lundi 30 décembre 2013

We can all be free, maybe not with words, but with, our minds



"Derrière les lourds rideaux qui bordent ses fenêtres, pareils aux étoffes qui tombent sous ses yeux bleus comme la glace qu'elle souhaite voir fendre sous ses pieds, les rayons pâles du soleil d'hiver du midi ricochent contre les vitres givrées, obstinément repoussées de la pénombre de ses heures perdues.
Je secoues doucement son épaule nue.
"Anna… Anna, réveilles-toi…"
Elle émerge péniblement de son coma, relevant faiblement la tête. Ses cheveux en bataille, qu'elle n'a pas lavé depuis plusieurs jours, collent à ses tempes moites. Elle semble dans les vapes d'une maladie incurable qui lui mange lentement le corps et le coeur, mais sa peau est tiède, ses yeux vitreux à peine capables de s'entrouvrir, ses membres tremblant pratiquement d'effort. Elle est belle comme un enfant fiévreux est magnifique, fragile et friable, pure dans sa peine, angélique dans son agonie.
Mes doigts caressent tendrement sa peau opalescente, blanche comme un désert de sel.
"Il est quelle heure?" soupire-t-elle en se frottant les yeux du bout de ses doigts fins.
"Une heure moins quart…"
"Déjà?" gémit-elle.

[…]

Nous ne faisons plus l'amour depuis longtemps. Cela l'épuisait trop, elle ressortait de ces épisodes amoureux exténuée, pouvait dormir pour le reste de la journée, et moi, je m'en voulais de la désirer, si c'était pour l'achever. Maintenant, je la caresse doucement, tendrement, au singulier, mais jamais assez pour la fatiguer. Je voles quelques clichés de son corps abandonné lorsqu'elle sommeille, je dérobe à l'épave de nacre de sa cage thoracique, brisée dans un souffle irrégulier contre les récifs de notre matelas éventré, l'image sensuelle de son déclin, et je m'en contente, avec une petite douleur au fond du ventricule à chaque plaisir que j'en tire de ne point pouvoir le partager, mais néanmoins avec la certitude que je ne pourrais lui imposer mon amour charnel.

[…]

Les gens ont tord de dire que la détresse n'a rien de romantique, qu'il ne faut pas nommer les gerbes de fleurs qui émanent des cicatrices rosées décrivant par prestes coups de lames nécessaires le récit de sa petite vie lacérée, sous peine de les voir muées en épitaphes, de les travestir en un encouragement à apposer le point final, au creux du cou ou dans l'anse des poignets… Ce n'est pas ça, ce n'est pas qu'il n'y a pas de beauté dans cette souffrance calligraphiée dans sa chaire, je ne me force pas à désirer son corps tatoué de douleurs et à embrasser chacune de ses lacérations traduisant son essence périssable au lendemain… C'est qu'aimer cet amer charme délicat me déchire le coeur. Un peu comme observer le cadavre d'un rouge-gorge dans la neige, ou laisser le sang d'un coucher de soleil baigner notre visage: c'est une douleur à la fois lancinante et enveloppante, une jolie agonie qu'on accepte et qu'on a envie de personnifier tant elle nous noie dans sa complétude.
Je ne sais pas pourquoi, en acceptant l'esthétisme de son marasme mental, en étant touché par la fragilité de sa silhouette émaciée, quelque chose se brise à chaque fois au fond de moi. J'aurais envie de m'étendre à côté d'elle et de nous laisser nous endormir doucement dans la torpeur de l'ivresse de la faim. Oublier qu'au fond, moi, je veux vivre, peut-être."

dimanche 22 décembre 2013

Tito Maréchal

^ Tito Maréchal, c'est le majestueux homme haïtien, habillé de boubous d'orange et d'or, qui remplit les enclaves de briques creuses des métros montréalais du rythme exotique oublié de sa terre d'origine, une mélodie mélancolique de son peuple éprouvé et néanmoins amoureux de la vie. Achetez son album si vous le pouvez, je vous en supplie, il est magnifique, et le sourire grand comme le monde qu'il vous rendra, sous les néons glauques reflétant sur la peau d'ébène de ses joues tendues un monde sous le soleil des plantations, vaut tout l'or d'un étudiant paumé, en mon humble coeur brisé.


