mardi 28 janvier 2014

You can cry, I won't go, you can scream I won't go


AA Bronson - Body Binding (Detail) - 1970





Je n'étais pas prête à entendre ces mots.
Mon coeur n'est plus capable de contenir l'amour prétendu que tu me portes, me prêtes à l'occasion, mais ne me donne pas.

dimanche 26 janvier 2014

I'm putting it off / and i can't control faith / yeah i ran to her / blame it on me / that inevitable game / but you were never hurt



VAS-T'EN. JE TE DÉTESTE. JE TE DÉTESTE. JE TE DÉTESTE.
Je ne veux pas de toi, je m'en fiche de tes bras qui m'enlacent et de tes lèvres qui me tâtent, je m'en contre-balance de ces jeux de cache-cache les yeux dans les yeux, de la douceur de tes doigts quand tu me consoles le dos, du fait que tu ne sais pas que j'ai déjà avalé des bourgeons de médicaments rouges par centaine, de la facilité démentielle avec laquelle tu parviens à aimer la vie.
Ça me fout en rogne de ne pas parvenir à prendre ce qu'il y a à prendre de ces heures volées à notre sommeil, mais pour être bien honnête, ça m'ennuyait un peu, j'aurais voulu m'étendre dans les bras de Morphée et éteindre l'incendie de mes pertes, j'aurais voulu laisser tomber la corde et voir le reflet du métal s'abattre, schlack… J'aurais voulu mourir.
Je suis lasse, je suis tellement lasse que ça n'arrête plus de finir, lasse de m'ennuyer de lui quand je n'ai techniquement rien à regretter, lasse de le voir la traiter comme une chienne en sachant que leurs existences sont néanmoins cousues (de rustre fil de coton salis, mais cousues tout de même), lasse de m'étendre des après-midi durant, le dos contre le plancher, à écouter ces vieilles mélodies qui crient "mélancolies!" sans tenter à présent que ces petites perles d'émotions déchues ne strient plus les surfaces grugées de froid de mes joues pâles et mornes.
Je suis lasse, oui...
Je m'en contre-fou, des relations, ça ne m'apporte rien de bon, aucune sérénité dans l'habitude de ton matelas, point de contrepoids à la lourdeur de mes choix… Je veux seulement me faire harponner par les grappins de son vaisseau de tempête à lui. La plus douce morsure de métal qui me transpercerait le corps, la plus belle délivrance dans ma cage thoracique déchirée par ton ignorance.
Ça va pas ben.

jeudi 23 janvier 2014

Beast



Je ne suis plus capable d'étudier, de rédiger, d'écrire, de mourir.
Aimez-moi, petits cadeaux de calcaire.
Ah, et puis, t'es beau toé, avec le brouillard dans tes yeux et la glace dans ton coeur.

dimanche 19 janvier 2014

You say love is real / Like a disease / Come on tell me please / I'm not over it / I'm not over it...



Your muscles have a certain memory about them. That’s why we can tie our own shoes or play piano without looking. But when you spend a long enough time with someone your bodies memorize each other you know? The warmth of your back, the pace of your heartbeat, your tickly eyelashes. And the way your fingers would curl in sequence when I used to play with your palm. Another person is like moving to a new country where you don’t know the language. It’s a scary thing.
– Josh Beattie


And who knows, maybe one day we'll be perfect for each other?
Elle pleurait. Ça se voyait bien qu'elle n'y croyait pas vraiment. Qu'elle l'aimait, mais qu'elle ne voyait pas comment ça pourrait marcher entre eux. Alors elle se retourne, en pleurant, avec résignation et courage, et s'en va, alors que lui tape dans la vitre en l'appelant.


J'ME RÉPÈTE GANG, JE FAIS JUSTE DIRE TOUT CE QUE J'AIME DE QUELQU'UN, CIRCULEZ, Y'A RIEN À VOIR, RIEN À LIRE DE PERTINENT.



