mardi 30 avril 2013

Late Night, Foals.


Fragment de pièce endeuillé pour essayer de faire passer les morceaux de kalachnikov de la guerre civile dans mon crâne sans trop trancher les parois de ma gorge.


LA FILLE À LA ROBE COULEUR PÊCHE
Je t'ai aimé parce que tu étais authentique. Authentique. Tu comprends, ça? Parce que la rosée de tes larmes se déposait à l'orée de tes cils quand le bassin à ras-le-bord de tes émotions débordait d'une goutte de vin de trop versé dans ton goulot, parce que tes éclats de rire avaient l'air de ceux d'un mioche un peu gêné de se faire complimenter, parce que tu touchais du bout de tes doigts frémissants un corps qui n'avait rien pour mériter l'admiration que tu semblais y porter, parce que tu n'avais aucune conscience de la sensualité du tien ou de la beauté de leur union. Je crois.
Elle se mord l'index, l'air soucieuse, presque apeurée. Elle soupire, ferme les yeux. Une larme coule jusque dans son cou. Elle regarde dans le vague, derrière son épaule.
J'ai peut-être mérité de te perdre. Peut-être bien. Elle renifle, puis rit, douce-amère. Beaucoup, en fait.
Elle redevient sérieuse. Je pourrais accepter que tu me détestes, sans problème. Ça, je le mériterais amplement. Mais je ne peux pas prendre tout simplement que tu te fiches carrément de moi. Parce que ça sous-entend que tu t'es toujours fichu de moi, tu vois? Et que tout l'amour que je t'ai porté, ou que je te porte, je ne sais pas, que tout l'amour que tu représentais et que je me tapais sur les doigts d'avoir dilapidé sans considération, était basé sur des fondations de sel grugées en l'espace de quelques semaines par les marées sporadiques de tes besoins d'affection.
Il reste coi, les yeux baissés à ses mains jointes comme elle le dévisage.
Tu ne m'as jamais aimé, je le vois à la façon dont tu évites mon regard, à la façon dont tu préférerais ne jamais avoir eu cette conversation. J'aimerais qu'elle te fasse pleurer, mais elle ne fait que t'agacer. Il regarde ailleurs. Tu vois, je m'efface déjà quand tu détournes les yeux. Je m'efface déjà quand ma souffrance ne t'oblige pas à endurer mes tirades.
Il lève les yeux vers elle. Ils se fixent un moment. J'aimerais juste que tu aies le courage de me dire que je ne suis rien, que je n'ai jamais été rien pour toi. S'il-te-plait. Juste pour que je puisse te pleurer en toute légitimité, et ensuite t'oublier moi aussi.

Un moment.

LE GARÇON À LA VIEILLE CHEMISE BLEUE
Je sais pas quoi te dire.

Un moment. Elle soupire.

LA FILLE À LA ROBE COULEUR PÊCHE
Alors dis rien, j'imagine.

Elle se détourne lentement, à contre-coeur. 

LE GARÇON À LA VIEILLE CHEMISE BLEUE
Attend. Il la retient, attrapant sa main du bout des doigts, puis la lâchant mollement. Un long silence. Ne pars pas tout de suite.

LA FILLE À LA ROBE COULEUR PÊCHE
Je suis là.

Un long, long moment. Ils baissent les épaules, tous les deux las, abandonnant. Une larme coule sur la joue du garçon, cette fois.

LE GARÇON À LA VIEILLE CHEMISE BLEUE
Je suis désolé...

LA FILLE À LA ROBE COULEUR PÊCHE
Désolé de quoi?

LE GARÇON À LA VIEILLE CHEMISE BLEUE
Désolé de ne pas être capable de te dire que je t'aime maintenant que toi tu m'aimes aussi.

Ils s'étreignent doucement, puis se séparent à demi pour pouvoir se perdre dans le regard de l'autre.

LA FILLE À LA ROBE COULEUR PÊCHE
Elle lui caresse doucement la joue et ravale un sanglot, le regardant dans les yeux. Je sais, au fond.

Elle se détourne et quitte la scène.

lundi 29 avril 2013

Inhaler.