Dans Destruction massive: géopolitique de la faim, Jean Ziegler écrit:
"Les archives révèlent que dans un des camps pratiquant la destruction par la faim, plusieurs milliers de prisonniers de guerre ukrainiens, russes, lituaniens et polonais signèrent une pétition, qu'ils remirent au commandant SS.
Ils demandaient à être fusillés."
Ça m'a brisé le coeur d'une manière si superbe, si magnifique... Je ne pourrais pas décrire à quel point  étaient lestés de beauté les pleurs que ce désespoir digne, tentant de racheter le titre d'Homme pour le dernier billet de train de ces entités vidées de toute cause pensante, m'ont extirpés.
Voilà. J'aime être détruite par la douleur d'autrui, car ça me rappelle à quel point la compassion est humaine, malgré l'égoïsme anthropophage, qui pille les bonheurs les plus essentiels de peuples entiers, malgré la cruauté animale, qui dévore la dignité de légions éternellement infantiles sans même y laisser les os craquants sous le soleil de midi d'une terre qui n'a pas été abreuvée des larmes de la providence depuis des générations d'agonie.
Peu importe ce que l'on ne pourra jamais vous dire: l'humain est beau, même les mains dans la fange et le coeur embourbé dans la glaise, même le corps criblé de coups, lacéré de barbelés et l'esprit tant ciselé qu'on ne saurait jamais le recoller. Même lorsqu'il n'est plus humain, la preuve de sa fragilité dans tant de cauchemar, le simple fait qu'on ne le reconnaisse pas dans ces morceaux fêlés de miroir bosselé, l'unique mémoire antagoniste d'un sourire ingénu dans ces plaies faciales pour toujours marquées d'un dégoût glacial, sont assez pour que sa vie vaille la peine d'être épargnée.
Il n'y a que mon amour du monde qui puisse me sauver de la haine de mon âme.
Faites pleuvoir contre mes joues les tonnerres de vos tourments, jamais je n'oublierai à quel point leur vacarme couvre le bruit de mes pas sur la glace craquant.

dimanche 15 décembre 2013

Une étrange cantique de Noël, chantée à voix basse, entre quelques sanglots inaudibles


Mes mots ne sont plus les coutures de ce chemin de fer Anna Karénine.


