dimanche 28 juillet 2013

Noia


"It is a shame that we should have met in harshness and coldness where there was once so much tenderness and so many dreams. Your song. I wish you had a little house with hollyhocks and a sycamore tree and afternoon sun embedding itself in a silver tea-pot... I want you to be happy... I love you anyway - even if there isn't any me or any love or any life - I love you."

Lettre de Zelda Fitzgerald à Scott dans les dernières années de sa vie.
Ça m'a fait pleurer de beauté.

samedi 27 juillet 2013

And now I see your face no matter where I go, where I go...



Je ne sais même plus de qui je parle dans mes textes.
Imbroglio émotionnel.
Souvenons-nous du MEG l'année passée, camarades?
Ben il est de retour et il a 15 ans. Démentiel.
Fack on va aller se perdre les neurones dans de l'électronique enivrante, je vous reviens avec ça.

vendredi 26 juillet 2013

Escape Myself


PREMIÈRE ÉRINYE
[...] Tu as besoin de nos ongles pour fouiller ta chair, tu as besoin de nos dents pour mordre ta poitrine, tu as besoin de notre amour cannibale pour te détourner de la haine que tu portes, tu as besoin de souffrir dans ton corps pour oublier les souffrances de ton âme. Viens! Viens! Tu n'as que deux marches à descendre, nous te recevrons dans nos bras, nos baisers déchireront ta chair fragile, et ce sera l'oubli, l'oubli au grand feu pur de la douleur.

Les mouches, Sartre

Broken sweethearts- who sleep apart; both still pine for the other's side spine, spoon as sleep starts

Photo prise par moi. Nostalgie. Besoin d'espaces. Plus capable.

J'aimerais beaucoup ça que tu t'ennuies de moi pendant qu'on se parle pas. Maintenant, tu dois être atterrit, j'imagine, alors il y a peu de chances. En même temps, j'ai envie de te dire "remplies toi de toute cette culture, cette solitude, ce-". Je sais même plus parler, les mots m'ont quittés après toi.
Je me sens vide. De tout. Vide de sens, vide de silence, vide des autres et de moi-même.
J'ai envie de partir en Afrique ou en Asie. Mon calice de stage au Ghana. Même plus envie d'aller en appartement. C'est trop ancré dans le long terme, dans les responsabilités, l'argent, chercher des recettes sur Ricardo pas parce qu'on veut faire la cuisine mais parce qu'il faut manger, esti de calice de marde de vie et de pesanteur sur mon âme.
Tuez-moi maintenant que je ne suis plus capable de le faire, s'il-vous-plait...

jeudi 25 juillet 2013

Bela Lugosi's dead




..............Tu pars aujourd'hui pour l'autre bout du monde.
..............J'essaie d'être correct avec ça.
..............Bien fort.

mercredi 24 juillet 2013

Ever fallen in love with someone, ever fallen in love with someone you shouldn't've fallen in love with?