Je dois pourtant avoir une belle vie, objectivement...Le collège privé mignon et les notes supérieures à la moyenne, les fringues de marque et de friperie pour me donner une certaine authenticité, les beaux amis qui boivent trop, les sorties jusqu'à l'aube et la sangria sur les terrasses en après-midi lorsqu'il fait trop chaud pour que les badauds serrent leurs chiens contre eux, sur Saint-Denis... Le mec juste assez imparfait et banal pour être parfait, justement...
Il est... Adorable. Plus qu'adorable. Il m'appelle à 4h du matin quand il est saoul parce qu'il a envie de me parler, de tout et de rien, juste pour jacasser dans les vapes de son ivresse, juste parce que c'est sa fête et que je n'ai pas pu rester à Montréal pour le célébrer et qu'il s'ennuie et que le weekend prochain lui non plus n'est pas ici alors on ne se verra pas. Juste pour ça.
Les appels à 4 h du matin desquels on ne se souviendra plus: mon genre de romantisme.
Mais je n'ai pas envie de tomber amoureuse... Pas maintenant, je vous en supplie, j'ai déjà assez de difficulté avec moi-même... Je ne saurais pas comment lui expliquer que je suis cinglée, on ne se connait pas encore assez, je ne lui ai pas encore braillé dans les bras et il ne m'a pas vu avec le visage plein de mascara...
Je me rend compte que je souris quand je prend un de ses messages et ça me terrorise. Je vois qu'il va à la fête de mon fantôme aux jeux de tic tac toe de nacre contre les bras et j'ai envie de pleurer. Je ne suis pas faite pour ressentir. C'est trop gigantesque pour moi, une émotion; ça m'engloutit comme les vagues en haute mer sur les navires qui pêchent le crabe des neiges, et j'étouffe en voyant la surface dans un vitrail de lumière et d'eau glacée s'infiltrant dans mes poumons.
Tout m'enrage. Mon affection pour lui. Mes mémoires de l'autre qui perdent graduellement de leur lustre pour ne laisser que ces poussiéreuses larmes à peine remémorables dans un coin de la chambre froide de mes souvenirs. Mon ambition et mon assiduité vides d'intelligence. La douceur des cheveux de Philippe. Mon absence de travail. L'appartement que nous n'aurons surement pas, au lieu le plus parfait que je n'aurais pas pu rêver... Oh, ce foutu appartement qui représente tellement d'espérances à jeter aux poubelles! Bon débarras.
(Ben oui, ben oui, je le sais, c'est d'ma faute si j'ai pas c'que j'veux, à abandonner d'même, on a pas grand chose huh? Ben j't'une conne, qu'est-ce que tu veux qu'j'te dise. Y'avait un vers dans la pomme d'Ève.)
Je ne m'étais pas sentie aussi mal depuis au moins 2 mois. Chapeau, le cerveau, chapeau! Tu te dépasses dans ta grève de dopamine! À moins que ce ne soit que mon inaptitude à même essayer d'être heureuse.
Hier, c'était insoutenable. Littéralement. J'ai pleuré pendant au moins 2 heures en me mordant les doigts sporadiquement pour ne pas vomir ce cri qui est coincé dans ma gorge perpétuellement, plainte sauvage de haine envers tout ce qui est beau parce qu'il me donne une raison d'exister, d'essayer de passer par-dessus tout ce merdier qui fermente dans ma tête. Je me suis tailladée les bras et les cuisses à rentrer mes ongles dans leur peau lisse pour rayer la surface de quelque chose supposé être une vitrine à bon sens.
Si ça n'avait été de ces petites demi-lunes sanglantes dans ma chaire blême, je n'aurais jamais pu savoir que je m'étais fais mal. Je ne ressentais rien physiquement, absolument rien, comme si mes mains crispées tentaient d'avoir emprise sur des membres de beurre, comme si mon cerveau n'était aucunement relié à cette enveloppe flasque et maigre et laide et pourtant pas assez ignoble pour se faire manger par les autres... Rien, rien qui puisse faire compétition au carnage de mes neurones à feu et à sang. Un véritable génocide dans ma tête, un génocide sale, au maillet, à la machette, qui ne tuera pas tous mes songes comme je le voudrais mais qui laissera une fois de plus nombre de mes référents mentaux handicapés de quelques morceaux essentiels pour se tenir debout.
Soupir exténué, hors de lui. J'en ai assez...
J'ai envie de hurler, de m'arracher la peau comme je réussis à m'arracher le coeur encore et encore et encore, je ne veux plus aimer, je ne veux plus espérer, c'est assez, c'est assez, j'ai déjà assez souffert de voir les bosquets de mes espérances à peine fleuries déracinées, je suis fatiguée de toujours avoir à rebâtir ma vie sur des bonheurs potentiels qui n'existent pas, c'est assez, c'est assez, tuez-moi, je vous en supplie.

dimanche 21 avril 2013

He takes off her dress, now, letting me go...


Phrase pour résumer mon année: Puisqu'on se lasse de tout, pourquoi nous entrelaçons nous?
Bertrand, Bertrand, j'aurais été honorée que ce soit moi que tu assassines, avec pareils bouquets de mots.