Pour la dernière divinité, sa beauté à manger. Un des premiers textes que j'ai écris, vers 12 ans, une femme magnifique qui se faisait servir aux invités de son mari, ses poignets entourés de raisins verts, ses dents figées dans une pomme rouge, et leurs couteaux qui tranchaient sa chaire sans qu'elle n'ait de douleur à se sacrifier pour aussi banal festin.
Je relis de vieux trucs que j'ai écris il y a un an, comme d'habitude, et j'ai l'impression que mes vieux mots ont perdus toute leur consistance, que ma tête s'est délestée de son drame poétique pour ne laisser sur ces pages que l'ancien espoir d'être quelqu'un à travers ces phrases vides. Personne ne lira mon épitaphe si je vis une vie aussi banale, si je continue à recracher les mêmes âneries sans jamais accomplir quoi que ce soit qui mérite d'être pleuré. Je ne sais pas si ça me console ou si ça m'abat.
L'encre ne coule plus vraiment dans mes veines, voyez-vous… Ou peut-être que si, possiblement, peut-être que ces fleuves de jais pourraient encore écrire dans ma chaire les méandres de ce que je fus jadis de beau et de détruit, mais je n'ose plus planter la pointe de mes stylographes au creux de mes coudes pour en extirper le concentré de douleurs qui marquait autrefois ces pages désormais désertées pour quelques semaines avant la résurgence du spectre sporadique de mes déboires déchus
Drapeau blanc, idées noires, amours anthracites et souvenirs pellucides destinés à disparaître.
Vimy, Vimy, lieu d'une mémoire artificielle. Sexualité .bit, je pourrais n'être rien d'autre qu'un cerveau d'informatique perdu sur cette toile de mousseline virtuelle, une intelligence artificielle qui a réussit de peine et de misère à s'imaginer ce que la surface innervée d'une peau tissée dans le ventre de quelqu'un pouvait ressentir lorsqu'elle était touchée par les empreintes digitales d'un être auquel son coeur s'est attelé. Je pourrais n'être rien d'autre que des chiffres et vous seriez tout de même touchés par les déboires des formules qui composeraient la symphonie mathématique de mes songes.
Cette ère électronique remet même en question le cogito.
Que suis-je devenue, dites-moi? Je ne me dirais pas heureuse; je n'ai pas le sourire naturellement errant contre mes lèvres comme ces jolies demoiselles que je connais, ces jeunes femmes aux yeux remplis des étoiles de leurs idéaux et aux corps sculptés de leur amour pour l'existence active, qui iront loin dans la vie, qui feront leur chemin dans ce monde de suie sans que leurs songes ne soient souillés de la ponce des incendies sentimentaux et mondiaux ambiants... J'ai parfois de la difficulté à saisir ce qui n'est pas d'un pathétisme triste à en pleurer dans un accouchement, oui, parfois, je me débats pour ne pas pleurer quand on chante bonne fête à quelqu'un. Je regarde au fond de mon verre, je le vide jusqu'à ce que la mousse ne brode plus ses bouillons aux portraits baroques des Autres, je propose un shooter, j'oublie que j'ai eu mal de les voir s'amuser, si laids dans leur naïveté, si touchants dans cette pauvre et périssable réjouissance...
Et pourtant, je n'ai pas la corde au cou non plus; j'ai décidé de défaire le noeud coulant m'enserrant l'oesophage si c'était pour avoir l'air débile à errer ainsi, la tête en l'air à chercher des crochets dans le bleu diaphane de ce ciel où les gens normaux accrochaient leurs rêves… J'ai décidé de vivre, de signer le bail de mon existence au nom de ceux qui en ont besoin, cet homme qui s'est fait crever l'oeil, cassé le crâne et jeté dans un feu par la police en Turquie,. Au lieu de mendier sur les trottoirs froids pour quelques miettes d'espérances que des passants anonymes m'auraient jetés par pitié, j'ai décidé d'offrir des petits bouts de mon coeurs à tout ceux qui en voudront, parce que je l'aurais fais calciner jusqu'aux derniers confettis de cendres sans cela, de toute façon.
Mais parfois, je regrette ce choix-là. Je regarde autour de moi et je me demande si je ne ferais pas mieux de m'éteindre comme H.; de me farder les joues, de teindre mes cils d'onyx et de peindre ma bouche au rouge à lèvres pêche, de m'étendre sur mon doux matelas dans des draps de satin achetés pour l'occasion, les bras croisés sur la poitrine, dans une robe diaphane imprégnée du tragique factice de cette réception solitaire, et de m'endormir doucement, dans la chamade affolée du rythme d'un corps dont je n'admire en rien la matérialité, dans l'apocalypse interne d'un système implosé, mais les paupières doucement abaissées et les souvenirs graduellement effacés. Un peu comme cette joue accotée contre la raille du train, mais le métal serait tiède, agréable, et la danse des roues, une berceuse inaudible bordant le sommeil éternel se profilant.
Au fond, oui, parfois, je regrette d'avoir choisi d'exister.
Je crois qu'à un certain point, en deux ans, je ne sais plus exactement où, j'ai eu à choisir entre la beauté de ma fin et la mièvreté d'un sourire. Je n'ai eu aucun des deux.

