samedi 2 novembre 2013

When love is gone, where does he go? And where do we go?



Il y a beaucoup de choses que je ne comprend pas, toujours, et parfois, vous voyez, je l'oublie, je me bande les yeux "et le reste, je me fiche pas mal de tout et j'en reviens, de Sisyphe et de ces conneries, du fait que je déteste mon patron, mais pas tant que ça, du stress, de la dentelle sur ma peau et des gouttes de sueur tissées dans les mailles.
Mais j'ai une crise tellement immense, je ne sais pas comment m'en échapper. Elle ne me colle pas dessus comme d'habitude, ne m'empêtre pas les membres dans un béton d'absurdité d'où je réussis finalement à m'extirper: j'ai l'impression de le respirer, le non-sens, que mes cellules ne sont faites que de la même unité d'illogisme et que soudain, mes pupilles percent cette réalité bête et inutile à savoir, comme si elle la regardait à travers un microscope.
Je pourrais foutre ma vie entière en l'air pour une partie de cache-cache à deux heures du matin, dans l'appartement insalubre d'un ancien fantôme. Et sur le coup, probablement que je m'en foutrais. Et après, peut-être aussi. Après tout, what's wrong with an electrified jellyfish?
On peut se le dire plus honnêtement: j'ai peur du SIDA. En fait, peur est un euphémisme: je me tape des crises d'angoisse depuis une ou deux semaines, je ne sais plus trop, je pleure comme un enfant en prenant mon bain, tellement que mes yeux sont givrés de larmes et que je ne peux plus lire les textes pour mes cours, alors ça me fait d'autant plus paniquer.
En fait, je suis probablement traumatisée de toutes les maladies de cette terre, la grippe autant que le VIH. Je vire hypocondriaque, je suis folle à lier en ce moment, je n'ai envie de voir personne, parce que tout le monde comprend mais fait semblant d'oublier, ou alors personne n'y voit rien et c'est encore pire.
Une peur bleu ecchymose. Bleu gazoline. Bleue comme les fonds marins, quand une épave s'étouffe sous la couverture sonore de l'oubli.
Ce genre de bleu là.

4 commentaires:

  1. Si la réincarnation existe, j'étais séropositive dans une autre vie. Je suis obsédée par le VIH/sida depuis que je suis toute petite (mes Barbies avaient le sida)... Aucune idée pourquoi. Je suis à la fois obsédée et terrifiée à l'idée de l'avoir. Je vais dans les banques de sang, et je me fais tatouer et percer avec paranoïa parce que je me dis que je pourrais avoir le sida. Je jubile devant les drogues injectables parce que c'est le risque, le flirt avec la mort. Une mort lente, terrible, où le corps se meurt d'abord de l'intérieur...

    Je te lis toujours, tes mots me font toujours aussi mal, et tu es toujours aussi cinglée.
    As least I can hold up to a few things here.

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    1. Tu es un personnage de livre ou de film. Des barbies séropositives et un flirt avec ce qu'on craint le plus... C'est à la fois atroce et génial.
      C'est étrange, je prend ton "tu es toujours aussi cinglée" comme un compliment. Si ma folie peut donner une ancre à quelqu'un, même ici, j'en suis satisfaite, j'imagine. Au moins elle pourrit pas dans un coin sans que personne la regarde.

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    2. Je peux t'assurer que ça me donne une ancre... Merci du compliment de personnage - je n'avais jamais pensé à ça comme ça. Eh oui, être cinglée est un merveilleux compliment. Les gens normaux, sains d'esprits et bien rangé n'écrivent pas - du moins, ils écrivent mal.

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    3. Il y en a qui écrive bien quand même, je crois, mais d'une différente façon, j'imagine.
      "J'ai beau faire une tête d'enterrement, y'a personne qui m'prend au sérieux, j'suis très jaloux, très secrètement, d'la profondeur des malheureux", comme disait l'autre.

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