Ce n'est pas que je n'ai pas envie d'avoir quelque chose avec le farfadet. Il est fantastique, le farfadet. C'est que je sens que mon affection est accaparée à 90% par lui, et que je trouve malsain de passer des matinées entières à dessiner les contours de ses muscles à même sa peau quand une photo d'eux, en couple depuis bientôt un an, me fout à l'envers, pleurant de joie et de peine en même temps.
Alors je vais le dire une fois pour en finir avec ce refoulement débile qui me mange continuellement de l'intérieur: j'aime absolument tout de lui. J'aime la façon dont une des commissures de ses lèvres monte plus haut que l'autre quand il sourit, lui donnant un air de mauvais garnement de 6 ans, j'aime sa taille de géant, sa cage thoracique gigantesque renfermant des poumons calcinés avant l'âge, ses mains qui englobaient un côté complet de mon visage lorsqu'il le prenait encore doucement pour m'embrasser, j'aime sa voix pratiquement implorante quand l'excitation gagne son épiderme, la manière presque souffrante qu'il a de soupirer de plaisir, j'aime les cicatrices qui tapissent son corps et qu'elle a réussit à ne plus lui faire redouter de dévoiler (j'imagine que c'est elle, oui), j'aime le fait qu'il n'a jamais eu d'emploi et qu'il n'est pas en voie d'en avoir un, j'aime que tout le monde s'inquiète sur ce qu'il va devenir mais que personne n'ose vraiment lui dire directement, j'aime tous ses amis étranges, cokés, sans futur, qui eux ne m'aiment pas, j'aime ses innombrables photographies de hipster, celles qu'il a déjà pris, qu'il ne prend plus (je ne sais pas pourquoi d'ailleurs car il est atrocement doué en tout ce qui a trait à l'art), j'aime l'amour débordant qu'il démontre pour toutes ces connaissances qu'il a, j'aime ses histoires de saoul effondré sur les pavés à crier aux passants anglophones de Crescent "vous nous avez tués sur les plaines d'Abraham!", j'aime son magnifique appartement aux murs de brique rouge, la musique trop forte qui émane du plafond et du sol combiné, j'aime la façon dont il mixe, la beauté dans ses doigts et dans le défilement incessant de musiques toutes plus bonnes les unes que les autres, j'aime les alcools qu'il prend, j'aime ses yeux et le délais de réponse quand il a trop fumé, une dernière fois, j'aime son passé scarifié que si peu de personnes connaissent et que j'ai confié à trop de gens tellement il me pesait sur le coeur (horrible personne que je suis), j'aime les mauvais coups qu'il a fait quand il était enfant, j'aime ses coupures sur les doigts qui pissent le sang pour des raisons bidonnes, j'aime son intonation quand il parle en allemand, j'aime tout ce qui me fait le plus souffrir de lui, ce qui me fait vouloir lui déchirer l'âme à grand coup de machette, son incapacité à me dire en plein visage qu'il a décidé pour une énième fois qu'il était un bon copain, son absence de volonté à ce qu'on ait un lien amical basé sur des fondations nouvelles et saines, son assurance récente face à mon désir de son corps et de ses mots, sa certitude que malgré toutes les phrases que j'ai déjà emprunté pour lui dire que c'en était assez et qu'on devait arrêter de se voir de cette façon, pour l'un ou pour l'autre, je reviendrai dans ses bras quelques secondes après qu'il ait évoqué le paradis de ses draps, j'aime absolument tout, tout, tout, tout, putain, j'aime tout d'Ulysse.
Tant qu'à le dire une fois pour toute, je le dirai: je crois qu'il est la personne que j'ai le plus aimé de toute ma criss de courte existence, en termes d'intensité conjuguée au nombre d'heures passées à ce qu'il me manque. Ce n'est rien, j'ai 20 ans, j'aimerai probablement un jour quelqu'un qui plantera la vie dans mon ventre et que nous élèverons conjointement, mais en attendant, c'est bien assez pour pleurer.
Mais pour ma propre survie, je vais devoir trouver un moyen d'arrêter de chérir toutes ces facettes de l'être magnifiquement fauché et touchant qu'il est.
Je vais me faire défoncer le visage à coup de bottes du destin envoyées à la gueule. Je veux comprendre qu'il lui tient la main quand ils marchent sur la rue, qu'il pleure parfois quand elle a de la peine, qu'il la soutient quand elle angoisse, qu'il l'embrasse de temps en temps sur la joue quand ils se réveillent dans son lit un matin bien ordinaire, qu'il aime son corps qu'il connait mieux que le mien, qu'ils écoutent des séries bidonnes sans être l'un par-dessus l'autre parce qu'ils ont passé cette phase passionnelle d'une relation, qu'elle a rencontré ses parents et que peut-être que la raison pour laquelle il ne lui accorde pas tant d'attention, c'est parce que plus le temps passe avec quelqu'un, plus on oublie ce que c'était que de ne pas l'avoir.
Je vais m'habiller de jais pour quelques temps, faire mon deuil, déposer ces quelques lettres sur une pierre tombale anonyme avec des fleurs, ritualiser la mort de cette relation qui n'a jamais existé… Puis, en revenir, enfin, je l'espère. Peut-être fermer ce blog. Il commence à être un peu trop saturé de souvenirs pour qu'il ne me fasse pas mal de l'ouvrir et d'aller lire mes premiers pas dans les bras de chaque fantôme de ma vie. Lui tout particulièrement.

