dimanche 4 août 2013

She loves you, Leon

Photo: Alex Prager

Il y a ces moments/journées/semaines/mois/ans/vies où on n'a vraiment pas plus d'estime de soi qu'une miette de muffin aux raisins sous un meuble d'un appartement abandonné (en plus, la personne qui l'a acheté pensait qu'il était au chocolat). Et bien, ceci en est un, comparses.
Il est revenu hier, et j'ai moins de motivation à lui courir après que j'en aurais pour un triathlon après 6 ans d'alitement. Je n'ai pas envie d'aller me péter la margoulette chez lui pour le trouver avec la petite conne - qui ne l'est pas vraiment, non, qui est bien gentille, pas jolie mais gentille -, mais avec qui je ne sais pas interagir en sachant très bien que le mec qu'elle aime du plus profond de son petit coeur juvénile m'a lancé un booty call de l'autre côté de l'océan pendant qu'elle l'attendait, littéralement assise dans son appartement, durant un mois. (Ben non. C'était pas un booty call. Mais c'était un appel au fantôme de ce qu'on était et qu'on voudrait souvent redevenir, juste un peu, peut-être, parfois. J'vous mélange avec le roman que j'ai écris le 24 juillet, hein?) Le point étant, il est pas 100% honnête avec elle et je sais pas comment réagir. Ça semble récurrent.
J'ai également décidé de ne plus appeler, texter ou penser au monsieur qui se calisse trop de moi pour me répondre gentiment une fois sur cent. Ben criss, si tu veux me voir, ce sera toi qui me lâchera un coup de fil à une heure du matin, merci bonsoir. (J'ai encore plus peur qu'il ne veuille tout simplement plus jamais me voir que je crains qu'il ne réponde pas quand je l'appelle).
Je suis dépendante affective.
Aimez-moi, je suis en rupture de stock depuis un p'tit boute.
Et puis j'ai envie de rien. J'essaie de faire de l'art, mais les pinceaux me coulent des doigts tellement je suis flasque; je lis sur la signification des couleurs pour mon futur projet photo, et les mots me traversent le crâne sans faire de montagnes sur l’encéphalogramme; j'essaie d'écrire, et j'arrive juste à cracher ces conneries sarcastiques et douloureuses; je colle un sourire sur mes lèvres pour aller travailler, mais j'ai l'impression que tout le monde voit le tape dans la lenteur de mes gestes.
Je suis vraiment que de la merde aléatoire.
J'aimerais pouvoir être cette fille enjouée qui réussit à avoir ce qu'elle veut d'il y a quelques mois, pas cette loque qui se cache chez elle (et que personne ne veut voir, de toute façon.) J'ai honte de moi-même. Je m'ouvrirais le corps comme une enveloppe avec un couteau à lettres, mais je ne crois même pas que je crierais. Trop molle. Couper dans du caoutchouc.
Naomi Watts dans Mullholand Drive.
Ça s'est fini avec un pistolet dans la bouche, cette histoire là.

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