vendredi 21 février 2014

You say love is real like a disease, come on, tell me please, I'm not over it



J'ai peur de ce que voir mon fantôme de beaux maux me fera, surtout pour l'occasion de l'anniversaire de ce lutin dont mon tissage relationnel n'est pas défini (cela est pour le mieux - je m'y plais, oui, je crois bien). J'essaierai de ne pas y penser.
J'aime nos joutes verbales:

Cette folie que je crois mienne, tel un fardeau unique qui me revient de droit. C'est alors que je le voit aussi chez vous, identique en sa nature, et j'en pleure sous l'ombre de mon orgueuil, à pressentir la joie, oui, la joie ! La réjouissance qu'enfin que pourrait partager avec vous cette impulsion critique, et être compris. Oui, comprise ! La folie... La folie… Le chaos originel de nos âmes, de notre nature humaine. Oui c'est cela, vivre l'expérience humaine: partager Le chaos intérieur dans toute sa grandeur, et les laisser torde d'eux-même comme le fait le diable qui s'élance sur ses grands draps noirs ! Que nous ne noyons plus cette pierre commune qui nous habites ! Laissons-là flotter à la hauteur de nos yeux.

Au delà du chaos, il y a les ondes des lacs d'huile de nos émotions, il y a les éclats de lumière qui tranchent le ciel lors des nuits de tempêtes, il y a les corps enchevêtrés dans un amalgame diffus de compréhension et de différence, des pièces de casses-têtes qui s'emboitent mieux que les âmes mais se connaissent néanmoins, une nuit durant, une seconde de collusion dans les dédales de pensées noires, puis, comme vous dites, la poigne d'un Lucifer contre la gorge, l'oubli.
Je me rappelle de ces mémoires de terre d'ocre et de sang.
Vous y laissâtes vos os, n'est-ce pas? Vous y avez étendu vos songes, le squelette de vos souffrances passées, l'empreinte de cette peau de chagrin de laquelle vous avez mué dans cette étreinte étrangère, et puis vous vous êtes levés, diaphane, léger, avant de partir dans une brume de silence. Je ne sais point si je vous ai retrouvé par la suite, par-delà vos iris troublés de cette délivrance.
J'avais trempé mes doigts jusqu'aux secondes phalanges dans le bains encore tièdes de nos tourments, afin d'y voir une dernière fois les particules d'or glisser le long des gouttes creuses qui moussait ma chair. Et puis je m'étais levé du lit de paille, comme le matelot qui sait pertinemment qu'il ne la reverra jamais, puisqu'une étreinte délirante ne reste qu'une escale. J'avais enjambé la cloture et couru jusqu'au puit, ...revoir une dernière fois le reflet des yeux qui n'était pas miens.
C'est étrange comme les coeurs s'aiment en croyant parfois se connaitre quand on ne demeure au final que la silhouette de ce que l'autre veut de nous, vous ne trouvez pas? "Par ta bouche inventée au delà de l'indigne…" Peut-être était-il vraiment le vôtre, pour cet instant. Peut-être que dans toute cette envie de vous fondre à ses iris lactés de connaissance, vous vous y êtes pris, un instant, à transcender la réalité pour parvenir à l'utopie que vous chérissiez.
S'être fait pêché du regard sous le soleil violent, frotté comme les galepins en fin de sieste qui nettoyait leur couettes pour la saumure de Quatraz.
S'être pris volontairement dans les longs corsages des filets de ces pêcheurs aux corps mats huilés de sueur, avoir voulu harponner ces émotions enchevêtrées dans les fils de soie qu'ils triturent de leurs mains rudes et craquelées par le sel.
Appartenir à cette vie qui s'assoupit sous le soleil d'Août, frappée et balafrée par la rudesse d'une existence sentie à chaque terminaison nerveuse.
Appartenir, point à la ligne, sans s'encombrer d'autre chose que de vivre.

Un jour, je me ferai publier chez LEMÉAC pour un bouquin de conneries qui vous fera pleurer parce que vous vous y reconnaitrez. Les larmes les plus belles sont ceux qu'on verse en se mirant dans le laque des iris d'un autre. Certains appellent ça la compassion, je préfère parler de douloureux éclats d'un miroir d'humanité.

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