jeudi 27 juin 2013

Miranda - Marc Romboy & Stephan Bodzin



Festivités estivales.
Je ne suis rien d'autre que les éclats stroboscopiques d'images brisées, rythmes disjonctés de perles de sueur tressautant dans leur descente hachée par les flashs des boites.
Paternel, arrêtez donc de me tenter avec ces idées de lofts dans le Vieux Montréal, ce n'est pas sérieux, à la fin... Mais oh que j'aimerais! À 15 minutes de l'Université, 10 du Velvet, même pas 5 du bord de l'eau... Pourrais-je mourir?
Je ne sais plus écrire. Bonyeu d'bonsoir.
Des fois je me pars sur des trips semblables de faire de ma vie un conte de fée à la Beigbeder.
Je vous raconterai tout ça quand je serai capable d'aligner plus de deux mots.

jeudi 13 juin 2013

The XX



J'ai eu envie de pleurer toute la journée.
Je pense à ce que je suis et je me fais pitié. En l'espace de trois semaines, je suis devenue cette fille que j'abhorrais tellement il y a trois ans: celle qui boit avec modération ou ne sors tout simplement pas parce qu'elle travaille le lendemain à un travail probablement steady, qui est en couple avec un copain charmant, mais a quand même quelques problèmes relationnels traditionnels, qui étudie correctement, pas de façon zélée ni trop relâchée, juste correcte, tsé, cette fille là, calice.
Sauf que moi, parfois je rentre chez moi et je craque right open. Je sens venir la crise, je la sens monter graduellement en moi et alors j'aimerais l'éviter de tous les moyens possibles mais elle me rattrape et m'empoigne de ses serres acérés et je commence à paniquer et à pleurer et à vouloir avaler des lames de rasoir.
J'ai l'impression de porter la peau de quelqu'un d'autre... Et au cas où vous vous demandiez, c'est serré, la peau de quelqu'un d'autre. J'étouffe là-dedans. C'est comme si je retenais mon souffle depuis tous ces jours: les premières minutes, ton corps continue à se nourrir de l'oxygène emmagasiné, mais plus le temps passe, et plus chaque fibre de ton être se noie dans son vide.
J'aimerais pouvoir me déshabiller de cette enveloppe de chair qui commence à travestir mes neurones, j'aimerais être sur le bord d'un quai à un chalet entouré de pins noirs, caler mon verre de vodka on the rocks et courir nue pour me jeter dans une rivière glacée. Me griser encore et encore et encore de cette atmosphère de jeunesse sans lendemain et sans en avoir rien à foutre qui imprègne chaque pore de ma peau quand je me perd, cette image que Lana Del Rey renvoie dans chacune de ses chansons, ce - Ah et puis putain, je n'en sais rien, je ne suis pas capable d'écrire un calice de mots ces temps-ci sans m'empêtrer dans 14 autres et je ne sais plus créer et j'ai oublié de nouveau comment être heureuse dans tout ce foutu bordel de merde!
Vous aviez oublié que je suis bipolaire? (Oh, peut-être pas. Les diagnostiques sont de la marde. Je sais plus quoi faire).
Je suis cette fille dans la nouvelle Les Bonnes Filles Plantent des Fleurs au Printemps.


En fait, je ne sais pas ce que je veux. Je n'en sais crissement, mais alors là CRISSEMENT rien.


Alors allez vous faire foutre, je ne vaux rien, rien à regarder, rien à entendre, rien à lire, rien à foutre.

mardi 11 juin 2013

Cap Diamant



Mon paternel m'a lancé quelque chose comme: "Je l'aime plus que P., ton copain. Il s'occupe mieux de toi. L'autre, une fois il était gentil et l'autre fois il avait l'air complètement mélangé."
J'ai dis oui. Et que c'était pour le mieux parce que j'étais plus heureuse avec un garçon tranquille, avec qui je peux écouter des téléséries stupides, décider de ne pas faire l'amour une nuit, juste être avec lui, gaga dans les règles de l'art.
En même temps, je sais être en lune de miel, et j'ai atrocement peur de ce qui s'en vient. De la routine de laquelle on se fatigue, de ces 5 semaines qu'il passera à l'autre bout du monde et où il aura le temps de s'apercevoir que je ne lui manque pas. Je ne sais pas. J'essaie de ne pas y penser.
Peut-être que j'ai fais un premier pas sur le Yellow Brick Road. Ça fait peur en criss... Un peu comme quand tu commences à monter la côte dans des montagnes russes et que ça fait clique clique clique et que tu es terrorisée, tu regrettes d'être montée et de t'être attelée, mais maintenant tu es engagée dans le parcours et tu sais que tu vas vivre quelque chose de foudroyant, d'une intensité étourdissante.