mercredi 15 janvier 2014

And it's breaking over me, a thousand miles down to the sea, I found a place to rest my head - in the arms of the ocean


73 ans avant ma naissance, le monde devenait un shrapnel.

Turns out it was just a reflektor



"Oh, et puis, avec l'âge, la mémoire tombe…"
Le vieil homme et l'amer, la jeune femme et l'amour.
Des feus sauvages partout et pas beaucoup de volonté d'étudier.
2ème semaine, 4,225 de GPA, pas si mal, pas si mal, on survit, allons donc…
4 heures du matin toute la fin de semaine, avec toi, près des yeux, loin du coeur, et l'autre sur un matelas de douceur à s'enrober de chaleur humaine sans avoir l'excuse d'être empêtrée dans les méandres des bouteilles.
Je me barbouille la conscience à tracer de mes doigts solitude les arrêtes des muscles découpés du farfadet que je chéris aujourd'hui comme le berger contemporain de mes intempéries, deux nuits durant, sans jamais franchir les frontières des étoffes pour officialiser la sensualité de ces heures sombres collés l'un à l'autre, le souffle tiède contre les lèvres, la respiration jointe par une douce communion qui semble pourtant déchirer à grand coup de tempête les voiles de ma santé mentale. De toute façon, je ne sais pas vers où s'orientait le navire, la coque est cassée depuis longtemps et je suis seule sur le pont devant les cumulonimbus du temps qui grondent mon immaturité relationnelle.
On n'était pas supposés être plus que des amis qui se tiennent la main et rigolent à faire croire aux autres que l'on se seraient bien embrassés, on n'était pas supposé se faire dire "Je t'aime. Je sais pas de quelle façon, mais je t'aime" à 4 heures du matin. On devait avoir des places délimitées sur le matelas, cette fois, et ne pas se désirer en mutisme hurlant du crépuscule à l'aurore, tes doigts contre la fine toile de mon ventre, un secret de polichinelle à respecter, faute de quoi, je me serais ouverte la cage thoracique en un gros crac pour en libérer les abeilles de songes brulantes qui y ont fait nid depuis trop longtemps. Bzzz. 
Autant être folle mais certaine de l'être, autant savoir que je n'ai rien, rien du tout, que de me retrouver à grappiller des miettes de ces illusions d'illustres bonheurs qu'il sait si bien trouver dans chaque pixel existentiel. Autant me faire baiser derrière un container à la surface enrobée de glace fondant à la chaleur de ma peau et de la tienne, fantôme aux sporadiques embrassades de lumière dans le noir, mais avec l'assurance que la marée de tes hanches n'est synonyme que de chair, que de me perdre dans ces mirages "amireux" qui ne durent jamais bien plus longtemps que le délire de quelques aubes aux cataractes intermittents.
Je ne sais plus ce que je suis, je ne sais plus ce que je veux, je n'aurai rien, rien du tout, sauf ces quelques notes d'une symphonie académique incomplète et des poussières de perles de fierté si je réussis à me remettre sur le droit chemin de l'apprenti-sage, si je réussis à me dédier corps et âme, jusqu'à épuisement des stocks, à la lourde tâche me cousant des ailes qu'est l'atténuation des contrastes dégradants qui badigeonnent notre sphère bleutée aux reflets de kérosène.
Ne craquez pas d'allumette, la planète brille sous un soleil de napalm.
Moi, la seule chose que j'aime, c'est l'être humain, sans visage, un concept flou qui englobe tout ce que je ne parviens pas et ne souhaite pas nommer.

samedi 4 janvier 2014

Can we just work it out, if you scream and shout 'till we work it out?