J’ai déjà raconté cette histoire, je le sais. Mais certaines nuits, quand je me sens absolument, hermétiquement seule, tellement dévorée par mon douloureux singulier que la plus douce délivrance qui s’impose à ma conscience est l’image de veines ouvertes comme des livres déversant mon histoire à demi rédigée sur les parois nacrée de la coupole d’un bain, ces fois-là, bref, cette matinée-là me revient en tête. Et alors je me vautre dans mes mémoires comme un cloporte se cache du balai dans les craques des murs.
C’était il y a presque 365 jours, maintenant. J’avais déjà commencé à te malmener à droite et à gauche, mais tu n’avais pas encore lâché prise, tes lèvres tâtonnaient encore pour trouver les miennes dans l’encrier de mes réponses noyées de mots brodés en phrases vides de substance… Une chance, en un sens, sinon, tu ne m’aurais rien raconté de tout ça.
Tu étais venu chez moi la veille avec ce garçon que je te préférais à l’époque. Nous avions fumé et bu comme des trous, comme d’habitude, et ça avait été une soirée géniale, même si je me souviens qu’avant de venir, tu m’avais expressément demandé si je te donnerais le droit de m’embrasser, sans que je ne parvienne à donner de réponse claire, une fois de plus. J’étais certaine que tu plaisantais, que tu étais déjà drogué. Je crois que tu as été la première personne à me confronter avec son désir pour moi; je n’arrivais même pas à concevoir que tu puisses me vouloir autant que tu le disais, cela dépassait les barèmes que j’avais moi-même évalué pour mon corps.
Toujours est-il que je t'avais renié d'une façon à peine croyable tellement elle était cruelle; je t'avais laissé voler mon souffle, à répétition, jusqu'à te donner le droit de croire à plus, puis m'étais levée, t'avais serrée dans mes bras, murmuré que c'était trop d'engagement pour ce que j'étais prête à prendre et étais allée me coucher, te laissant là, ébahi, ne comprenant absolument pas ce revirement de situation incongru, détonnant. Tu avais timidement ouvert ma porte de chambre, d'un air tout penaud, et m'avais demandé d'une faible voix pratiquement suppliante si on pouvait en parler. Ou ne pas en parler et dormir ensemble, sans rien faire. Je t'avais dis d'un ton cassant que "non, il était quatre heures du matin et j'étais fatiguée" et t'avais prié de refermer la porte. Quand j'y repense, je ne sais pas si je devrais rire aux éclats ou vomir de dégoût tellement c'était sans cœur de te concasser de la sorte.
Le lendemain matin, quand je m'étais réveillée, je me tapais sur la tête de ne pas avoir essayé d'amoindrir cet apocalypse relationnel un tant soi peu, devant à présent affronter les marques de ma méchanceté.
En ouvrant la porte de ma chambre, je m'étais demandée si tu ne serais pas parti là, à 4 heures du matin. Mais non. Tu étais assis en bas, à écouter de la musique. Je ne comprenais pas très bien.
Je nous avais fait du café, nous nous étions assis pour le déguster côte à côte, dans mon salon.
Je ne sais pas vraiment pourquoi, nous nous étions pris la main, oubliant ma cruauté momentanément, tango aérien de doigts se frôlant, puis s'étreignant à s'en couper la circulation, de hasard et d'intention, de doute et d'envie. Je caressais du bout des doigts de mon autre main ces striures irrégulières le long de tes poignets. Je savais pertinemment ce que cette voie ferrée de nacre traversant ton avant-bras était réellement. J'ai bien trop souvent rêvé de faire passer sur ma propre peau translucide le train d'un départ imminent et nécessaire hors de cette enveloppe charnelle; je ne pouvais pas ne pas reconnaître ces traits creux, larges, habituellement toujours cachés sous tes immenses chemises.