jeudi 6 juin 2013

Lick the Palm of your Destroyer



Oui, tu me manques. La plupart du temps, je réussis à ne pas y pensers. J'oublies en quelque sorte la place immense que tu as occupé dans mes pensées et, à plus large échelle, dans ma vie, et j'arrive à avancer, à embrasser mon amoureux sans avoir l'ombre de ton fantôme qui m'enlace par derrière. Même quand j'y pense, à vrai dire, je sais que je suis mieux avec lui que je n'aurais jamais été avec toi.
Je me suis imaginée comment je réagirais si tu mourrais d'une overdose ce soir, ou demain, ou même dans un an.
Je crois que je calcinerais un paquet de top complet devant le salon funéraire en les tachant de rouge à lèvres grenat, cachée derrière des lunettes de soleil rondes gigantesques, sans adresser la parole à une seule personne, malgré quelques personnes qui essaieraient de venir me réconforter, ou peut-être de se consoler elles-mêmes en faisant semblant de me serrer dans leurs bras. Je leur dirais probablement de dégager, de me laisser seule. Sans émotion dans la voix, sauf peut-être une micro pointe de colère - je convertis toujours ma souffrance en haine lorsqu'elle est trop intense pour être supportable. J'aurais envie de cracher sur chacune des fillettes qui viendrait en sacrant s'ennuyer de toi devant cette enveloppe froide trop bien habillée pour ton budget habituel. Je me retiendrais de le faire en continuant de fumer.
Il y aurait tellement de monde, tu ne pourrais même pas t'imaginer à quel point faire un deuil de toi serait un événement montréalais complet. Des visages jeunes et moins jeunes, mangés par l'alcool et la drogue ou l'ambition ou l'envie de colmater les âmes cassées. Peut-être que quelqu'un s'amuserait à  compter le nombre de filles avec qui tu as couché dans tout le lot.
L. pleurerait comme un mioche sans vouloir s'approcher de ton cercueil, il parlerait trop, babillerait n'importe quoi pour ne pas entendre le silence, de cette manière si caractéristique et mignonne de méchant garçon qui faisait des graffitis à 12 ans. Il reniflerait, mouchant son nez d'ange aux arêtes pointues, lâcherait un truc comme "mais c'pas que j'suis triste, j'sais pas calice, c'est juste que tsé..." et il recommencerait à pleurer. Ou peut-être est-ce mon imagination littéraire qui prend le dessus. Peut-être qu'il pleurerait en acceptant très allègrement sa douleur.
S. bougerait tout le temps. Je ne sais pas s'il serait vraiment affecté par ton départ, mais il aurait de la difficulté à interagir avec le fait que les autres le seraient.
P., en tout cas, il ne saurait pas quoi faire. Il braillerait et il aurait besoin qu'on l'étreigne à lui en casser des côtes tout en nous gueulant après d'arrêter, de ne pas le toucher, il ne serait pas capable d'aligner trois mots sans dire quatre sacres, il voudrait tout briser autour de lui et peut-être le ferait-il, renverser des chaises, fendre les bouteilles de vin, chier sur le bois de ta boîte funèbre. Il ne parviendrait pas à franchir les portes sans être intoxiqué à l'os et ne saurait être laissé seul avec sa douleur.
X., je n'en ai aucune idée. Il serait calme la plupart du temps, balancé, à l'habitude, mais il se fâcherait peut-être contre P. après une heure ou deux d'hécatombes émotionnelles garrochées partout.
D. filmerait, comme toujours. Il réussirait à faire quelque chose de magnifique avec ses footages, comme toujours.
G. serait serein. Sereinement triste. "Sacré U." Il écrirait quelque chose de beau, ce soir là, j'imagine, à la lueur d'une chandelle. Il apprendrait quelque chose de la vie grâce à ta mort.
Je verrais enfin tes parents, et je les jugerais de derrière mes écrans opaques, je les détesterais de t'avoir renvoyé ici, seul, sans assistance aucune pour t'apprendre à vivre comme du monde, sans guide pour ne pas que tu te tranches les poignets de nouveau. Ils se sont débarrassés de ta douleur. Je crois que je les déteste un peu pour cela, sans même les connaitre et sans plus te connaitre toi non plus.
Et moi je fumerais en regardant les gens défiler, et à la fin, j'irais t'embrasser sur le front et m'en irait sans encore avoir dit un mot.
Peut-être que moi aussi, j'écrirais un livre entier sur ce que tu m'as fais vivre en douze maigres petits mois. Je l'appellerais "Tout ce que Je n'Ai Pas eu le Temps de te Dire".
J'aurais tellement mal, tu n'as même pas idée.
Mais tu n'es pas mort, et ne mourra surement pas ce soir non plus.
En un sens, je ne sais pas si c'est mieux.


