lundi 24 février 2014

I follow rivers









Il y a quelque chose de si beau à donner des orgasmes à quelqu'un qu'on aime.
Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire.
J'aime le soleil, la neige et toi.

vendredi 21 février 2014

You say love is real like a disease, come on, tell me please, I'm not over it



J'ai peur de ce que voir mon fantôme de beaux maux me fera, surtout pour l'occasion de l'anniversaire de ce lutin dont mon tissage relationnel n'est pas défini (cela est pour le mieux - je m'y plais, oui, je crois bien). J'essaierai de ne pas y penser.
J'aime nos joutes verbales:

Cette folie que je crois mienne, tel un fardeau unique qui me revient de droit. C'est alors que je le voit aussi chez vous, identique en sa nature, et j'en pleure sous l'ombre de mon orgueuil, à pressentir la joie, oui, la joie ! La réjouissance qu'enfin que pourrait partager avec vous cette impulsion critique, et être compris. Oui, comprise ! La folie... La folie… Le chaos originel de nos âmes, de notre nature humaine. Oui c'est cela, vivre l'expérience humaine: partager Le chaos intérieur dans toute sa grandeur, et les laisser torde d'eux-même comme le fait le diable qui s'élance sur ses grands draps noirs ! Que nous ne noyons plus cette pierre commune qui nous habites ! Laissons-là flotter à la hauteur de nos yeux.

Au delà du chaos, il y a les ondes des lacs d'huile de nos émotions, il y a les éclats de lumière qui tranchent le ciel lors des nuits de tempêtes, il y a les corps enchevêtrés dans un amalgame diffus de compréhension et de différence, des pièces de casses-têtes qui s'emboitent mieux que les âmes mais se connaissent néanmoins, une nuit durant, une seconde de collusion dans les dédales de pensées noires, puis, comme vous dites, la poigne d'un Lucifer contre la gorge, l'oubli.
Je me rappelle de ces mémoires de terre d'ocre et de sang.
Vous y laissâtes vos os, n'est-ce pas? Vous y avez étendu vos songes, le squelette de vos souffrances passées, l'empreinte de cette peau de chagrin de laquelle vous avez mué dans cette étreinte étrangère, et puis vous vous êtes levés, diaphane, léger, avant de partir dans une brume de silence. Je ne sais point si je vous ai retrouvé par la suite, par-delà vos iris troublés de cette délivrance.
J'avais trempé mes doigts jusqu'aux secondes phalanges dans le bains encore tièdes de nos tourments, afin d'y voir une dernière fois les particules d'or glisser le long des gouttes creuses qui moussait ma chair. Et puis je m'étais levé du lit de paille, comme le matelot qui sait pertinemment qu'il ne la reverra jamais, puisqu'une étreinte délirante ne reste qu'une escale. J'avais enjambé la cloture et couru jusqu'au puit, ...revoir une dernière fois le reflet des yeux qui n'était pas miens.
C'est étrange comme les coeurs s'aiment en croyant parfois se connaitre quand on ne demeure au final que la silhouette de ce que l'autre veut de nous, vous ne trouvez pas? "Par ta bouche inventée au delà de l'indigne…" Peut-être était-il vraiment le vôtre, pour cet instant. Peut-être que dans toute cette envie de vous fondre à ses iris lactés de connaissance, vous vous y êtes pris, un instant, à transcender la réalité pour parvenir à l'utopie que vous chérissiez.
S'être fait pêché du regard sous le soleil violent, frotté comme les galepins en fin de sieste qui nettoyait leur couettes pour la saumure de Quatraz.
S'être pris volontairement dans les longs corsages des filets de ces pêcheurs aux corps mats huilés de sueur, avoir voulu harponner ces émotions enchevêtrées dans les fils de soie qu'ils triturent de leurs mains rudes et craquelées par le sel.
Appartenir à cette vie qui s'assoupit sous le soleil d'Août, frappée et balafrée par la rudesse d'une existence sentie à chaque terminaison nerveuse.
Appartenir, point à la ligne, sans s'encombrer d'autre chose que de vivre.