Pourtant, je t'avais demandé comment tu te les étais fais. Tu m'avais raconté brièvement que tu avais pris tous les comprimés que tu pouvais prendre pour en finir et que, voyant que ça ne réussirait pas à t'attirer de l'autre côté du voile, pris de panique, complètement dans les vapes, tu avais pris la lame de rasoir et appuyé.
Je les avais embrassées une à une, sans dire un mot.
Quand tu avais voulu poser tes lèvres sur les miennes, je t'avais fais promettre que c'était la dernière fois que ça allait se produire, consciente de mes imbroglios mentaux et de mon attachement pour le fantôme qui avait hanté ces pièces quelques heures auparavant.
J'ai déjà évoqué le reste: l'horreur de l'histoire que tu m'avais raconté et la délicatesse des quelques larmes qui avaient roulées sur tes joues, la beauté de la complétion des corps lorsqu'elle est guidée par un consentement mutuel conscient dans tous ses aspects, la quête d'un bien-être réciproque jusque dans ses ramifications les plus ténues... De toute façon, à chaque fois que je me le remémore, je me demande comment je pourrais un jour traduire à quel point c'était beau. J'espère pour les quelques personnes qui vont un jour lire cette description non-nécessaire comprennent de toute façon, pour l'avoir vécu. Peut-être que ça n'a rien de bien incroyable et atypique pour les autres, je n'en sais rien.
Nous avions pris le métro ensemble, toi pour rentrer à ton appartement, moi pour aller rejoindre je ne sais qui au centre-ville (je ne leur avais rien dit de ce qui s’était passé, n’y ayant strictement rien compris de toute façon). Nous nous tenions la main, tout légèrement. Je la lâchais parfois par bonne conscience, redoutant mon propre départ, comme s’il était imbriqué dans la danse de mon code génétique, puis j’y revenais, sans vraiment y sentir de regrets non plus. En attendant sur le quai, debout, je me blottissais sporadiquement sur ton épaule et contre la chaleur de ton torse de géant enveloppé dans une autre de tes gigantesques chemises. Nous ne parlions pas. Pas vraiment besoin.
Dans le wagon, quelqu’un s’était déplacé pour nous laisser nous asseoir côte à côte et je me souviens m’être passée la réflexion qu’il devait croire que nous étions ensemble; je m’étais dit que je devrais avoir peur, mais je me sentais bien. Un peu comme si ma crainte, ma colère et ma détresse habituelles étaient enrobés d’un coton circonstanciel que je ne pouvais même pas questionner. C’était. Point.
Nous avions joué à des jeux imbéciles pour passer le temps du trajet, fais des noms avec les noms des métros et cherchés des itinéraires loufoques, du gros n’importe quoi, quoi.
Et quand le train s’était immobilisé à ta station, avec une hésitation imperceptible dans le regard, tu t’étais doucement penché pour m’embrasser. Ça devait avoir duré une seconde, trois maximum, qu’un bruissement de lèvres de satin; pourtant, je pourrais rédiger des pages sur ce vingtième de minute, sur son caractère à la fois si naturel, non questionnable, comme si nous avions été ensemble depuis des années, et l’incongruité du fait que ce n’était vraisemblablement absolument pas le cas. J’avais chuchoté quelque chose comme : « On se voit bientôt. », de la même façon que je murmure toujours lorsque je dis je t’aime. Tu avais répondu quelque chose comme : « Bientôt-bientôt. »
Puis tu t’étais retourné, les portes s’étaient refermées, les roues s’étaient remises en branle, le monde avait subitement recommencé à tourner à la vitesse grand V, comme dans les films, tout s’était passé très vite, trop vite pour que je comprenne, et alors j’avais recommencé à douter.
C’était il y a presque 365 jours, oui. 365 jours, ce devrait être assez long pour effacer une émotion du négatif de son psyché. Et pourtant, quand j’y repense, quand je revois tes yeux aux larmes cristallines, si précieuses pour toute la douce et sincère sensibilité qui exsudait de chacune d’elles, quelque part au fond de ma poitrine, je ressens la même chaleur diffuse, presque douloureuse tellement elle est brûlante de compassion, de tendresse et… Et d’amour. D’Amour.

Aujourd’hui, je suis assise au petit bureau de cet appartement que je chéris du plus profond de mon cœur, près de St-Joseph, pas si loin de l’ancienne demeure de la première personne avec qui je me suis réellement senti bien, il y a deux ans. Il y a quelques heures, les nuages se sont effondrés sur les rues aux maisons agglutinées du Plateau, alors la chaleur est rendue supportable, beaucoup moins dense et oppressante que ce matin. La fenêtre est ouverte et les feuilles chantent le vent qui les fait frémir, comme le doux soupir du dos de doigts effleurant l’épiderme tiède d’un ventre nu. Les nuages sont d’une teinte semblable à celle de la douce peau d’une pêche mure, éclairant de ses derniers rayons un ciel d’un bleu pastel à faire envier les papiers peints des chambres pour enfants.
Je suis ici à coucher sur papier ces souvenirs dans leur plus exacte précision, pour me faire aller un peu mieux, j’imagine, mais surtout pour comprendre un peu le fil de mes pensées dans leurs nœuds enchevêtrés comme des guirlandes de Noël. (Je ne me comprends absolument pas, au cas où tu aies un jour eu un doute là-dessus.)
En un sens, je ne me sens pas si différente dans mon cœur qu’il y a un an. Enfin, il est vrai que j’ai changé, presque du tout au tout, que j’ai rédigé des travaux avec une passion et une assiduité que je ne me connaissais même pas, éclairant un tout petit peu le chemin tortueux de mon avenir professionnel… Que j’ai eu une relation dans laquelle j’ai été capable d’être heureuse, épanouie dans tous les points et jusque dans chaque partie de mon corps, plus que je n’aurais jamais pu l’être avec toi…
Mais quand je me concentre pour penser à toi de manière sérieuse… Je t’aime encore un peu, je crois, et je me demande si j’arrêterai un jour de chérir ce petit bibelot d’authenticité que tu représentes. Probablement. On oublie tout. Même les plus chouettes souvenirs, ça t’a une de ces gueules. Seulement, cette intimité, aussi mentale que physique, que je ne crois pas avoir eu avec quelqu’un d’autre dans ma vie, me manque.
Bref, j’ai vraiment hâte que tu reviennes pour savoir si ce garçon duquel je suis tombée amoureuse un beau jour de Juillet existe encore. Sans que je veuille être avec lui; il a une vie complète, apparemment, à présent. Juste pour savoir si ces réminiscences sont des chimères pour apaiser d’un baume factice la souffrance du manque de sens de ma vie.