“L’homme qui ment” (1968) - Alain Robbe-Grillet


And after this
Can it last another night?

Afterlife, Arcade Fire




Tu ne me veux que comme putain, probablement, un joli bijou d'épiderme marquée de mémoires lointaines desquelles tu n'as que de vagues réminiscences intermittentes, sans vraiment chercher à en cerner les limites ou à en discerner le portrait général. Tu me veux une fois par jamais, quand tu te lasses et me courtise pour quelques pertes de temps bien vite oubliées, avant que je ne me fâches et te poignarde de tous les éclats de ce coeur de plastique aux éraflures bien vite cicatrisées.
"C. est ta copine, moi je suis ta catin. Je t'aime, tu me veux. Tu ne trouves pas qu'il y a quelque chose qui cloche dans tout ça?" Bien sur que je ne pourrai jamais te les dire, ces mots qui me lestent le coeur; je ne sais même pas te voir. Je n'ai plus rien à voir avec la manière dont tu vis tes déboires. Tu ne me rappelles que lorsque tout va bien, lorsque tu sais te contrôler et que tu n'as cure de mes propres intempéries subséquentes; enfermé dans ton bunker de bien-être factice et désintéressé, tu te protèges des orageux songes qui pleuvent sur mes joues rougies par le mistral de l'attente au beau milieu de la tempête de notre hiver amoureux. Je ne crois pas voir le printemps, petit cadavre grêlé par les intempéries de ces dix-huit mois jamais totalement estivaux, petit squelette emmuré dans le carcan de glace de tes émotions perdues dans la poudreuse. Que de métaphores faciles et ridicules pour exprimer à quel point je te sens loin… Une langue collée au poteau de la cour d'école.
"Restes juste un peu plus longtemps contre moi et embrasses-moi… S'il-te-plait..."
Je ne voudrai jamais dire non.
Tuez-moi, quelqu'un, j'en peux plus.

vendredi 3 janvier 2014

Eclipse, Pink Floyd

Rebecca Cairns
Untitled, 2013


All that you touch 
All that you see
All that you taste 
All you feel. 
All that you love 
All that you hate 
All you distrust 
All you save. 
All that you give 
All that you deal 
All that you buy 
Beg, borrow or steal. 
………………………………………………………...Eclipse, Pink Floyd


La révolte des imparfaits


On évacue la fragilité humaine, l'irrémédiable cassure des âmes, la mort, enfin, tout ce qui pourrait menacer l'invulnérabilité prétendue qu'on se tatoue sur le corps pour oublier que le coeur flanche; toute finalité absurde sans remède devient une illusion subversive, un mensonge qu'il convient soit de s'éreinter à réparer, soit de nier, les yeux bandés, le cœur enrubanné du nirvana de l'invincible.
La croissance néolibérale, l'autorité thérapeutique (terme tirée du cour de Laurence McFalls à l'UdM, braves gens), la performance au travail, gratifiée par les augmentations au fil des ans, la santé mentale plane comme une mer d'huile, les 3 enfants habillés en Zara Kids, les 6 heures de gym par semaine, l'alimentation saine, le composte, les corps Victoria Secret et les relations qui durent, tous s'entrecroisent et se lient pour créer une toile d'or de laquelle l'Homme s'engonce, serrant le corset jusqu'à ce que son épiderme soit marquée des contours du moule qui ne lui convient plus a mesure que ses muscles s'affaissent et que ses os s'effritent.
Nous sommes des lépreux se badigeonnant d'or pour oublier leurs squelettes qui s'avalent de l'intérieur, car on a fermé notre âme a la beauté de toutes ces fins, prématurées, mûres ou périmées, depuis trop longtemps.