Open Eye Signal, Jon Hopkins



L'angoisse qui me prend et me mord les tripes, tellement que j'en tremble comme si j'avais le parkinson, que je pleure comme si ton tombeau était en terre, je n'ose plus toucher aucune partie de mon corps et mon coeur court un sprint depuis plusieurs heures maintenant sans que je ne parvienne à arrêter sa course folle et insensée vers une démence encore moins logique, les notes n'ont plus de sens, rien n'a de foutue horizon sauf cette peur qui m'obsède et m'enlace comme une camisole de force étreint l'interné qu'elle aime.
Il y a pire que les ITS, dans la vie, d'accord, il y a les overdoses inattendues, sereines, couchées dans son lit comme un sommeil sans sursaut, tel cette amie de A. qui est partie sans dire un mot, qu'en s'étendant dans les bras de Morphée pour digérer une pilule de trop que son petit coeur n'a pas été capable de faire disparaitre, et en une nuit, paf, elle était morte, sans plus ni rien, comme c'est bête l'existence aveugle des vingt ans, il y a la faim et le froid, il y a les réfugiés dégoûtés qui n'ont pas d'âmes ni de maison et il y a la véritable métropole itinérante de 30 000 âmes seules qui parcourent les rues poisseuses de Montréal -18 sans avoir nul part où se réchauffer. Et pourtant, penser à tout ça, ça ne me donne pas envie de passer mes poignets sur le fil d'un rasoir, sans aiguille pour recoudre les morceaux épars de ma chaire et de ma plaie mentale, ça ne me fait pas vomir d'anxiété, ça ne me fait pas virer aliénée, incapable de ne rien faire sauf tenter de me calmer, étendue dans le noir, les pupilles floues de larmes et le sang bouillant dans mes veines dilatées.
Tu vois, je ne sais pas, c'est horrible à dire, mais même la perspective de ta mort me terrorise moins que celle de t'avoir en moi, j'ai peur de t'embrasser car je sais que les lèvres ne se limitent pas au cou, j'ai peur de tes mots qui, même si tu les couvres de satin de bonnes intentions, suintent ton envie de moi, hell, je m'alarme à la simple pensée que mon corps ait un jour besoin du tien ou d'un autre car je sais que les semaines suivantes seront plus anxiogènes que l'étaient toutes celles que j'ai eu auparavant, je ne veux plus être en relation car je redoute d'avoir à faire l'amour plusieurs fois par semaine sans virer malade mentale, je sais que j'ai besoin d'aide mais j'ai peur à en crever, tellement que je voudrais en finir là, là, bon débarras, assez, assez de tout ça…
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste
Je me déteste, je me déteste...

dimanche 8 décembre 2013

Shostakovich


Touch of Evil, directed by Alex Prager (aka my idol)…………………………………..


Chers auditeurs! […] Même une personnalité du rang de Goethe, dans la mesure où son art est concerné, a dû payer le fait d'avoir pris la liberté de vouloir faire de sa "vie" une oeuvre d'art.
Max Weber, Le Savant………………….


Si vous m'aviez dit il y a quelques années que j'allais être cette jeune femme là, je vous aurais envoyé un doigt d'honneur si profondément dans le nez que j'aurais touché vos neurones.

samedi 30 novembre 2013

Color me purple, fade me in grey, you'll never know what makes me this way








"La beauté de la jeunesse, ce n'est pas celle qui court en tout sens en ne vivant que pour elle-même, sourde, aveugle et muette, en croyant crier. C'est celle aux racines profondes, aux détours complexes, aux idées bien tissées, aux idéaux arrimés, comme la tienne. Ce qui est bien, c'est que celle-là, on peut la garder toute notre vie."
Lettre de ma soeur pour ma fête

J'en pleure tellement je trouve ça beau et encourageant.

mercredi 27 novembre 2013

Shostakovich, String Quartet No 8 in C minor, Op. 110


Senza Titolo, Claudio Parmiggiani


Ma vie est d'un ridicule à peine assumé.
1ère neige dehors. Il fait froid, je coiffe ma tignasse de tuque avec pompon de poils, je mets de grosses mitaines de cuir, j'enfile mon manteau long et j'ai quand même froid, alors je reste à l'intérieur.
Je me sens en vacances, sauf que j'ai 1000 pages de lectures à rattraper pour ne pas me trancher la gorge à coup de fil de fer d'ici deux semaines.
C'est ma fête dans quelques jours. Je ne sais pas qui je suis à 20 ans.
Ma phobie nuit à mon existence et à mon sommeil.
Je me sens virer folle, une fois de plus, une fois de moins.
Je crois que seul Shostakovich comprend mon crâne en ce moment. Dommage qu'il soit mort.
La terreur rouge.

samedi 16 novembre 2013

And with victory, the whole world would be ours; we will build nothing in it, nothing in it...