VOILÀ, GANG, VOUS CONNAISSEZ MA VIE DANS SES DÉTAILS LES PLUS INTIMES.

mercredi 10 juillet 2013

In a manner of speaking / I don't understand / how love in silence becomes reprimand


...........................In a manner of speaking
...........................I don't understand
...........................How love in silence becomes reprimand
...........................But the way that I feel about you
...........................Is beyond words


...........................Oh, give me the words
...........................Give me the words
...........................That tell me nothing


.....................................Cette chanson vient me chercher dans les tripes.




Je n'ai aucune idée comment je me sens. Je m'ennuie de toi, mais d'une manière si diffuse, que j'ai de la difficulté à mettre le doigt sur ce qui me manque exactement de ta personne, ou même si c'est bien ta personne qui me manque et non pas une présence, supérieure, infinie, pour envelopper mes nuits des bras réconfortants de l'union 
J'aurais envie de t'écrire quelques mots avant que tu partes, juste pour que tu saches au moins à quel point tu es une personne fantastique à travers mes yeux, même si tu n'y as strictement rien changé à mon existence comme mes autres amours ont forgés qui je suis. Tu as été une brise fraîche lors d'une des premières soirées de printemps, douce caresse quand on ferme les yeux, mais qu'on oublie rapidement, probablement, et qui ne nous a pas procuré les frissons de la nuit noir ni les sourires des premiers rayons de l'aube et de la rosée dans les cils.
Mais en même temps, j'ai l'impression que ça ne servirait strictement, mais alors là strictement à rien.
Et je ne suis pas capable d'écrire, de toute façon. Pas ici, pas sur du papier, pas sur mon corps, pas sur rien. Je n'ai que le goût âpre de tout l'alcool d'hier au fond de la langue et la journée de travail de demain coincée dans la gorge. FACK FUCK IT.

jeudi 4 juillet 2013

Providence, Foals



Il y a un an, plus ou moins quelques jours, je commençais à me perdre avec le plus grand plaisir.


