dimanche 19 janvier 2014

You say love is real / Like a disease / Come on tell me please / I'm not over it / I'm not over it...



Your muscles have a certain memory about them. That’s why we can tie our own shoes or play piano without looking. But when you spend a long enough time with someone your bodies memorize each other you know? The warmth of your back, the pace of your heartbeat, your tickly eyelashes. And the way your fingers would curl in sequence when I used to play with your palm. Another person is like moving to a new country where you don’t know the language. It’s a scary thing.
– Josh Beattie


And who knows, maybe one day we'll be perfect for each other?
Elle pleurait. Ça se voyait bien qu'elle n'y croyait pas vraiment. Qu'elle l'aimait, mais qu'elle ne voyait pas comment ça pourrait marcher entre eux. Alors elle se retourne, en pleurant, avec résignation et courage, et s'en va, alors que lui tape dans la vitre en l'appelant.


J'ME RÉPÈTE GANG, JE FAIS JUSTE DIRE TOUT CE QUE J'AIME DE QUELQU'UN, CIRCULEZ, Y'A RIEN À VOIR, RIEN À LIRE DE PERTINENT.



Ce n'est pas que je n'ai pas envie d'avoir quelque chose avec le farfadet. Il est fantastique, le farfadet. C'est que je sens que mon affection est accaparée à 90% par lui, et que je trouve malsain de passer des matinées entières à dessiner les contours de ses muscles à même sa peau quand une photo d'eux, en couple depuis bientôt un an, me fout à l'envers, pleurant de joie et de peine en même temps.
Alors je vais le dire une fois pour en finir avec ce refoulement débile qui me mange continuellement de l'intérieur: j'aime absolument tout de lui. J'aime la façon dont une des commissures de ses lèvres monte plus haut que l'autre quand il sourit, lui donnant un air de mauvais garnement de 6 ans, j'aime sa taille de géant, sa cage thoracique gigantesque renfermant des poumons calcinés avant l'âge, ses mains qui englobaient un côté complet de mon visage lorsqu'il le prenait encore doucement pour m'embrasser, j'aime sa voix pratiquement implorante quand l'excitation gagne son épiderme, la manière presque souffrante qu'il a de soupirer de plaisir, j'aime les cicatrices qui tapissent son corps et qu'elle a réussit à ne plus lui faire redouter de dévoiler (j'imagine que c'est elle, oui), j'aime le fait qu'il n'a jamais eu d'emploi et qu'il n'est pas en voie d'en avoir un, j'aime que tout le monde s'inquiète sur ce qu'il va devenir mais que personne n'ose vraiment lui dire directement, j'aime tous ses amis étranges, cokés, sans futur, qui eux ne m'aiment pas, j'aime ses innombrables photographies de hipster, celles qu'il a déjà pris, qu'il ne prend plus (je ne sais pas pourquoi d'ailleurs car il est atrocement doué en tout ce qui a trait à l'art), j'aime l'amour débordant qu'il démontre pour toutes ces connaissances qu'il a, j'aime ses histoires de saoul effondré sur les pavés à crier aux passants anglophones de Crescent "vous nous avez tués sur les plaines d'Abraham!", j'aime son magnifique appartement aux murs de brique rouge, la musique trop forte qui émane du plafond et du sol combiné, j'aime la façon dont il mixe, la beauté dans ses doigts et dans le défilement incessant de musiques toutes plus bonnes les unes que les autres, j'aime les alcools qu'il prend, j'aime ses yeux et le délais de réponse quand il a trop fumé, une dernière fois, j'aime son passé scarifié que si peu de personnes connaissent et que j'ai confié à trop de gens tellement il me pesait sur le coeur (horrible personne que je suis), j'aime les mauvais coups qu'il a fait quand il était enfant, j'aime ses coupures sur les doigts qui pissent le sang pour des raisons bidonnes, j'aime son intonation quand il parle en allemand, j'aime tout ce qui me fait le plus souffrir de lui, ce qui me fait vouloir lui déchirer l'âme à grand coup de machette, son incapacité à me dire en plein visage qu'il a décidé pour une énième fois qu'il était un bon copain, son absence de volonté à ce qu'on ait un lien amical basé sur des fondations nouvelles et saines, son assurance récente face à mon désir de son corps et de ses mots, sa certitude que malgré toutes les phrases que j'ai déjà emprunté pour lui dire que c'en était assez et qu'on devait arrêter de se voir de cette façon, pour l'un ou pour l'autre, je reviendrai dans ses bras quelques secondes après qu'il ait évoqué le paradis de ses draps, j'aime absolument tout, tout, tout, tout, putain, j'aime tout d'Ulysse.
Tant qu'à le dire une fois pour toute, je le dirai: je crois qu'il est la personne que j'ai le plus aimé de toute ma criss de courte existence, en termes d'intensité conjuguée au nombre d'heures passées à ce qu'il me manque. Ce n'est rien, j'ai 20 ans, j'aimerai probablement un jour quelqu'un qui plantera la vie dans mon ventre et que nous élèverons conjointement, mais en attendant, c'est bien assez pour pleurer.
Mais pour ma propre survie, je vais devoir trouver un moyen d'arrêter de chérir toutes ces facettes de l'être magnifiquement fauché et touchant qu'il est.
Je vais me faire défoncer le visage à coup de bottes du destin envoyées à la gueule. Je veux comprendre qu'il lui tient la main quand ils marchent sur la rue, qu'il pleure parfois quand elle a de la peine, qu'il la soutient quand elle angoisse, qu'il l'embrasse de temps en temps sur la joue quand ils se réveillent dans son lit un matin bien ordinaire, qu'il aime son corps qu'il connait mieux que le mien, qu'ils écoutent des séries bidonnes sans être l'un par-dessus l'autre parce qu'ils ont passé cette phase passionnelle d'une relation, qu'elle a rencontré ses parents et que peut-être que la raison pour laquelle il ne lui accorde pas tant d'attention, c'est parce que plus le temps passe avec quelqu'un, plus on oublie ce que c'était que de ne pas l'avoir.
Je vais m'habiller de jais pour quelques temps, faire mon deuil, déposer ces quelques lettres sur une pierre tombale anonyme avec des fleurs, ritualiser la mort de cette relation qui n'a jamais existé… Puis, en revenir, enfin, je l'espère. Peut-être fermer ce blog. Il commence à être un peu trop saturé de souvenirs pour qu'il ne me fasse pas mal de l'ouvrir et d'aller lire mes premiers pas dans les bras de chaque fantôme de ma vie. Lui tout particulièrement.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire