jeudi 3 janvier 2013

The downward spirale


Je me sens complètement cinglée. Au bord du gouffre, faisant des pointes sur les arrêtes de roches trop coupantes qui déchiquettent la beauté de ma destruction, qui tailladent la finesse de mon abandon pratiquement certain à ma fin. Il ne reste que quelques lambeaux d'enfance de satin rose dans ses souliers de ballerine qui laissent poindre mes orteils lacérés. Des coulisses de sang qui dégouttent sur le flanc de la falaise qui surplombe le vide de mon âme.
J'ai dérapé, complètement, et maintenant, je me noie dans une honte tellement profonde que je la projette peut-être sur les autres, mais je ne peux m'empêcher de penser que tout le monde me hais, profondément, irrémédiablement, ou, du moins, ne ressent qu'un profond dégoût envers l'âme peu valable qu'abrite cette enveloppe de chair creuse qui s'offre si facilement aux coups des autres.
J'ai cette impression que les gens sont fascinés par moi d'abord, puis, graduellement, ils jaugent l'ampleur de ma démence.
Mon corps, Dieu, mon corps! Je déteste chacun de ses angles trop poussés, la texture rugueuse de ma peau négligée, sa teinte pâle, morte, morte, déjà, -prédestiné!-. Je me sens malade à l'idée que quelqu'un ait bien voulu s'amalgamer à ses horribles moignons, je suis borgne, mutilée, dégueulasse, dégueulasse, dégueulasse.
Je me sens banale. Folle et banale. Tout simplement intolérable.
Si j'étais saine d'esprit, je ne voudrais pas m'endurer non plus. Un jour, je déciderais de lentement me lâcher la main, sans un mot, sans un adieu... Disparaître doucement, avec un pincement au ventricule qui s'estomperait graduellement. "But you'll learn to love again, right?" Peut-être que je m'aimerais bien, que je serais touchée par ma solitude et mes creux de vague et mon incertitude, mais à un certain point, ce ne serait plus tenable... Avoir à répéter sans cesse à quelqu'un que tu l'aimes, que tu veux qu'elle soit là, l'appeler quand elle est roulée en boule dans son lit à 3 P.M., les stores baissés et l'esprit convulsé, la voix grugée de sanglots et le coeur en morceaux... C'est trop, c'est trop, si on veut se préserver soi-même...
Quel malheur que de comprendre pourquoi on n'en vaut pas la peine.

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