Je me sens très, très mélangée. C'est déjà mieux que de sentir très, très déprimée, me direz-vous... Oui, en effet. C'est ce qu'il a dit
Le jour même où moi et mon ange aux freckles, aux rêves d'architecture et aux sourires polissons nous sommes laissés, je suis allée rejoindre le plus chouette monsieur au restaurant pour en discuter et pour réprimer une autre crise de larmes. Je me suis calmée et on a dépensés pour 54$ de bouffe et de vin. La jolie vie de ces jeunes qui traversent l'existence en courant le plus vite possible, les yeux bandés et les mains en sang, en défonçant les murs de leurs douleurs et de leurs bonheurs.
Et ensuite, oh, douce ironie!, P. voulait que je les rejoigne au nouvel appartement de cet ancien fantôme qui m'a aimé plus que je n'étais capable de lui rendre et de qui je suis tombée amoureuse un peu trop tard pour avoir droit à sa présence au quotidien, à qui je n'avais pas vraiment eu une conversation de plus de 5 minutes depuis environs 6 mois dû à l'étrangeté du fait que je fréquentais son ami d'enfance. Celui que j'ai mentionné explicitement pour la première fois le 20 juillet de l'année dernière:
J'ai peur qu'une fois qu'U. m'aura confronté sur son intérêt pour moi (que M. m'a confirmé après 8 pichets de bière et 2 verres d'absinthe, entre une conversation sur la mort prématurée de Sid Vicious et sur sa propre relation amoureuse... Douce soirée!), parce que je lui avouerai nécessairement que je ne suis pas le genre de fille qui tranche en deux semaines sur si elle éprouve le désir d'afficher une liaison, il se détachera de cette relation que je trouve pourtant tellement agréable, ira courtiser d'autres débauchées et je n'aurai plus ma place dans cette petite molécule d'hélium qui me fait léviter au-dessus de l'uranium de mes songes de jais.
Bref, lui.
Je ne sais pas comment décrire comment ça m'a fait sentir. Au début, vraiment spécial. J'avais un peu peur. Surtout quand je suis arrivée et que je me suis rendue compte que son ex copine était là (qui n'a pas tellement l'air d'une ex si vous voulez mon humble avis, à quêter ses doigts et ses genoux et sa peau et tout ce qu'elle peut avoir de lui...). Mais je me suis forcée à m'asseoir, à avoir l'air bien, à parler et à être gentille. Quand on se lance, ça devient sincère.
Comme d'habitude, j'ai fais l'aumône de mon alcool et j'ai rendu saoules les 5 personnes déjà gelées, on a écouté de la musique, on a plaisanté sur je ne sais quoi, on a parlé fort et on a rit plus fort.
Puis, un est parti. Ensuite, ç'a été la dite ex-copine, qui était trop fatiguée pour ne pas fermer ses yeux et qui est allée se coucher dans le lit du fantôme.
Alors on était trois. Les mêmes trois de l'année passée. La même atmosphère particulière d'être à la fois d'excellents amis, un cocon de comparses calant une bouteille de Jagermäster par soir et ne se quittant que rarement et pour un gros maximum d'une semaine (pour un festival)... Mais d'être aussi attirés les uns envers les autres, pôle Nord ou Sud sporadiquement, dépendamment de facteurs que je ne comprenais pas non plus. Le dit spectre m'apparaissait alors bien trop vivant...
On a continué à boire et à fumer. En calice. C'était dégueulasse. On avait de la misère à tenir debout. Moi, surtout, probablement. On m'a retenu quelques fois de ne pas tomber.
C'était à la fois fantastique et inhumain; sentir qu'il y avait encore cette tension palpable, attraction de désirs, de doutes et de songes devant être constamment réprimée dans mes mots, et mes gestes, et ses yeux, et ses souvenirs... Alors qu'une demoiselle vraisemblablement amoureuse de lui par-dessus la tête était étendue dans ses draps, à l'attendre alors qu'à trois, nous étirions les heures pour ne pas que se termine ce voyage au fond de nos mémoires. Nous étions revenus quatre saisons en arrière, sans que personne ne souffre et sans que personne ne souhaite se rematérialiser dans le réel espace-temps.