Apprenez à apprendre humez l'odeur de la pluie en été faites du vélo jusqu'à avoir mal aux orteils prenez des photos hideuses de tout et n'importe quoi même des gouttières rouillées chantez sous la douche coupez vous les cheveux vous-mêmes donnez vingt dollars à un mendiant partez en voyage sur un coup de tête travaillez effrontément jusqu'à avoir assez d'argent pour le dépenser sur des niaiseries trouvez l'amour d'un jour pas de votre vie c'est trop facile achetez du vin à 6 h du matin faites une pipe dans une ruelle même si vous êtes un homme dites non à votre patron marchez nu pieds dans le métro habillez vous avec les vieilles fringues de votre mère faites une visite surprise chez quelqu'un qui n'est même pas votre ami lâchez facebook pour une semaine faites l'amour même si vous vous détestez redevenez un enfant en peinturant à la gouache volez des clopes et fumez les toutes en une nuit inventez vous une vie et pleurez en la racontant à un étranger changez la couleur de vos cheveux la routine le monde dites adieu versez une larme


et recommencez.

Ne me laisse plus ici, ne me laisse plus cette fois même si je ne suis rien pour toi, même si je ne suis rien pour toi...



J'ai rêvé que je trouvais le manuscrit d'un livre pour enfant Folio Junior (avec le résumé en gras et tout le kit!) que j'avais apparemment lu dans ma jeunesse au fond d'une vieille boite de Rice Crispies. Il racontait l'histoire d'une petite compagnie d'enfants pauvres comme la galle qui vivaient dans les ruelles sales londoniennes et qui tombaient une nuit, par hasard, sur un homme inusité habillé de longs manteaux de tweed usé, aux gigantesques et rocambolesques chapeaux haute-forme et aux talons qui faisaient clac clac sur les pavés. Il devenait le chef de leur petite compagnie et à tous les soirs, il les faisait accéder à d'autres mondes tous plus étranges les uns que les autres; une fois il avait une couronne faite d'un nid d'oiseau. Il y avait de magnifiques aquarelles étranges, longilignes, du style des illustrations initiales de Through the Looking Glass, de grands lavis de lumières ocres et grises et terreuses et rouges comme le sable des Îles de la Madeleine, et le texte se finissait sur cette phrase précise (je vous jure que je l'ai écrite dès que j'ai ouvert l'oeil tellement elle était précise dans ma tête):
And in a few rabbit hops, he flew over the river bed and soon disappeared, reaching the stars where he'd lay a careful and wise eye on their small lives growing like mushrooms in a flourishing emerald glade.
En me réveillant, j'avais l'impression d'être Lewis Carroll.
Je me suis dis que je l'écrirais et l'illustrerais un jour pour les enfants de mes sœurs.