Un jour, je me ferai publier chez LEMÉAC pour un bouquin de conneries qui vous fera pleurer parce que vous vous y reconnaitrez. Les larmes les plus belles sont ceux qu'on verse en se mirant dans le laque des iris d'un autre. Certains appellent ça la compassion, je préfère parler de douloureux éclats d'un miroir d'humanité.

samedi 15 février 2014

Vivaldi, l'hiver


TABLE DES MATIÈRES
(parce que tsé, avec des textes longs demême, ça fait chier la vie
- joke, je sais que j'en ai écris des biens plus lourds de pages, c'est juste pour écrire piñata une autre fois)
1- L'époque post-moderne et sa désillusion
2- Notre époque à nous, les tours de beurre et la piñata
3- La peur des Autres et la peur de la peur des Autres
4- Qu'en reste-t-il?
5- Les attentats sentimentaux
6- Bon débarras


"Nous sommes jeunes", nous dit-on. "Il est à vous de bâtir le monde de demain."
Vous le comprendrez, nous sommes nés dans une société post-moderniste où le bigarré et l'excès tapissaient les murs sales des centre-villes, où la beauté a commencée à être dessinée au pinceau photoshop, où des jeunes adultes trop plein des responsabilités héritées de générations passées et de devoirs futurs on décidé de se perdre et en avaient le droit, plus ou moins, en faisant de tous les éclats d'existences qui leur coupaient les pieds un vitrail gigantesque à la gloire d'un Dieu qu'on sait inexistant, mais dont on louange néanmoins la grandeur pour les cathédrales immenses de ces 7 milliards d'êtres cousus ensemble; nous sommes nés à une époque éclatée, qui ne comprenait pas sa douleur ni ne vivait réellement son ivresse, courant jusqu'à ne plus sentir ses jambes, jusqu'à ce que ses poumons explosent, et courant encore, courir pour courir, en riant aux éclats, sans se comprendre soi-même ni les autres et s'aimer dans cette perte commune, courir pour frapper le mur si fort qu'on ne sente pas nos os qui craquent.
Je crois qu'à un certain point, ils ont espérés sauter avec les feus d'artifices multicolores qu'ils ont plantés en terre, ils ont voulu se tagger le crédo de "no future" sur des rangées innombrables de tombes de Pyrex,  mourir dans la beauté calcinée d'une grande inspiration d'hydrogène juste avant d'avaler une allumette en disant "je t'aime", mourir jeune, mourir jeune, dans la magnificence cataclysmique des eaux salies par ceux qui nous nourrissent de bétail aussi empaqueté que le métro à l'heure de pointe. Fukushima dans un verre de lait, des époques entières sur un plancher de danse. Enweye donc.
Mais ça, c'était ceux avant nous. Le suicide de Kurt Cobain, c'était la fin de leur adolescence, le début de leur vie d'adulte, réelle. Je ne sais pas à quoi elle ressemble, vraiment, cette vie. Si elle est peinte au pastel ou à l'encre de Chine. Les deux, peut-être, avec la désillusion de l'"au revoir".
Nous, nous n'étions que des gamins. Je ne crois pas que nous ayons réellement connu le conte de fée du bigarré, puis son implosion: nos encéphales ont à peine commencé, encore aujourd'hui, de s'imbiber des marres putrides des conventions démesurées de ce monde anthropophage et de toutes les possibilités inimaginables qui font que nous appelons en Inde pour réparer un cellulaire japonais utilisé au Québec.
Ce que nous avons réellement vécu, nous, vous vous en souvenez aussi bien que moi, je l'imagine: le hype du choc des civilisations, la marée de haine de l'inconnu par peur que nous finissions tous comme ces tours de métal molles comme du beurre quand les a percuté le tranchant d'une menace qu'on ne voulait pas voir. Si elle est réelle et tragique, cette menace, ce qui l'est davantage, c'est qu'elle a engendré une croisade aux yeux bandés pour décapiter un Goliath prenant n'importe quelle forme pourvu qu'elle ne soit pas de chez nous, tant qu'on en trouve un. Une piñata au katana, dans les déserts afghans jusqu'en mer de Chine.
Je vous l'avouerai: j'ai peur de la peur. J'ai peur de cette levée de boucliers qui ne sait pas exactement de quoi elle se protège et qui, par crainte d'avoir mal, songe à lancer la pierre la première. J'ai peur du fait que nous avons donné le droit au monde de nous avilir, une laisse autour du cou, autour des pattes, pour protéger notre sacro-saint mode de vie. J'ai peur du fait qu'on peut charcuter nos bulles personnelles pour aller fouiller les recoins les plus intimes de nos relations sociales afin de tenter d'y trouver le microbe et de l'arracher à mains nues, les ongles sales, comme des mauvaises herbes. J'ai peur du fait que nous nous fermons les yeux sur les hurlements de souffrance, d'AGONIE d'humains qui ont eu des familles, comme nous, et qui se sont retrouvés là où ils sont par une concordance de hasards et de choix, oui, peut-être, mais dont les poumons se déchirent lorsqu'ils s'emplissent d'eau et qui ne font que détester davantage cette image qu'ils avaient de nous, l'Autre, avant qu'on ne les passe à tabac de la sorte. Sous prétexte que nous voulons la protection. La protection! Quelle foutaise que de nier l'humanité d'un homme pour protéger la nôtre…
Mais plus que tout cela, j'ai peur de la force relative de ma voix dans le boucan de cette époque de poussière ensanglantée.
Qu'en reste-t-il, de ce petit bout de chair qui pompe le parfum de notre ressemblance dans les ramifications complexes d'un bouquet de nerfs à fleur de peau, râpés au papier sablé par ce discours du "Today, our nation saw evil"? Comment sectionner cette dichotomie du "nous" et du "eux" refusant les nuances de graphite qui peinturent les corps de cultures aveugles? Qu'est-ce qui perdure de l'indignation quand, au nom d'un carcan de mots alimentant les angoisses sociales d'autrui, on peut habiller de barbelés des enfants parce qu'ils ont tenus une grenade entre leurs doigts salis par le sang des leurs? Quand tous les coups sont permis, quelle est la réelle légitimité d'un coeur révolté?
Ce qu'il nous reste, c'est justement cela: les attentats sentimentaux. L'indignation sauvage du refus de l'inhumain. Ressentir, très fort, trop fort, et hurler ce qui nous brule et nous caresse dans cette existence aux reflets sanguins et aux odeurs de printemps, pleurer en lisant les journaux, voir dans la beauté d'un enfant l'affranchissement de sa propre évolution. Se comprendre dans ces cris, peut-être.
Chercher la compassion même dans les yeux du tortionnaire de ses enfants, s'insurgeant contre ses actes, mais pas contre son âme. Refuser ce qui nous poignarde de "cette réalité crue qui nous embarque dans le moule", se battre à coup de cris et de pleurs, une silhouette frêle devant une rangée de chars d'assauts, des enfants lançant des roches à des soldats cloitrés dans leurs cubicules blindés. Le pouvoir de ces images qui rappelle l'unité d'analyse ultime perdurant dans le flot incessant de la mégalomanie de verre et de bitume de notre siècle: l'humain, tout bête, tout frêle, beau et borné, aux souvenirs vagues de son ressentir, portant sa peau tatouée de ses peines, le menton haut et le coeur enflé.
L'humain. Peu importe le visage qu'il prend. Peu importe son criss de foulard. L'humain.
Mais si vous souhaitez faire de ce monde une planète sécuritaire mais emmurée d'une prison de peurs de l'Autre, si vraiment, vous apposez votre signature sur la liste du bagne qu'est la crainte d'autrui, si vous vous refusez volontairement à au moins tenter de serrer dans vos bras les corps charcutés du différent, je le regrette, mais je me baignerai dans un large baril de gazoline, et j'y mettrai le feu. Bon débarras.