"Je me souviens que la première soirée où je vous ai rencontré, vous étiez tous à la résidence, high comme ça se pouvait pas."
"Tu étais habillée en blanc."
"La robe en dentelle?"
"Je crois, oui."
Un court silence.
"On avait fait des dessins. Il y avait des sapins dans la joue d'une madame."
"Je l'ai encore, quelque part."
"Pour vrai?"
"Oui."
"'C'est gentil."
On va retourner à mon chalet faire des hallucinogènes quand il reviendra. Je pourrais rédiger une thèse sur la symbolique de ce lieu, cette activité.
Je ne sais pas ce qui se passe. Je le veux quand même. Et, peut-être est-ce ce qui me réconcilie avec mon état mental et m'empêche de sombrer, mais j'ai l'incroyable impression que je pourrais l'avoir. Ça me lassera probablement. FAITES TAIRE L'ENNUI.
J'écoute Foals et ça ne me fait pas vraiment de peine de penser que j'y suis allée avec mon ex-copain et que c'était génial et que ça n'arrivera probablement plus jamais. Too bad so sad, goodbye dad.
Je ne me comprend absolument pas... Peut-être que c'est que je suis séquelle à fond. Mon cerveau roule dans le beurre.
Pour la première fois dans une rupture (et après... deux jours? C'est complètement incongru, ridicule!), je me dis que je n'aurais pas voulu en rester là si c'était pour demeurer aussi invivable. Cette dernière semaine a été tellement, mais alors là tellement terrible, à pleurer tous les soirs sur l'absence d'affection explicite d'une personne en qui j'ai mis tant d'espoirs de stabilité et de bonheur, qui se sont avérés vrais pour les quelques mois partagés mais néanmoins éphémères comme tout le reste... À un certain point, je me dis, "tu aurais plus souffert de te forcer le cul pour récupérer un amour qu'il a perdu à t'en couvrir trop abondamment que de te dépasser pour ne pas avoir le temps qu'il te manque." Je me sens dans un état d'esprit de carpe diem incroyablement saisissant, qui me donne envie de boire la mer et de fumer les cheminées industrielles londoniennes des années 1800. Comme l'été passé. Je m'ennuie de l'été passé.
Je m'ennuie des nuits sans nom et sans aubes, de la liberté, de la musique sur l'autoroute pour se rendre à nos résidences respectives, de mes échauffourées pluri-relationnelles... Je m'ennuie de son appartement miteux, de manger assis en indien sur son lit après avoir fumé un joint et avalé notre désir mutuel des lèvres de l'autre. Oh I could drink a case of you darling, and I would still be on my feet. Ce mot qui est toujours sur mon iPod pour que je sache quoi dire au livreur, je ne sais pas trop pourquoi je l'ai gardé: "App. 21 t'es jolie".
Peut-être que je suis simplement une sale nymphomane qui veut seulement un amant régulier. Ou peut-être pas.
Peut-être que c'est du dénis, que j'essaie simplement de me "bander les yeux et le reste", comme elle dit dans Petite Armoire à Coutellerie... Mais je me sens possédée par une telle obsession de la fascination que je lui porte, même après 6 mois de silence parfaitement couvert par les éclats des rires de cet ange qui a si bien comblé son vide, que je n'ai même pas le temps de me concentrer sur à quel point je devrais avoir de la peine.
Ne nous mentons pas non plus: j'aimerais aussi qu'il soit ici, maintenant (et non pas dans le Vieux Continent depuis moins de 24 h et jusqu'au mois suivant) parce que je sais que s'il était sous mes yeux et sous mes doigts, je n'aurais aucune chance de m'ennuyer de mon monsieur disparu, alors que là, oui, j'ai été frappée par à quel point je ne pensais pas à lui alors que je fumais des joints sur le toit de mon ancienne obsession, mais je sais que la réalité aura bien le temps de me rattraper entre le temps où il part et l'autre revient.
C'est tellement malsain.
...
Mesdames et messieurs, voilà donc la clé du deuil relationnel: s'étourdir dans le désir irrépressible des Autres.

