dimanche 2 juin 2013

Please don’t go please don’t go I love you so I love you so










Please don’t go please don’t go I love you so I love you so

Please don’t go I love you so I love you so

Please break my heart

Please don’t go please don’t go I love you so I love you so

Please don’t go I love you so I love you so

Please break my heart

Please don't go, I'll eat you whole

I love you so, I love you so I love you so I love you so






Et bien je suis rendue à cette phase relationnelle: la paranoïa amoureuse.
Aimer tellement chaque petite peau morte d'un être qu'on ne peut concevoir qu'on le mériterait à sa juste valeur, parce que comment pourrait-on être à la hauteur de tant de perfection? Tu ne me mérites pas, mais moi je te mérite, et là est l'injustice des cœurs brisés.
Je vais faire mon discours kitsch qui énumère les petits détails magnifiques qui ponctuent la personnalité de quelqu'un ICI - discours que je fais sur mon blog chaque fois que je suis amoureuse, j'en suis consciente -, alors si vous en avez marre, vous pouvez passer aux prochains paragraphes (ça se répète un peu, j'imagine, à la longue): tu prends tout le temps ton vélo pour te déplacer et tu ne veux pas d'auto plus tard. Tu embrasses bien et tu acceptes de faire le pingouin, mes pieds sur les tiens. Tu imites bien les vélociraptors. Tu écoutais Le monde magique du Père Noël quand tu étais petit. Tu rigoles bien avec ma famille, ce qui est rare, car habituellement, on a plus l'air d'une bande de malades mentaux que d'une belle famille accueillante. Tu fais bien l'amour et tu as le soucis du corps comme il est, ce que j'admire et qui me soulage. Tu as des p'tits yeux de fatigué quand tu n'as pas beaucoup dormi. Tes amis sont tous des spécimens intrigants, qui m'apparaissent fort sympathiques, toutefois. Tu joues de la bass de façon amateur (tu n'es probablement pas très bon, mais je trouve ça mignon quand même). Tu es charmant, avec tes freckles et tes cheveux noirs aux reflets roux (si tu le dis, si tu le dis). Tu ne prends pas mal mes plaisanteries, qui sont la manifestation directe de mon affection pour tous. Tu as une cicatrice qui traverse ton sourcil parce que quand tu étais petit tu étais un petit singe et tu aimais le vert parce que le rhinocéros mange de l'herbe, ce qui est adorable. Tu aimes de l'excellente musique de hipster (qui me change des rythmes électroniques des autres), l'architecture (symbole freudien de la masculinité, à cause de mon papa, probablement) et l'histoire de l'art, du peu que tu en sais.
Et moi je t'aime.
C'tu pas beau, ça? Un gros ciel bleu bien gras.
Mais avec des nuages à l'horizon. Pis ils sont gros en criss et j'ai peur des orages.
Parce que j'écoute la si bonne musique que tu m'as montré, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'elle me fera pleurer comme une petite madeleine (que tu aimes tant!) lorsqu'on se laissera. Je te fais l'amour, mais je ne parviens par la suite qu'à détester mon corps, à me sentir comme une vulgaire marionnette désarticulée et désarmée devant les étincelles qui ornent chaque de tes gestes, qui éveillent les sismographes de mon corps quand je me demande comment je ferais bander un puceau de 50 ans qui n'a jamais vu de femme en soutifs. Tu ne dis rien de mal, et pourtant j'ai l'impression de voir ton affection descendre à la vitesse grand V chaque fois que l'on dors ensemble. Tu me dis de ne pas te répondre "moi plus" quand tu me chuchotes que tu m'aimes, et je me tape sur la tête de gâcher cet attachement si parfait de mes intempéries émotionnelles.
Faut que j'arrête là, je m'auto-crinque à en gerber de stress.
J'ai peur de faire des prophéties auto réalisatrices avec ces angoisses ancrées dans mon être.
Ce pourrait être cela, le propos des Attentats sentimentaux: comment on fait sauter les bombes de nos songes alors qu'on vient à peine de pénétrer le palais d'or et de nacre d'une tendresse bienfaisante, comment on arrache la goupille de cette grenade qu'est notre coeur afin de pouvoir tenir entre nos doigts le portrait de notre bonheur quand on l'embrasse. Boom.
Peut-être que c'est parce que j'ai essayé de vérifier si mes médicaments servaient à quelque chose... Peut-être que c'était pas une bonne idée, tsé.
Comme avec S. il y a deux ans, il va bien falloir que je trouve un moyen de te dire que je suis cinglée, mon amour.

1 commentaire:

  1. il n'y a qu'une rançon à l'amour et c'est le prix de l'âme, celui de notre raison. Peut-être qu'il y aura un faux-contact au détonateur de la bombe de ces coeurs assouvis à l'émotion, peut-être que l'explosion sera belle dans le sommeil de sa non-réalisation. Advienne que. Les fleurs sont à l'aube de nos larmes vagabondes.

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