Je le grave sur ces quelques pixels aussi inutiles que la paix d'esprit que m'apporte cette mièvre proclamation: je suis l'imperfection, car je suis l'humanité. Je ne suis pas une sculpture grecque au corps de marbre parfaitement sculpté pour maintenir des millénaires durant la fermeté de muscles figés dans leurs victoires recensées. Je ne sais pas faire attention a ces organes qui me font rouler mon fardeau de Sisyphe depuis 20 hivers, je les malmène a droite et a gauche, me promettant de temps à autre que je progresse vers leur plus prompt rétablissement. Je n'ai même pas le mérite de toujours réfléchir avec justesse: ma cage thoracique résonne parfois trop intensément des battements affolés de mon cœur pour que je ne lui donne pas raison, rien que pour faire cesser le boucan de ces symphonies d'émotions incontrôlables. Je suis souvent cinglée, des cloportes plein le crâne, folle d'aimer et d'haïr a 10 de l'échelle de Richter des inconnus aux corps scarifiés, ivre de mon inconscience et des taillades barrant mes bonheurs potentiels, grisée de mon autodestruction plus ou moins aléatoire et de mes bonheurs récoltés dans des champs labourés alors qu'ils devraient être en jachère.

Et cela me va.
J'existe.
Et même si je n'existais pas, cela m'irait aussi.
Je ne suis plus capable d'écrire tellement mes mains tremblent et mes neurones s'illuminent comme un sapin de Noël.
J'ai l'impression d'être le messie d'un Dieu qui n'a de visage autre que tous ceux tournés vers le ciel pour le chercher de leurs rétines brûlées de la lumière de leurs propres consciences fêlées.

The only risk is that you go insane


Mon amour de souffre, consumé par sa frénésie inachevée,
Je t'aime toujours, même en cendres tachant mes doigts et piquant mes yeux.


En psychiatrie, on appelle les downs du trouble bipolaire des creux de vagues. Je ne sais pas si c'est le cas ici, mais je peux vous dire que j'ai bien l'impression que toute cette tristesse me remplit les poumons, m'asphyxiant tout en renvoyer ricocher contre mon visage froid les vitraux d'un soleil réfractif.
Je ne sais plus c'est la faute à quoi, à qui... Aux ventres de verre vides chantant leur oubli dans un écho d'heures matinales égrainées au compte goutte par la mydriase des paradis artificiels, ou aux poumons calcinés par les cigarettes au coin de la bouche tachées de rouge à lèvres bon marché; à ses mots désespérés incisifs, détestables, ou à ton coeur charcuté par un amour qui me borde de barbelé comme un enfant traumatisé; à mes mains aussi inutiles que celles d'un Rodin au parkinson ou à mes neurones qui ne savent même plus tisser de beaux mots mes maux; à mon angoisse qui me mange et me régurgite dans la boue, sale, inutile, une enfant pieds nus dans le verre des bouteilles de son père, ou à cette peine que je jurerais tailladée dans ma chaire, passé la peau de papier saran, passé les muscles de ficelles et les os de plastique; à cette marée de mémoires dont le ressac me projette contre les crêtes de couperet des monolithes du révolu, ou à la morosité tolérable de cet univers balancé dans lequel je déambule avec plus ou moins de consentement vers l'âge adulte; à ta présence qui n'est jamais plus vraiment là aux quelques détours où nous avons le droit de nous étreindre sans penser aux rétines assassines, ou à ton sourire brillant par son absence dans cette demeure où, à un an jour pour jour, nous avions dormis ensemble, dans les vapes, sur un plancher de bois franc faute d'avoir trouvé un lit - mon type de romantisme, prise deux: dormir saouls morts, main dans la main, sur le sol nu, et être bien.
C'est cela qui fait le plus mal, peut-être: la coupable, c'est moi, créant des listes de lecture pour me rappeler incessamment à quel point j'ai mal de ne pas être près de toi, criant ton nom en espérant recevoir en écho de mon besoin l'étreinte décédée il y a maintenant près d'un an.
Comment est-ce que je fais pour aimer si fort, à m'en jeter dans les sables mouvants de soupirs de plaisir révolus et de sourires enveloppés du cachemire d'une jeunesse incarnée dans sa beauté en étoile filante, bordel de merde?!
Le temps a toujours filé trop vite, pour moi; je ne suis pas capable de manier son métier à tisser, d'accorder ses nuances néanmoins teintées de magnificence, et j'hérite d'une fresque de vie bâclée, que peu de gens s'engagent à tenter de rabibocher à mes côtés. Alors, longtemps, incapable de relever le défi des tapisseries baroques des autres détaillés à travers le Plexiglas de mon jugement éreinté, j'ai préféré m'enrouler des ficelles pour faire de mon corps une oeuvre tout aussi belle, mais s'étranglant dans sa création frénétique.
C'est pour cela qu'on voue tant un culte aux 20 ans sans limites, sourds des malheurs du temps moderne, étrangers aux coupures qui barrent leurs épidermes comme ils traversent en courant les forêts de l'âge adulte, les yeux bandés, hurlant leur liberté sans voir le ravin final dans lequel ils finiront par trébucher: parce qu'à quelque part, personne ne se sent capable de tenir le pas de l'éternité. Tout le monde se sait si petit, si faible, tiges d'allumettes tentant de rattraper la course d'un géant qui finira de toute façon par nous écraser, épuisés, sur les pavés sales de la cité des Hommes qui n'a jamais vraiment voulu de nous… À un certain point, oui, on rêverait tous d'être cette étincelle de souffre, provisoire, magnifique, évanouie dans le noir avant qu'on ait senti sa chaleur, sans avoir jamais eu d'autre destin que celui de brûler plus vite et plus fort. Absurdité romancée de la décadence calculée.
Je ne veux pas finir comme Aznavour, romantique de son passé, regret de son présent et négation de son futur, mais je me réalise sporadiquement que je n'ai jamais su me développer sur les négatifs du moment présent.