mardi 2 juillet 2013

Ever fallen in love with somebody you shouldn't


Ben ça a pas marché, je pleure quand même à tous les trois-quatre heures.

Génétique en bandoulière, des chromosomes dans l'atmosphère, des taxis pour les galaxies et mon tapis volant... Le vent les portera


Petit guide pour une rupture plus fastoche (mais non sans heurts; on ne peut pas ne pas avoir d'hématomes lorsqu'on percute un mur relationnel, c'est certain.):


[...] Alors je me suis demandé: mais qu'est-ce qui est le plus difficile, dans une rupture?
D'abord, tout est un trépas après ce morcellement d'union sentimentale. Un trépas sec, auquel vous n'avez pas eu le temps de vous habituer, une mort subite et bête et tellement inattendue qu'elle vous assomme d'une injustice fictive. Toutes ces caractéristiques visuelles qui le définissaient seront coupées à jamais de vos rétines par un lourd rideau de velours noir; c'est votre dernière chance de regarder ce grain de beauté dans son cou, de détailler ces nuances qui créent la toile pointilliste de ses yeux, de remarquer l'éraflure sur ses jointures dont vous connaissez la provenance. Après, tout ça sera parti. Mort. À jamais. Paf. Enterré dans la terre meuble de vos mémoires, et lentement troué par le temps et la nécessité du deuil; on se souviendra bien de l'épitaphe, mais pas de la consistance de ses sourires ou de la douceur apaisante de ses moments d'égarement.
Et alors la beauté de cette unicité devient tristesse, puis désespoir, car bientôt elle sera fanée et demain il ne restera de ces bouquets de singularité que des feuilles sèches craquant sous les pas comme les éclats éparpillés de votre coeur brisé.
Ensuite, l'absence de contact physique, lui aussi guillotiné trop vite pour avoir le temps de crier "Marie-Antoinette": après vous être assoupie contre sa poitrine, bercée par la douce mélodie d'un coeur qui pompait votre nom, après avoir apprivoisé les dénivelés musculeux de son ventre pratiquement devenus vôtres vu les fois où vous les avez tâtés de vos doigts frémissants de désir, après qu'il ait lui-même exploré votre corps jusqu'à connaître la fréquence de résonance de votre plaisir, vous n'y avez plus droit, parce que ça ne sert plus à rien. Il n'y a que la silhouette frêle de votre attachement pour combler le besoin de réconfort organique de ce sevrage forcé. Et même lorsque encore devant lui, comme sur vos joues se brodent des diadèmes de pleurs et qu'il vous étreint d'une embrassade désolée, vous attendez que la chaleur de son corps contre le vôtre se dissipe doucement jusqu'à serrer dans vos bras le cadavre inerte et froid de son attachement criblé de vide circonstanciel.
C'est invivable. C'est tout simplement invivable.
Mesdames et messieurs, je propose donc: la méthode de rupture Benjamin Button. C'est simple: on fait mourir la relation comme elle est née. On s'efface de la vie de l'autre graduellement, de façon de plus en plus légère et de moins en moins conséquente.
On espace de plus en plus les moments où on se voit, on essaie de moins se parler au téléphone et de s'envoyer des courriels, de moins partager de temps de notre existence ensemble. À petits pas, on redéfinit notre quotidien au singulier, comme une fermeture éclaire dont les petites étreintes de métal sont dissociées l'une de l'autre une à une. On remplit les trous avec d'autres gens, on fait des trucs qu'on n'a pas eut le temps de faire quand on priorisait les yeux de l'autre
Quand on est prêts, après s'être concertés pour être à la même page de notre manga relationnel (parce qu'il se lit à l'envers), à une de nos rencontres post-rupture métaphoriquement pré-relation, on bannit les mots "je t'aime". On n'aime plus. On apprécie, c'est tout, on passe un bon moment en la compagnie de notre ancienne moitié sans essayer de multiplier ces rencontres, on les laisse s'étioler au fil du temps (sans faire des mailles).
Et à la fin de la dernière rencontre, on va prendre une bière ou une bouchée quelque part, on s'amuse bien à parler de trucs qu'on aime mais qui n'ont aucun rapport avec nous ou notre passé. Simplement pour le plaisir de partager, de façon décontractée, simplement pour sortir, pour faire quelque chose de notre soirée. Bien sur, notre coeur sera un peu lourd, une petite éponge gonflée des larmes qu'on aurait pu pleurer si on s'était subitement arrachés l'un de l'autre; on en verse peut-être une à la fin, ou deux, mais sans plus. On s'étreint, on s'embrasse au gros maximum sur la joue, à la commissure des lèvres, pour faire un clin d’œil à ce qu'on a été et ce qu'on a graduellement réécrit, on sourit de manière douce-amère en pensant à ce qu'on ne sera plus jamais. On dit quelque chose comme: "J'ai passé une belle soirée, c'était chouette." Et on entre dans notre taxi et on s'en va, pour de bon.