lundi 23 septembre 2013

Heart skipped a beat, and when I caught it it was out of reach



Mes textes se ressemblent parce que mon style est toujours pareil.
C'est pas grave, j'imagine, personne me lit. Snif snif.


Pour m'aimer, il faut être amoureux de l'équivoque.
[...]
Il faut reconnaitre la beauté et l'ivresse que peut procurer le vertige de Sartre quand on s'abandonne à son fantasme quelques minutes ou années lumières, il faut être capable de se mirer dans les flaques de gazoline de nos songes explosifs et reconnaître qu'une lueur démentielle allume nos prunelles, il faut reconnaitre qu'on est fou, fou d'exister à pleine vitesse, à plein régime, même dans les plus douces variations de cette intensité, et que malgré tout, malgré tous, on arrive à trouver un certain équilibre sur le précaire fil de fer de notre existence, suspendu entre les cathédrales de l'Autre, érigées à la gloire d'une dévotion aveugle d'être martyr au nom d'une magnificence ensanglantée mais vénérable, et les Burj Kalifah mégalomanes de la magnitude de notre démence consentante, corps de verre où miroitent des aspirations de grandeur destinées à être déchirées par avions et autres bombes issus du Monde humain.
Sans cela, je ne suis qu'une pauvre gosse romanisant l'atroce et diabolisant le beau, une gamine aux raisonnements maladroits retraçant d'un trait de gouache au pinceau bâclé les grandes lignes d'un monde de finesse dorée.

mercredi 18 septembre 2013

Sail away









Sail, sail away
With you
Sail, gonna sail
With you








Maudit que je me sens perdue dans ma propre tête.
Je devrais dormir, putain de merde, j'ai besoin de sommeil. Au lieu de reposer mes songes et mon corps, j'essaie de ne faire que lire les mille et unes pages qu'il faut quotidiennement que je me tape pour suivre le fil de mon enseignement, mais à un certain moment, je décroche, immanquablement et du coup, j'appréhende les relevés de notes prochains, que je souhaite aussi remarquablement immaculés que mes précédents... Je sais, je sais, ce n'est pas possible, et quand je vais me heurter à des 80% - ou pire, des 70% -, je vais virer carrément démente. Je vais arrêter de dormir et je ne mangerai que des notes de cours.
Je suis cinglée quand je le veux. Et quand je ne le veux pas aussi, à ce compte là.
Le but de chaque vie, c'est de se préparer à mourir. Trouver du sens à son existence, c'est un peu cela, en fait: partir sans se dire que ça n'a servi à rien. Partir en ayant l'impression d'avoir atteint un certain point, même si on ne va nul part.
J'ai peur de crever sans savoir que je suis en train de m'éteindre, m'endormir bêtement sans avoir pris la peine de vérifier si tout était en ordre dans la cabane de vie que je me serai bâti, que le linge sale soit sur le plancher de ma chambre et qu'il y ait des emballages de tampons dans la poubelle de la salle de bain, et que tous ceux qui m'aimais doivent ramasser ce carnage en pleurant sur la beauté d'un fil dentaire que je ne voulais pas qu'ils voient.
Je m'étais toujours dis que peu importe mon âge, quand j'aurais le sentiment d'avoir fais ce que j'avais à faire, je me suiciderais, pour être certaine de graver moi-même l'épitaphe de ma tombe, et même de choisir la couleur des mouchoirs des funérailles, la bande sonore, tout. Je sortirais ma plus belle plume, un beau papier à lettre poreux comme je les aime, j'allumerais un cierge. Je réfléchirais longuement. Puis, lentement, avec application et méticulosité, j'apposerais la dernière phrase du roman de ma vie sur cette dernière page manuscrite et inutile (qui ne sera lu que par ceux qui ont mon nom écris dans la poitrine ou dans le crâne). Je la relirais pour être bien certaine que c'est ce que je désire laisser au monde. Un coin de ma bouche se froisserait peut-être, ou alors une petite circonférence humide tomberait sur la surface, qui gondolerait un peu. Puis, je soufflerais doucement la flamme chevrotante, sans un mot de plus. Sans un maux de plus.
