mardi 1 juillet 2014

I am not better off, staring at you as you leave


...............................................................I am not better off, staring at you as you leave
...............................................................Time will pass and you'll be back
...............................................................Regretting the side I have seen
...............................................................Still I swear that I don't care
...............................................................You'll never hear me scream
...............................................................So why won't you hear me when you are all that I need.


Faire cette déclaration comme quoi notre nullité affective réciproque était bien convenable, c'était oublier que la personne que tu étais autrefois pouvais resurgir, subitement, et me happer par cet amour démesuré que je ne comprend pas encore après deux ans étiolés, de longs black out de passion qui apparaissent dans la nuit noire de mes émotions sporadiques, des flashs qui me font me questionner sur le pourquoi de ma présence dans ton joug à cette seconde précise quand j'étais affranchie de tes chaines la seconde d'avant, des élans carrément souffrant où j'ai besoin de la morsure de ta peau, et où mon refus d'y consentir me torture d'autant plus que l'image lancinante m'incruste l'épiderme jusqu'à ce que chaque tableau soit taché de l'empreinte de ta tendresse passée. "Tu veux pas de shot parce que tu es high ou parce que tu as peur de m'embrasser?" "Les deux."
J'aurais pu toucher pleinement ton âme, cette nuit là, il y a à peine une trentaine d'heures, éternité en mouvement. Bien sur, je m'en serais voulu éternellement; cela aurait gâché les trois semaines que je vais passer aux côtés de ma dune, perfection relationnelle et personnelle, sainteté de mes déboires mentaux - car cet homme est réellement le nirvana de toutes mes craintes d'autrefois: il sait cueillir ma peur avant qu'elle n'éclose, la mettre dans un vase soufflé de l'oxygène de ses lèvres et me faire trouver sa beauté sans que je ne sois terrifiée à sa reconnaissance, il sait me faire exister si simplement, et je suis consciente chaque jour, chaque heure à ses côtés ou à des milliers de kilomètres, de ma chance incroyable, à peine véritable, de l'avoir pour moi et pour les autres afin de border mes élucubrations mentales nocturnes d'un peu de sagesse simpliste et néanmoins salvatrice.
Mais malgré toute cette perfection que je lui reconnais avec une gratitude sans borne, horreur!, je ne peux nier qu'au moment où toi, mon fantôme chéri dans les tréfonds de mon esprit, tu étais à quelques mètres de moi, où tu me proposais avec la douceur sereine d'autrefois de venir m'asseoir à tes côtés, sans être le moindrement menaçant dans tes avances, je voulais ardemment la courbe de tes lèvres ourlées dans mon cou, et je savais pouvoir l'obtenir dès la seconde où je l'aurais suggérée. Et quand, très innocemment, après avoir renoncés tous deux à l'unisson de nos souvenirs et de nos corps présents suite à mes retraits verbaux forcés, tu as glissé ton bras par-dessus le mien pour me montrer les manoeuvres possibles avec ta machine à musique, je n'ai pas pu ne pas aimer à la dérobée ton bras scarifié, je n'ai pas pu me soustraire au tableau cinématographique de la beauté potentielle de nos soupirs signifiant cette fois plus que ta nécessité d'échapper aux étreintes perdues de ton amour bâclé... Nous étions ce que nous étions: innocents, beaux, complices, songés...
Oh, comme je t'ai aimé, en attendant Ithaque, cher, comme je t'ai aimé! Et faute de n'avoir jamais su ce qu'aurait été une réelle vie commune ensemble, lorsque tu me chérissais encore jusqu'aux bouts des doigts, je suis contrainte à vider des verres d'alcool fort une nuit de semaine semblable, la veille de mon départ pour aller trouver l'étreinte réconfortante de mon amoureux angélique... Quelle ironie imbécile, toi qui ne réfléchis plus aux moyens de me regagner lorsque tu es seul (I knew you'd never keep chasing me forever), et moi qui ne sait plus de quel moyen t'oublier, quand même aimer la plus belle merveille qui me fut offerte ne suffit à te chasser définitivement du labyrinthe de mes désirs...
J'essaie tellement fort d'être ton amie pour ne pas te perdre carrément, mais je ne parviens qu'à grappiller des miettes de ce que je sais que tu es, et ces parcelles ne sont pas assez pour palper la pâte sucrée de secrets aux délices enfouis dans des mémoires que je n'ai plus le droit de sortir des tiroirs barrés à double-tour de mes souvenirs. Alors je te perd, au complet, en te retrouvant aléatoirement à l'occasion, mais seulement partiellement, de façon incomplète, me replongeant dans l'océan glacé de mon manque flagrant de tes expressions, de tes manies, de ton adorable manque d'estime de soi et de tout ce que je n'aurai jamais entièrement, pour plus d'une nuit diluée dans les verres comme celui que j'engouffre dans mon goulot d'oesophage au moment présent.
Je me demande si un jour, j'arrêterai de t'aimer, si ton nom s'effacera définitivement de ma mémoire affective, si je pourrai épier ton portrait à travers un écran sans avoir un pincement au coeur si délicieux dans ce qu'il réveille en moi qu'il en devient horriblement douloureux de reconnaitre son définitif révolu... J'ai déjà cru que jamais je ne parviendrais à considérer mon premier toxicomane chéri comme un être humain banal, normal, et pourtant, aujourd'hui, je le regarde sans nostalgie, même sans émotion, sans gratitude ressentie jusque dans mes tripes, mais pour toi, tout semble différent.
Et maintenant, j'ai envie de t'arracher la gueule à la cuiller tellement tu peux être égocentrique et peu compréhensif des besoins des autres. Vas donc mourir dans un trou en crachant du sang, calice.

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