dimanche 2 juin 2013

Please don’t go please don’t go I love you so I love you so










Please don’t go please don’t go I love you so I love you so

Please don’t go I love you so I love you so

Please break my heart

Please don’t go please don’t go I love you so I love you so

Please don’t go I love you so I love you so

Please break my heart

Please don't go, I'll eat you whole

I love you so, I love you so I love you so I love you so






Et bien je suis rendue à cette phase relationnelle: la paranoïa amoureuse.
Aimer tellement chaque petite peau morte d'un être qu'on ne peut concevoir qu'on le mériterait à sa juste valeur, parce que comment pourrait-on être à la hauteur de tant de perfection? Tu ne me mérites pas, mais moi je te mérite, et là est l'injustice des cœurs brisés.
Je vais faire mon discours kitsch qui énumère les petits détails magnifiques qui ponctuent la personnalité de quelqu'un ICI - discours que je fais sur mon blog chaque fois que je suis amoureuse, j'en suis consciente -, alors si vous en avez marre, vous pouvez passer aux prochains paragraphes (ça se répète un peu, j'imagine, à la longue): tu prends tout le temps ton vélo pour te déplacer et tu ne veux pas d'auto plus tard. Tu embrasses bien et tu acceptes de faire le pingouin, mes pieds sur les tiens. Tu imites bien les vélociraptors. Tu écoutais Le monde magique du Père Noël quand tu étais petit. Tu rigoles bien avec ma famille, ce qui est rare, car habituellement, on a plus l'air d'une bande de malades mentaux que d'une belle famille accueillante. Tu fais bien l'amour et tu as le soucis du corps comme il est, ce que j'admire et qui me soulage. Tu as des p'tits yeux de fatigué quand tu n'as pas beaucoup dormi. Tes amis sont tous des spécimens intrigants, qui m'apparaissent fort sympathiques, toutefois. Tu joues de la bass de façon amateur (tu n'es probablement pas très bon, mais je trouve ça mignon quand même). Tu es charmant, avec tes freckles et tes cheveux noirs aux reflets roux (si tu le dis, si tu le dis). Tu ne prends pas mal mes plaisanteries, qui sont la manifestation directe de mon affection pour tous. Tu as une cicatrice qui traverse ton sourcil parce que quand tu étais petit tu étais un petit singe et tu aimais le vert parce que le rhinocéros mange de l'herbe, ce qui est adorable. Tu aimes de l'excellente musique de hipster (qui me change des rythmes électroniques des autres), l'architecture (symbole freudien de la masculinité, à cause de mon papa, probablement) et l'histoire de l'art, du peu que tu en sais.
Et moi je t'aime.
C'tu pas beau, ça? Un gros ciel bleu bien gras.
Mais avec des nuages à l'horizon. Pis ils sont gros en criss et j'ai peur des orages.
Parce que j'écoute la si bonne musique que tu m'as montré, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'elle me fera pleurer comme une petite madeleine (que tu aimes tant!) lorsqu'on se laissera. Je te fais l'amour, mais je ne parviens par la suite qu'à détester mon corps, à me sentir comme une vulgaire marionnette désarticulée et désarmée devant les étincelles qui ornent chaque de tes gestes, qui éveillent les sismographes de mon corps quand je me demande comment je ferais bander un puceau de 50 ans qui n'a jamais vu de femme en soutifs. Tu ne dis rien de mal, et pourtant j'ai l'impression de voir ton affection descendre à la vitesse grand V chaque fois que l'on dors ensemble. Tu me dis de ne pas te répondre "moi plus" quand tu me chuchotes que tu m'aimes, et je me tape sur la tête de gâcher cet attachement si parfait de mes intempéries émotionnelles.
Faut que j'arrête là, je m'auto-crinque à en gerber de stress.
J'ai peur de faire des prophéties auto réalisatrices avec ces angoisses ancrées dans mon être.
Ce pourrait être cela, le propos des Attentats sentimentaux: comment on fait sauter les bombes de nos songes alors qu'on vient à peine de pénétrer le palais d'or et de nacre d'une tendresse bienfaisante, comment on arrache la goupille de cette grenade qu'est notre coeur afin de pouvoir tenir entre nos doigts le portrait de notre bonheur quand on l'embrasse. Boom.
Peut-être que c'est parce que j'ai essayé de vérifier si mes médicaments servaient à quelque chose... Peut-être que c'était pas une bonne idée, tsé.
Comme avec S. il y a deux ans, il va bien falloir que je trouve un moyen de te dire que je suis cinglée, mon amour.