jeudi 6 février 2014

Tycho



Mon état empire de cas en cas: je ne suis même pas encore amoureuse et j'ai peur de l'abandon.
23:34, épuisée sans trouver le sommeil, je me demande ce qui m'a pris de te laisser t'approcher de moi de cette façon. Toi, on le sait bien, tu t'en sortiras sans hématomes, comme toujours, peut-être un peu de déception, mais rien de bien fâcheux. Moi, je m'arrache le coeur de t'avoir donné le droit de m'embrasser à pleine bouche quelques nuits durant, parce que je garde tatoué au corps chaque étreinte à l'odeur particulière, chaque boucle de cheveux entre mes doigts lacérés de beauté.
J'ai hâte d'être en Afrique. En Août. C'est dans 6 mois, putain.
Je veux aller me défoncer la gueule dans des clubs berlinois, me poudrer le nez dans les grandes capitales européennes à en oublier la chaleur togolaise qui m'attend, me perdre chez Castel en camisole de force lamée avec une intensité à en débrancher les ventricules de n'importe quelle nymphe d'émotions outrageusement à fleur de peau. Transpirer mon mal de vivre, suer ma GPA de génie quand je ne suis qu'une maniaque de la performance et pas vraiment une jeune femme intelligente, que mes orbites soient creux de maquillage pailleté et qu'on en finisse avec tout ce flafla de jeunesse qui se cherche un lendemain tout en sachant qu'il ne chantera fort probablement pas…
"Donnez nous aujourd'hui our daily pain."
Ne vous en faites pas, c'est bientôt fini, cette manie de vomir mes émotions sur du papier en mots dégueulasses sans poésie dans leur enchevêtrement pêle-mêle. SIKE.