I knew a girl who came from VillaLuz
Had a house filled with
Religious regret and infinite debt,
Heaven's pressure
.
She's a light in the dark
She's out of the door
She's up in the sky, up in the domes
.
Alablaster lover,
You go and get gone
We make each other
You go and get gone
.
[…]
.
And with victory, the whole world would be ours
We will build nothing in it
Nothing in it

Foals, Alablaster



Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.
Tocqueville, De la démocratie en Amérique




Je me grise de cette léthargie de ventres creux et de membres faibles, de frissons dans la moelle et de tête embrumée par le manque flagrant d'énergie; je n'ai pas avalé quelque chose depuis sept heure ce matin et je n'ai même pas envie d'en faire autrement. J'ai couru partout pour saturer mon corps de fatigue, et j'ai essayé de m'attabler devant cet écran impersonnel pour y rédiger mon futur. Mais que je termine une dissertation sur les déchets électriques et électroniques assassinant lentement les enfants ghanéens ou que je m'étende dans mes draps de bras trop froids pour Novembre ne changera rien à l'absurdité de ces deux opportunités.
Je fais peur à voir, probablement, enfouie dans les méandres d'une folie tant intériorisée que je ne parviens plus à l'articuler en mots, en phrases, en paragraphes, en roman... C'est une aliénation toute douce, toute subtile, des cellules cancéreuses dormant doucement dans le lit de notre normalité, le SIDA progressant lentement et insidieusement dans le corps d'un joli garçon dans la fleur de l'âge qui avait un peu trop bu un soir pour chercher dans son tiroir, toute douce, toute douce, que personne ne voit, peut-être parce qu'elle a déjà mangée la majorité d'entre nous…
Il ne s'est jamais ennuyé de moi. Je le sais, au fond, malgré quelques phrases lancées comme des gallets sur le canal Saint-Martin, pour voir si je les avalerais tout rond ou si ils feraient leurs petits sauts jusqu'à l'autre rive, sans que l'abîme de mes espoirs déçus ne tente de stopper leur course. À la surface, ça ne me fait absolument rien: c'est le temps qui file, c'est les coeurs qui s'usent, c'est les esprits qui ne se connaissent pas, qui croient deviner la silhouette de ce qu'ils espèrent dans les soupirs troubles de l'ombre d'une âme étrangère, rien de plus, ce n'est que cela, et ça ne me fait rien. Et quand j'y pense, au plus profond de moi, au coeur de l'enclave sombre et profonde de mon esprit, grotte à la marée ascendante où je me retrouve piégée faute d'avoir voulu aller y déchiffrer les fresques de mon passé émotionnel, ça ne me fait pas grand chose non plus. Je cries "Aimer!" à pleins poumons, je hurle "Révolu!" et je ne perçois que le faible écho des Autres, de l'autre côté de ces parois froides, de ce que je devrais techniquement ressentir, ce que ces marées d'âmes croient avoir dans la tête quand ils disent au revoir à un sourire éphémère qui n'a jamais été réciproque…
Mais non. Rien. Je me sens vide. Vide de tout. De sens, surtout…
Pourquoi pas se tirer une balle dans la tête alors, j'y pense à tous les jours mais je suis trop couillon pour le faire, comme a lancé mon professeur de politique sans que personne ne bronche, sauf moi qui a senti mes petites ventricules de rien du tout se flétrir d'un relent de compassion inespéré. C'est bien tout ce qu'il me reste, peut-être: une pitié partagée de cette condition humaine que je lis à travers l'Autre comme un miroir boursouflé selon les formes de leurs corps, mais qui me renvoie néanmoins mon reflet pathétique, maigrelet, affamé et perdu au milieu de tout ce bordel de lettres, de virgules et d'espaces. Vous y comprenez quelque chose, vous, à mon charabia? Même les consonnes filées avec les plus beaux cordages d'or aux voyelles les plus magiquement brodées aux mouchoirs de soie de mes pages pixelisées ne me semblent pas intelligibles.
Et devant cette absence chronique de signification, je n'ai même plus vraiment envie de me perdre dans mes moyens d'antan: je n'ai pas envie de me repaître dans les ventre goulus des bouteilles cent pour cent du temps, je ne veux pas empêtrer davantage encore mes synapses. Je veux voir le mal en face, hit me, I'm not afraid. J'aspire à un coup de poing du destin, si puissant qu'il m'en casserait les dents. Je ne pourrais plus déblatérer à perpétuité, bon débarras, Emma.
Certes, j'utilise encore mon joli fantôme aux bras de marbre blanc à qui mieux-mieux, je pousse les mêmes tirades étiolées au gré des mois d'adieux qu'il sait postiches, je me promet de ne plus me reposer dans ses embrassades alcoolisées, perdues à intervalles de quelques mois dans les nappes glacées de nos hivers mentaux, mais quelques semaines plus tard, voilà que je me reprend à l'embrasser, et l'encenser et l'aduler, pour quelques heures, pour oublier que je suis bien plus morte à l'intérieur qu'il ne l'est dans ma mémoire. Et au fond, il le sait bien, et il s'en fout autant que moi, je crois bien.
Ça non plus, ça ne me fait pas aussi mal que ça le devrait. Lui, il fume peut-être trop pour que ses neurones connectent assez rapidement pour lui dire que nous sommes deux atomes de molécules maintenant dissolues. Il faudrait d'abord pour cela que la matière existe, que nous ne soyons pas tous électrons libres sans attirance positive aux négatives.
Au fond, c'est bien cela le problème. Je ne suis pas folle: je suis jeune et humaine. Tombée du rideau.
Jeunesse spectrale se croisant, s'enchâssant les corps les uns dans les autres, casses-têtes de chair perlée de sueur, imbroglios fortuits de hasards, d'envie et d'ennui, mais s'esquivant quand vient le temps de  pleurer ou de rire pour quelque chose dépourvu de trivialité, jeunesse onirique et vaine se targuant de ses trophées éphémères qui s'échouera sur les berges de l'âge adulte, empêtrée dans un futur goudronneux, marée noire de vide existentiel qu'elle aurait pourtant pu prédire comme elle tentait d'excaver l'or d'ébène des profondeurs abyssales d'espérances creuses… Jeunesse, jeunesse, trois petits pas et puis s'en va.