jeudi 2 janvier 2014


C'était à l'âge où aimer était nouveau et fantastique et travailler, optionnel et négligeable.

I want your love



J'ai égaré ce qu'il me restait de toi dans un labyrinthe de délires doutant à chaque détour;
Je ne sais plus si ton mal a déjà porté mon nom,
Mais aujourd'hui, j'erre dans les limbes de tes mémoires,
Triviale,
Veuve de papier-macher à l'annulaire tranché
Qui s'éloigne toujours un peu plus loin de tes reins.

Quand tu ne désireras définitivement de moi que le mutisme irrévocable des cailloux dans les poches,

Quand ton âme aura finalement soufflé la bougie de nos amours gâchées,
Quand tu auras pour de bon oublié la valse sentimentale de nos coeurs,
Là,
Enfin,
Je m'étendrai dans ce lit de granit creusé par mes pleurs
Et dormirai.
Poème d'écriture automatique sur une de mes toiles (un peu retouché, tout de même)
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Je me rend compte sporadiquement que je suis folle amoureuse depuis environs 18 mois d'un monsieur malheureux dans son couple de bientôt un an avec sa copine mineure disjonctée.
"...C'est sur que quand on le met demême, ça fait pathétique en cimonaque."

mercredi 1 janvier 2014

I long for my time to come / Death means just life / Please, let me die in solitude...


Oh, putain, si ce n'est pas cela l'amour, mourir de la douleur du nom étampé dans nos organes aux engrenages rouillés se mouvant néanmoins pour chérir ces traits tatoués à notre corps consentant, je n'y crois plus.


Tu me manques tellement, j'en crie, j'en crève, je vendrais mon âme au diable et mon corps à la providence si cela m'accordait le droit éphémère de tarir les larmes qui lestent tes jeunes jours déjà jetés, si tu me laissais embrasser ton front comme autrefois pour tenter d'aspirer l'encre de ses mots goudronneux polluant tes songes, pour voler ton souffle pour que tu retrouves la paix.
Je lui casserais les os au mortier, je les entendrais crisser et je ne broncherais qu'à peine, tellement ta peine la mue en une créature à abhorrer sans pitié aucune.
Je t'aime, bordel, tu le comprends, ça? Je t'aime et ça me fait trépasser, un pas à la fois, sur le chemin de granit menant à la tombe de nos passions fanées, épitaphe muette de regrets murmurés trop tard pour que tu souhaites que leur mélodie atteigne ton coeur barré à double tour pour une autre que moi.


J'ai - tellement - mal.