dimanche 15 décembre 2013

Open Eye Signal, Jon Hopkins



L'angoisse qui me prend et me mord les tripes, tellement que j'en tremble comme si j'avais le parkinson, que je pleure comme si ton tombeau était en terre, je n'ose plus toucher aucune partie de mon corps et mon coeur court un sprint depuis plusieurs heures maintenant sans que je ne parvienne à arrêter sa course folle et insensée vers une démence encore moins logique, les notes n'ont plus de sens, rien n'a de foutue horizon sauf cette peur qui m'obsède et m'enlace comme une camisole de force étreint l'interné qu'elle aime.
Il y a pire que les ITS, dans la vie, d'accord, il y a les overdoses inattendues, sereines, couchées dans son lit comme un sommeil sans sursaut, tel cette amie de A. qui est partie sans dire un mot, qu'en s'étendant dans les bras de Morphée pour digérer une pilule de trop que son petit coeur n'a pas été capable de faire disparaitre, et en une nuit, paf, elle était morte, sans plus ni rien, comme c'est bête l'existence aveugle des vingt ans, il y a la faim et le froid, il y a les réfugiés dégoûtés qui n'ont pas d'âmes ni de maison et il y a la véritable métropole itinérante de 30 000 âmes seules qui parcourent les rues poisseuses de Montréal -18 sans avoir nul part où se réchauffer. Et pourtant, penser à tout ça, ça ne me donne pas envie de passer mes poignets sur le fil d'un rasoir, sans aiguille pour recoudre les morceaux épars de ma chaire et de ma plaie mentale, ça ne me fait pas vomir d'anxiété, ça ne me fait pas virer aliénée, incapable de ne rien faire sauf tenter de me calmer, étendue dans le noir, les pupilles floues de larmes et le sang bouillant dans mes veines dilatées.
Tu vois, je ne sais pas, c'est horrible à dire, mais même la perspective de ta mort me terrorise moins que celle de t'avoir en moi, j'ai peur de t'embrasser car je sais que les lèvres ne se limitent pas au cou, j'ai peur de tes mots qui, même si tu les couvres de satin de bonnes intentions, suintent ton envie de moi, hell, je m'alarme à la simple pensée que mon corps ait un jour besoin du tien ou d'un autre car je sais que les semaines suivantes seront plus anxiogènes que l'étaient toutes celles que j'ai eu auparavant, je ne veux plus être en relation car je redoute d'avoir à faire l'amour plusieurs fois par semaine sans virer malade mentale, je sais que j'ai besoin d'aide mais j'ai peur à en crever, tellement que je voudrais en finir là, là, bon débarras, assez, assez de tout ça…
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste, je me déteste...

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