dimanche 9 mars 2014

We are entering the final era of a declining empire



J'ai rêvé que nous nous promenions sur un étage vide au plancher peinturé comme un tableau de Monopoly, mais avec des termes aléatoires inscrits au haut des cases, et qu'à chacune de ces cases, nous nous arrêtions pour discuter de sa signification dans notre relation. Dans cet univers onirique au silence de centre commercial vide, nos paroles en écho, nous arrivions à la case finale: empire. Tu me citais une chanson qui fredonnait quelque chose comme we are entering the final era of a declining empire, en m'expliquant doucement que nous étions nous-mêmes cet empire: que le fait que nous soyons dans l'étape finale de sa fin ne signifiait pas que nos coeurs avaient perdus toute la grandeur de ce qu'ils avaient bâtis, qu'ils s'essoufflaient, que ça n'avait rien de tragique ni de moins beau… mais qu'il fallait maintenant accepter que tout cela allait bientôt être terminé, et lâcher prise.
Le fait que c'était toi qui me le disais, toi qui toujours te tait quand tu crains le terme, toi qui jamais ne m'a dit que c'était fini, mais me l'a fait sentir de ton silence balayant toute espérance et pressant les larmes acides hors de mes yeux, mes iris dans un presse-citron, mes attentes élimées à la râpe à fromage… Je crois que je pleurais un peu, parce que c'était à la fois magnifique comme conclusion de ces deux ans de souffrances de demi-mots, et très triste, parce que de ce bris dans le fait que tu l'acceptais, sereinement, je savais qu'il n'y aurait pas d'énième chance. Que c'était réellement terminé. Nous nous étreignions, très fort, lentement, avec la tendresse du révolu.
Je me suis réveillée dans ses bras à lui, ses mains doucement refermées autour de ma poitrine nue, comme un petit cadenas d'amour ne gardant ma sérénité que par sa symbolique embrassée par mes yeux amoureux. Sa respiration paisible et profonde, lente, me chatouillait l'oreille et me réchauffait le coeur.
Le soleil n'avait pas encore daigné étirer ses longs doigts par-delà le versant du Mont-Royal, visible de sa fenêtre, et à travers ses rideaux, je ne voyais que les halos faibles des lampadaires de sa jolie ruelle. J'entendais le vent cogner timidement à sa fenêtre, puis poursuivre sa course dans les branches nues des arbres des cours alentours. Il ne neigeait pas. Ce serait une de ces magnifiques journées où on sent le printemps au pas de la porte, où ses effluves embaument le coeur même des plus réticents.
Je ne saurais décrire la paix d'esprit que cette conversation onirique a su déposer sur mes songes, comme une cape de velours doublée de satin qui longtemps a été promise sans jamais m'avoir protégé du froid de mon amertume sentimentale.
J'avais une perle de pleur à la commissure de l'oeil, qui a glissé le long de mon nez comme je balayais sa surface laquée de mes cils, un sourire paisible et reconnaissant étirant subtilement le coin de mes lèvres. Merci, j'ai songé, sans trop savoir à qui je l'adressais.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire