me déprime. En un sens, j'aimerais être née véritablement fauchée pour avoir le mérite de bien vivre. Là, ce n'était qu'une poussière dans un coin d'ombre de mon cerveau, petite maladie mentale de rien du tout: pas vraiment un obstacle en soi. Qui a déjà douté de ma capacité à survivre à mes souffrances, à part moi?

lundi 18 août 2014

And I- can make- you love me


“For me, Antarctica is an object of continued visual and intellectual fascination : A wilderness that, however much it is scrutinized and deconstructed, remains unmoved in its glacial quietude, its penetrating silence, and its ability to draw us, one degree at a time, toward the essential.”
- Jean de Pomereu, photographe


Je veux aller quelque part où il fait froid pour pouvoir me réchauffer dans tes bras.
J'ai besoin d'économies pour la Patagonie.

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J'ai retapé tout mon journal du Sénégal pour pouvoir en faire un volume en cuir sur du beau papier et de jolies photos, histoire de pleurer de temps en temps quand j'en lirai des petits bouts, lorsque j'en aurai raz-le-bol de Montréal.
En voici un petit extrait du 10 juin:

Hier, journée enchanteresse de relaxation et soirée incroyable d’immersion d’ambiance.
La plage, bien que jonchée de déchets ça et là, renvoyait se casser contre les rivages les crêtes blanches des vagues, projetant cailloux et coquillages contre nos jambes nues grafignées de la beauté de cette petitesse personnelle qui soudainement se matérialisait devant nos yeux grands écarquillés sous la forme d’immenses colonnes contre qui toutes les larmes du monde n’auraient su nous protéger.
Dans l’écume de cet abandon terrestre, on pouvait lire, en lettres cursives, la calligraphie de cette destinée que les Hommes tentent d’ignorer : vous êtes fragiles, vains, éphémères. C’était à la fois un spectacle beau à en pleurer et tragique à en rire, que de m’observer, moi, les autres, insouciants dans les flots, debout dans la main de ce Dieu neutre, sans intention autre que d’exister…
Et du milieu de ces lambeaux de mer qui me caressaient violemment les songes, sous ce soleil de napalm qui me réchauffait le cœur, à genoux devant l’autel de tout ce que devais en sacrifice au métronome des coïncidences, je réussis néanmoins à me dire :  « J’aime tout de même respirer. »
Peut-être même appréciai-je davantage la brulure me calcinant les poumons simplement parce qu’elle signifiait que mon corps s’oxydait et que, bientôt, dans quelques poussières de décennies, je ne serais qu’une âme caillée flottant sur l’océan des âges.