On a eu une discussion là-dessus au souper, et c'était horrible, j'avais les yeux remplis de la marée de ma peur et la voix plus tremblante que le sol d'Haïti 2010. Ma maman m'a dit qu'un de ses oncles qui avait été interné à l'hôpital n'était plus capable de manger, alors les médecins avaient dû lui installer un tube de gavage dans la gorge pour le nourrir. Je vais en faire des cauchemars jusqu'à la prochaine décennie.
Sur fond de ces songes sombres et complexes, je n'ai pas fais mes lectures pour demain. On s'en fichtre.
Je voudrais voir Cocaïne Eyes pour qu'il me guide un peu dans tout ça, peut-être qu'il me réconforte un peu sur ma peur de moi-même, ou simplement que je puisse dormir contre quelqu'un qui me respecte un peu même en sachant l'étendue de mes déboires mentaux. Mais il ne m'a pas répondu quand je l'ai texté, alors ça me rend triste, et j'ai peur de l'appeler, si à jamais il ne m'a pas répondu parce qu'il avait simplement réalisé que je ne valais pas la moitié des beautés qu'il me prêtait.
J'ai envie de lâcher mon emploi, comme vous n'avez aucune idée; je ne sors plus, je ne fais plus rien, putain, ou alors je rentre à minuit sobre et c'est encore pire, et ça m'emmerde, l'intensité des soirées sans fin me démange comme l'herpès doit piquer, je ressens le besoin de me caler dans le confort des bouteilles englouties jusque dans les fibres de mes muscles. Du coup, je me demande si je ne suis pas un peu alcoolique, à quelque part, parce que ça ne devrait pas être un drame, ne pas se saouler la gueule pour même pas deux semaines. Mais j'en ai quand même atrocement envie, et je me dégoûte un peu.
Oh, aussi, j'ai couché avec le dit français il y a une semaine, et je ne lui ai pas vraiment reparlé depuis (malgré le fait qu'il a prit en otage un de mes soutifs). Cette nuit, la simple pensée du fait que j'ai contribué au mensonge relationnel de ce petit con me donne des nausées. Oh, il n'a rien fait de bien méchant, ne vous en faites donc pas autant, et je l'ai utilisé autant qu'il m'a probablement utilisé, je ne crois pas avoir quelque chose à foutre de quiconque en ce moment puisque j'aimerais n'importe qui de toute façon... Mais mes sentiments ont mis en berne le drapeau blanc de la bataille contre l'amer goût du regret, alors je mords dans ces souvenirs teintés de bleu comme les résistants de la Seconde Guerre Mondiale dans leurs capsules de cyanure. Opération Fortitude, la mienne n'était pas réellement empoisonnée; je suis dédiée à la torture, et je semble bien partie cette nuit pour m'enrouler dans le barbelé de mes exigences hélas trop serrées pour corseter mes envies sporadiques et spontanées sans me percer les poumons. Barbed Hula.
J'ai besoin d'un peu de sens dans ma vie, bordel. J'ai malencontreusement écrasé la vitre de ma boussole émotionnelle dans cette folie de vacarme et de sensations et de nouveauté et d'ambitions, et maintenant, je ne sais absolument plus vers quel horizon relationnel ou académique je souhaite mettre le cap.
Oh, et puis, peut-être que j'irai à la nage; là, au moins, je pourrai prétexter que c'est les courants qui m'ont déviés jusqu'à des terres non propices, et non pas ma propre inaptitude à manier les voiles de ma personnalité trouée.