Je ne me sens rattachée à strictement rien, je me sens vide, vide de toute parole, vide comme un coquillage, vide comme ton coeur qui ne veut plus de moi.
Comme si, soudainement, le monde avait perdu sa gravité, et moi ma célérité. Je ne suis qu'une molécule qui vogue dans le néant de son absence de sens, un point dans une toile expressionniste, rien sans les autres, tout avec la couleur de mes envies.
Je me demande à quoi ressemblera mon été, à ce rythme là. Je ne sais pas si j'espère que tu déguerpiras ou non, au plus vite, vas les voir tes rescapés d'Hiroshima, d'où ça sort cette idée là de toute façon, t'es un petit connard et je m'en fiche tu fourres des fillettes fais-toi encore accuser à ce compte là tabarnack que je te déteste de m'avoir fait aimer si fort pour si peu.
Tu te remplis des autres pour te sentir moins creux, quand au fond, jamais tu n'es vraiment imprégné de leur présence: n'importe quelle âme comblerait bien les trous. C'est pour ça que dès qu'un des fantômes te quitte ou que tu t'en lasses, tu as tout de suite besoin de quelqu'un d'autre. Des visages, des figures, des figurants à effacer, des faces A, des faces B. Mais tu es criblé des balles de tes émotions, passées et présentes, des cicatrices des cigarettes éteintes sur ta peau, tant, que ce n'est pas étonnant que tes larmes coulent parfois de partout. Plein de fuite dans ton corps et ton coeur. J'aurais aimé essayer de te colmater à la place de toujours verser plus de sentiments dans la carafe fêlée que constitue ce récipient inutile qu'est ta bouche. Tu buvais les quelques compliments que je lançais parfois, sans essayer de comprendre leur source, sans voir que je les lisais contre ton corps aux stigmates d'argent.
Je ne peux aimer que des petits garçons brisés qui faisaient fumer les grenouilles. "Ça va mal!" Mignon.
Je ne suis plus capable d'écrire. Un coureur après le marathon de Boston.
Peut-être ne veut-on que ce qu'on n'a pas. J'ai une poignée de garçons magnifiques, un tout particulièrement, adorable, simple, facile comme j'avais appris à aimer il y a quelques années... Il reste quelques mois avant qu'il ne parte en Chine, quelques mois pour que je m'attache à lui comme le marin s’attelle à l'ancre nécessaire pour ne pas sombrer, comme l'écrivain se tache de l'encre nécessaire pour écrire ses maux éreintés... Mais je ne t'ai pas toi. Je n'ai rien de toi. Je n'ai même pas la vision oculaire de toi, même pas l'excuse de te voir pour me faire mal à ce que tu me manques. Alors je chiale ici.
Faire l'amour sur Inhaler: so can you not go away, just for one day? Juste une nuit. Au complet, par contre. On ne gaspille pas, les amis, chaque minute compte.
Je raconte des niaiseries sales.
J'ai des pensées gribouillées, toutes pleines de la suie de ces songes que j'essaie de faire flamber. Mais j'essaie d'aller chercher les meubles dans l'incendie après ça. C'est fucked.
CONTINUES DE FOURRER TES FILLETTES DE 2 ANS.
Mais nous oublions l'essentiel, chers camarades: Quels sont les facteurs ayant influencés le renouveau du nationalisme des années 70 en Écosse?
J'AI TELLEMENT HÂTE DE FINIR MA FOUTUE SESSION DE MERDE.
Vous savez, je suis bipolaire. Ceci explique cela.

dimanche 7 avril 2013

Shoulders, toes and knees; I'm thirty six degrees



But you'll learn to love again, right?
ESTI DE TABARNACK QUE TU ME MANQUES.
ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE, LE MONDE.
Sérieusement.

samedi 6 avril 2013

Find a cure, find a cure for my life, find a cure, find a cure for my life...

                         Je me gâte les gifs.

Débauche sur petites pattes ne tenant pas sur des talons hauts. Les enceintes fenêtrées de ces grattes-ciels de jambes sont remplies d'alcool. Elles ne savent plus ne pas s'écrouler. 9/11. Je suis un génocide de bonnes intentions noyé dans ses intempéries avalées goulûment. J'ai de jolis mots qui ne veulent rien dire, mais on les lit parce que je sais les coudre avec adresse. Mais mes robes ne tiennent pas fort fort dans la tempête, elles sont brodées de trous presque aussi gros que ceux de mes pupilles.
Je ne suis pas sur les amphétamines, et ceci n'est pas une pipe. (Je veux faire une photo d'un homme qui se fait sucer avec cette notice. Esti que je m'amuserais).
Tu existes de façon tout à fait viable, de l'autre côté de ton petit bout de Montréal, sans penser à moi, sans que je te manque un tant soi peu, et j'imagine que c'est très bien. Mais il y a quelque chose de tout à fait malsain au fait que je suis en train d'attendre l'autre monsieur chez moi en lisant de nos anciennes conversations. Je me malmène toute seule comme une grande.
Je veux juste te parler, putain de merde... Ah, non, j'aimerais te marier, aussi. Oops.

jeudi 4 avril 2013

Falling slowly


Ou Beat the Devil's Tattoo.
Pourquoi je prend si mal de me faire dire par ma soeur que je ne suis pas la plus intelligente de nous 3? C'est égoïste, imbécile et vrai.


Depuis quelques jours, je ne fais que boire.
Je n'étudie plus: je bois.
Je ne dialogue pas avec des visages vides sans les déformer du verre bosselé d'une bouteille.
Je n'aime même plus: je bois. Ou peut-être bois-je pour oublier que j'aime. Je ne crois pas. Je ne sais plus.
Je ne sais pas la beauté d'un orage sans le détailler dans le liquide flou de la vodka, je ne connais plus la douceur des peaux sans qu'elle ne soit séparée du taffetas de mes excès.
Je me fais peur. Je me fais peur, parce que je sais que je ne peux plus arrêter, même si je le veux, pour arrêter de m'effrayer.
Bon débarras, l'Emma cohérente et intelligente.