* * *

Retour en bus populaire, ceux peinturés de mille couleurs où s’entassent des dizaines d’individus debout, accrochés aux grillages, dehors alors que la carrosserie bringuebalante gémit en un concert d’injures aigues et stridentes à chaque fois que ses suspensions, qui ont connues des jours meilleurs, se mesurent aux dénivelés des dos d’âne jalonnant les nombreuses routes de Saint-Louis. Nous discutons avec un jeune universitaire en formation juridique à l’université de la ville qui, auréolé de l’éclat de son t-shirt rose et d’un sourire enchanteur, semble bien se plaire dans sa ville et son éducation malgré les couts apparemment astronomiques de celle-ci. J’ai une pensée pour notre printemps érable comme il nous décrit avec une pointe de hargne le refoulement des manifestations qui ont eu lieu pendant quelques jours.
Comme nous traversons le quartier des pêcheurs, ligne d’habitations abimées bordant la rive sud de la Langue de Barbarie, il nous est impossible de ne pas soulever les regards hostiles qui nous sont lancés, voire les commentaires plus que désobligeants que certains semblent nous adresser en wolof. Nous questionnons notre compagnon de voyage sur la raison d’un tel comportement, entrevu à travers la fenêtre vide du bus roulant à quelques vingtaines de km/h. Il esquisse un sourire un peu gêné : « C’est une communauté fermée. Même nous ils ne nous aiment pas. »
Chez les pêcheurs, les enfants ne vont pratiquement pas à l’école : les garçonnets montent en mer dès quatre ou cinq ans pour apprendre à manier les filets et les fillettes se marient illégalement à partir de 11 ans afin d’offrir à leurs maris à la peau tannée par le soleil une trâlée de petits marmots qui entrent à leur tour dans cette danse socioculturelle exclusive. S’il y a bel et bien une poignée de demeures dignes de notre château de cité Niakh durant notre traversée de leur nid enrobé de barbelé non-verbal, les nombreux taudis de tôle rouillée ne m’évoquent en rien « les plus belles demeures de Saint-Louis », supposément détenues par des hommes amants de la mer, selon Natye. Peut-être ne restent ils pas dans les quadrilatères poisseux du quartier, où on entrevoit un enfant sans jambes ramper par l’embouchure maigre d’une porte de métal verte écaillée, quand ils atteignent la richesse… Je ne sais pas, mais bien malgré moi, la vue de ces pupilles rancunières fixées dans les miennes m’emplit d’un lourd sentiment d’intrusion et d’une désagréable forme d’effroi de ne pas appartenir à ce monde qui me repousse de toutes ses forces.
Une fois descendue du véhicule et après s’être fait inviter à sortir un de ces jours avec notre nouvelle connaissance, nous traversons le minuscule pont surpeuplé qui relie la Langue de Barbarie à la ville, nos sacs bien serrés contre le corps pour éviter que les doigts agiles des pickpockets ne puissent venir chiper nos FCFA. Place Faidherbe, une immense foule bruyante s’amasse en cercle autour d’un combat de lutte sénégalaise, violent, comme à l’habitude. Juchée sur les épaules d’un autre volontaire, je détaille le court instant où ils se ruent de coups de poings au ventre, sous la clameur et les applaudissements démentiels de la masse d’individus qui les surplombe.
Bientôt, le combat est fini. Je descend de mon trône et nous nous mettons en marche au milieu de la marée mouvante de peaux d’ébène sous les commentaires quelque peu salaces des natifs, comme le soleil se fige dans le déversement de son jus dans la voute, une orange sanguine pressée par la torpeur du ciel et du climat, qui répand le sucre de son sang en longues trainées de lumières purpurines et roses étirant les ombres des ramifications du pont reliant Sor et Saint-Louis. Il y a beaucoup de bruits, de cris, et les vendeurs journaliers quotidiens rangent leurs échoppes comme ceux qui  passeront la nuit mangent et cuisinent sur le bord de la chaussée où taxis et autres véhicules se bousculent sur l’avenue Charles de Gaulle…


vendredi 8 août 2014

Hey, I'm not synthetica


Evelyn Bencicova, photographe berlinoise complètement incroyable


Je sais, les amis, je n'écris pas beaucoup.
J'ai beaucoup de trucs qui me triturent les neurones en ce moment et les mots ne semblent pas sortir véritables.
Je ne sais pas.


Je t'ai aimé du bout de la bouche,
Embrassé sans sortir la langue,
Laissé regarder mais pas toucher:
Qu'est-ce qu'il en reste, dis-moi?

Ça n'en a pas valu la peine, jamais,
Pas encore maintenant que je te vois au bout d'un fil de téléphone beige tout mêlé,
Silencieux et sans cillement,
Pas encore maintenant que je te demande à tue-tête de ne plus m'embêter de ton absence,
Et que tout en te priant de ne plus exister, j'ai envie de te recréer tout entier.
Qu'est-ce qu'il en reste, dis-moi?

Galaxie de passions explosées
Et maintenant nous sommes des astres fort éloignés,
Comme c'est fâcheux d'être si troublée par ces hécatombes des étés passés
Alors qu'aujourd'hui je suis adorée à l'orée de cette même journée...
Qu'est-ce qu'il en reste, dis-moi?

Nous ne sommes rien
Nous ne sommes rien
Nous ne sommes rien
Nous ne sommes rien
...Mais j'espère encore.

Oh, je te le redemanderai,
Je te le redemanderai une dernière fois,
Dans l'espoir que tu saches ne pas te tenir coi:
Qu'est-ce qu'il en reste, dis-moi?

mercredi 6 août 2014

You are a fairytale

J'ai tellement calé que j'ai frappé mon ami sans autre forme de procès.
Vargé dedans.
Je suis malade.
Faut que j'arrête de boire.

Je ne suis jamais suffisante.
Je t'ai supprimé de ma vie.
Ce n'est pas grave.
Je ne t'aime plus.
...Ouch.