On vous nique bien



Folle première semaine universitaire.
C'est à n'y rien comprendre, vraiment. Je devrais dormir en ce moment étant donné que je n'ai eu qu'environs cinq heures de sommeil par nuit les quatre derniers soirs, mais mon corps et mon esprit sont saturés de souvenirs trop nombreux pour être contenus dans ces quelques cinq journées de camaraderie alcoolique, de premiers pas vers un domaine d'étude on ne peut plus passionnant (où la connaissance est comptabilisée dans des lectures qui se chiffrent par centaines de pages par semaine, ce que je ne suis pas sure d'être capable d'affronter, pour être bien honnête), de conneries, surtout, et de trop de déboires mentaux pour que mes neurones comprennent ce qui se passe dans ma vie pour qu'elle soit soudainement si écartelée entre un sérieux de vie d'adulte à la fois terrorisant et tellement attirant et une témérité immature à l'os, libre de toute convenance. 
D'abord, je suis réconciliée avec P., définitivement, parce qu'on a eu besoin l'un de l'autre toute la semaine vu le stress de l'inconnu et le désir de cohésion, et probablement aussi un peu parce qu'on s'aime deux fois plus quand on est sur l'alcool - les quantités ingérées ayant été astronomiques, ça augmente les mains serrées dans des balades bringuebalantes. On a passé plus de temps qu'il ne le faut à faire des cartes étudiantes durant deux heures, à boire de la bière comme des trous, à essayer de se relever mutuellement sans succès lorsqu'il y en avait vraiment trop dans notre sang, et à discuter jusqu'aux petites heures. Du coup, encore une fois, on a des copains qui nous ont automatiquement casés comme en couple et qui trouvaient étrange qu'on se traite de connards de temps à autre. La belle relation, toi.
J'ai recommencé à parler avec S., mon ex-copain, celui de l'été-automne 2010 pour ceux qui suivent ce blog depuis assez longtemps, et c'est la personne la plus adorable que cette terre ait jamais portée. On s'entend bien, je crois, ou, en tout cas, moi je l'apprécie vraiment, vraiment beaucoup, et puis on s'est dit que je viendrais à son appartement, on a reparlé un peu de trucs comiques qui nous étaient arrivés durant cette période fort plaisante, on a joué à la guerre des pouces et on est sortis boire et fumer entre copains. Je l'adore, S., je l'adore, même hors de toute implication émotionnelle ou sexuelle.
Et surtout, surtout, Dieu du ciel, j'ai rencontré le français le plus séduisant de cet humble univers, un spécimen de beauté aux dents légèrement clivées et à l'accent à la fois adorable et belliqueux, bronzé parce qu'il passe ses vacances à Saint-Tropez, étudiant en science politique passionné de débat, fumeur régulier possédant des stocks de Marie Jeanne meilleurs que bien des Québécois que je connaisse, moqueur et chiant comme il se doit, charmeur jusqu'au bout des doigts - qu'il sait utiliser pour plus d'une chose plaisante: j'ai passé deux nuits de suite à sa résidence.
La dynamique ressemble un peu à celle que j'avais avec R., il y a quelques années déjà: il s'amuse expressément à m'enrager, mais au lieu de me laisser avec l'amer goût de l'échec unilatéral, celui-là me fait rougir de plaisir et d'envie qu'il me veuille autant que je le désire pour une si courte période de connaissance. Coucher au premier soir, je croyais que ce n'était plus mon fort... Et bien surprise.
Je m'étais dis que je m'en ficherais quand je suis partie le premier matin, que c'était une erreur stupide, mais que c'était notre semaine d'initiations et que je faisais bien ce que je voulais, surtout quand c'était avec un mec qui a son minois... Mais il m'a rappelé pour qu'on se rencontre pour prendre un verre et aller au cocktail du lendemain ensemble, en se faisant un plaisir de faire savoir aux gens que j'avais passé la nuit là bas (à la grande hilarité de S., à qui il a lancé quelque chose comme: "Dors jamais avec cette fille, elle prend toute la place et les couvertures!" On s'est échangés un sourire en coin de connivence et il a fait que répondre: "Ça me serait jamais venu à l'idée." On en a rit en cachette pendant un bon 5 minutes.). Il me prenait par la taille, me murmurait des trucs à l'oreille sans tenter d'avoir un minimum de subtilité, multipliait les blagues salaces et les commentaires explicites...
"T'as les doigts glacés, putain!" Il souffle doucement dessus, ses lèvres presque contre ma peau.
"C'est pas très efficace," je lance, sarcastique, avec ce sourire en coin presque perpétuel qui semble s'être dupliqué à mon visage cette semaine.
Il me regarde avec ses grands yeux à la fois brûlants d'une intensité trouble et habités de cette ombre moqueuse qui semble continuellement errer sur son visage, entre ses prunelles et sa bouche, dans la vibration de sa voix et le frémissement des commissures de se lèvres lorsque quelque chose l'amuse (tout, oui). [Il sait qu'il plait aux gens. Peut-être le sait-il même un peu trop; c'est à la fois la source du problème et de l'aimant qu'il exerce sur les sismographes de mon corps... Foutues hormones.]
"Je sais, c'est qu'une excuse pour te tenir la main."
Et il la lâche. Ça me fait à la fois trembler de rage et de désir qu'il en ait réellement envie.
J'ai d'ailleurs manqué mon premier cours de politique parce que j'étais restée chez lui trop tard et que je ne trouvais plus mon costume d'amérindienne.
Et je ne comprend rien aux notes de cours.
Allez, réveilles-toi, Manue la lanterne, réveilles-toi, il va bien falloir que tu redeviennes un rat de bibliothèque, saperlipopette!
Le dernier jour, je n'ose même pas l'écrire ici (mais non, c'est pas vrai, j'ai simplement pas le temps ou l'envie). On est allés dans le fin fond des bois et on a bu en faisant des activités, la plupart indécentes.
Pour donner une bonne idée, j'ai embrassé P, aussi. Pourquoi? Parce que j'étais saoule comme dix, que je voulais pouvoir me souvenir de comment ça avait été l'année dernière et que la mémoire me manquait, vu l'incendie créé par les allumettes de cette soirée imbibée d'alcool comme le tissu d'un cocktail Molotov. Alors je lui ai demandé si je pouvais, il m'a dit oui, on s'est embrassés, c'était bizarre, ça a fini là. Trêve de plaisanteries, mesdames et messieurs, maintenant je pourrai dire que je savais ce que c'était.
En revenant, le petit français était dans le banc derrière moi comme je tombais de fatigue, effondrée sur l'épaule d'une nouvelle copine! Il me jouait dans les cheveux sporadiquement, me chuchotait des trucs parfois, je ne sais plus trop, c'était plaisant et j'étais dans le coton du mensonge d'un attachement dans les vapes.
Et, du coup c'est encore plus terrible à s'avouer, mais il me plait quand même. En calice, pour être une bonne québécoise. Et peut-être que je ne vais pas le revoir de ma vie parce qu'on n'aurait pas bien bien d'autre occasion que celle de le désirer, maintenant que ces heures obligatoirement intoxiquées sont officiellement terminées. En même temps, on verra bien ce qu'on verra, j'imagine.
Aussi, j'ai un peu peur de lundi pour regarder en face toutes les conneries que j'ai fais avec tout le monde, mais  en même temps, je crois qu'une grande partie de ma personne s'en fichtre totalement; on est jeunes, on est saouls, c'est l'université, on fait des bébés. Amen.