samedi 1 février 2014

"When there is nothing left to burn, you have to set yourself on fire."




You spill my natural emotions, it makes me feel like dirt and I'm hurt; and if I start a commotion, I run the risk of losing you and that's worse.

Ever Fallen In Love, Nouvelle Vague (the Buzzcocks cover)


I chose the feelings and you couldn't choose.

Your Ex Lover is Dead, Stars

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"Tu t'en vas?" lâcha-t-il, sans expression faciale aucune.
"Oui, je m'en vais." Elle glissa furieusement une de ses mains dans sa mitaine de laine anthracite comme elle enfilait prestement ses bottes, les laçant gauchement, trop vite.
"Pourquoi?"
Elle s'interrompit un instant, le reflet de larmes dans ses yeux emplis de colère traduisant la complexité de ses sentiments. "C'est une blague, j'espère?"
"Pourquoi?" répéta-t-il, la voix sourde, faible.
Elle se releva, le souffle court. Le dévisagea un instant. S'approcha d'un pas.
"Parce que tu n'as strictement aucune intention de faire quoi que ce soit une fois que tu constates et crois en l'amour que je te porte. Tout ce que tu veux, c'est te sentir aimer, cruellement, égoïstement, m'envoyer paître une fois que je t'ai dis ces quelques mots traitres qui ne veulent rien dire quand on ne les démontre pas, ces quelques syllabes desquelles tu vas te satisfaire en sachant que ce frein aux belles promesses fausses m'écartèle le coeur et l'âme, m'empêche d'aimer être dans les bras d'un autre quand le fantôme de ta mémoire erre un peu trop près d'une situation semblable que nous avons vécu…" Elle renifla, s'essuyant brusquement la goutte lui pendant du nez avec le revers de sa manche, frustrée. "Putain, tu me fais brailler de peine à en remplir cette maison millionnaire, tu me fous en rogne au point où je déchirerais tout ce qui se trouve entre ton visage et mes ongles, tu me met à l'envers, à la fin, en morceaux, en maudit, tellement que je n'ai plus envie de faire quoi que ce soit d'autre qu'agoniser un peu plus vite, tellement que j'en prie des dieux auxquels je n'ai jamais cru de faire en sorte que je ne t'aie jamais rencontré." Elle prit une pause, ancrant son regard dans ses yeux vides. "Tu as foutu le bordel dans toutes les cavités possibles de mon existence; j'espère que tu le sais, que tu t'en veux, que tu en crèves, que tu gémis et en pleure en t'écrivant ces mots dans la peau à lents coups de lames de rasoir. Tu pèses comme une putain d'enclume dans la vie de tout le monde, tu es un boulet, un vrai de vrai, parce que même quand l'eau commence à pénétrer nos poumons, on souhaite quand même te tenir entre nos bras serrés, sans que jamais tu ne nous rendes cette étreinte... Je te déteste, tellement, tellement, tu n'as même pas idée, et ça me tue, et c'est pour ça que c'est aujourd'hui que je me barre de ta vie sans même te donner la chance de placer un seul mot sur cet adieu."
Et sans prévenir, elle enfila violemment sa tuque et claqua la porte, l'incendie dans les yeux, la neige tourbillonnant en tornades de paillettes argentées dans le vestibule refroidi par le vent de janvier.
Ses bras mouchetés de chair de poule, son souffle créant de légers halos de buée sous la lumière des lampadaires tamisée par les rideaux de voile de la porte de ce vestibule sombre, il resta de longues minutes en silence, immobile, les bras ballants, les yeux dans le vague. Ce départ comme tant d'autres, furieux, détruit, c'était cette fois une perte.