mercredi 13 novembre 2013

Chopin


Je veux avoir un tout petit peu de temps, un tout petit peu de temps, pour finir les Noces Rouges, s'il-vous-plaît école, soyez gentille...


DIMITRI
Je voudrais que le poison de ma démence t’infecte comme la gangrène dans la plaie ouverte que sera la charcuterie de ton cœur,
Pleures sur mon corps mutilé et détruis-toi avec cette incompréhension des vrais douleurs qui a toujours caractérisé la niaise fillette que tu es. Le vrai monde est une aiguille de fer dans l’œsophage, un goût de plomb sous la langue, une lame de rasoir entre les cuisses.
Je veux être celui qui aura violé ta pureté, je veux fracasser ton innocence comme j’aurais voulu fracasser ton crâne contre un mur, que tu sentes le dépouillement de ton âme au profit du vide de ma présence. Une loi du Talion scellée par cette alliance à ton annulaire.
  
Jamais je ne parviendrais à oublier que je t’aime, que je t’aime, tellement que je te déteste.

mercredi 6 novembre 2013

Que voy hacer, je ne sais pas


Hier, j'étais très, très saoule.

J'ai écris dans tes lèvres le soupir de mes souvenirs effacés, vestiges d'un siècle de mémoires troublées plus ou moins rabibochées. J'aurais bien voulu y rédiger un roman de tout le beau que je voyais gercé dans tes reins aux songes hétéroclites, dommage que je n'ai pu y graver que quelques vers inachevés pour décrire l'immensité de ton âme éparpillée aux coins de ma pensée. Trop tard: le monde ne se souviendra que de nos échauffourées pèles-mêles sans queue ni tête. Je ne te décris pas avec toute l'exactitude de ta beauté décadente en déclin, mais je te chéris de tout le faible et flétris bout de coeur qu'il me reste, je te le promet, alors ne t'en fais pas, même si tu ne te souviens plus de mes yeux laqués comme le parquet de cette maison ancestrale où nous aurions été heureux. J'aurai au moins le souvenir de tes pleurs de cristal en l'échange de tes excuses de lierre me lacérant l'oubli. Ma tendresse pour toi, les vestiges d'un shrapnel dans la terre meuble de Vichy; ton amour trop subit, un blitz dans mon néant émotionnel appauvri.
J'aurais préféré ne pas comprendre que tu m'adorais par-delà le néant, pour ne pas souffrir de l'immensité de cette réalité de lumière nacrée maintenant trop tamisée... Plutôt le noir que l'espoir.


Je ne veux pas travailler.
Tu me manques.
Un peu. Beaucoup.
J'ai des débats sur l'érotisme contre la pornographie avec tout le monde qui veut bien me l'accorder.
Peut-être que j'aurais dû aller en sexo, mais pas trop.
Je ne suis pas capable de traiter des DEEE.
Je suis une petite conne sans queue ni tête.
Rouge framboise sur ma langue et pesticides dans mes songes.

samedi 2 novembre 2013

When love is gone, where does he go? And where do we go?



Il y a beaucoup de choses que je ne comprend pas, toujours, et parfois, vous voyez, je l'oublie, je me bande les yeux "et le reste, je me fiche pas mal de tout et j'en reviens, de Sisyphe et de ces conneries, du fait que je déteste mon patron, mais pas tant que ça, du stress, de la dentelle sur ma peau et des gouttes de sueur tissées dans les mailles.
Mais j'ai une crise tellement immense, je ne sais pas comment m'en échapper. Elle ne me colle pas dessus comme d'habitude, ne m'empêtre pas les membres dans un béton d'absurdité d'où je réussis finalement à m'extirper: j'ai l'impression de le respirer, le non-sens, que mes cellules ne sont faites que de la même unité d'illogisme et que soudain, mes pupilles percent cette réalité bête et inutile à savoir, comme si elle la regardait à travers un microscope.
Je pourrais foutre ma vie entière en l'air pour une partie de cache-cache à deux heures du matin, dans l'appartement insalubre d'un ancien fantôme. Et sur le coup, probablement que je m'en foutrais. Et après, peut-être aussi. Après tout, what's wrong with an electrified jellyfish?
On peut se le dire plus honnêtement: j'ai peur du SIDA. En fait, peur est un euphémisme: je me tape des crises d'angoisse depuis une ou deux semaines, je ne sais plus trop, je pleure comme un enfant en prenant mon bain, tellement que mes yeux sont givrés de larmes et que je ne peux plus lire les textes pour mes cours, alors ça me fait d'autant plus paniquer.
En fait, je suis probablement traumatisée de toutes les maladies de cette terre, la grippe autant que le VIH. Je vire hypocondriaque, je suis folle à lier en ce moment, je n'ai envie de voir personne, parce que tout le monde comprend mais fait semblant d'oublier, ou alors personne n'y voit rien et c'est encore pire.
Une peur bleu ecchymose. Bleu gazoline. Bleue comme les fonds marins, quand une épave s'étouffe sous la couverture sonore de l'oubli.
Ce genre de bleu là.

lundi 28 octobre 2013

Anywhere I could try anything it's the same circle leading to nowhere, and I'm tired now


Sex is meaningless and love died before the 21st century.


Aujourd'hui, je suis incapable d'imaginer Sisyphe heureux. Il roule sa pierre dans un coma morne de la démocratie de la douce tyrannie sur elle-même.
Vous voyez, c'est que rien n'est plus important. Rien, absolument rien. Je l'ai déjà écris avant, et je pourrais même citer Beigbeder avec sa magnifique énumération du non-sens humain; toutes ces sépultures de joyaux que nous, petits souverains nus à la voix qui ne porte pas, avons bâties pour tenter d'ignorer la fin imminente de cette terre meuble qui mangera dans sa bouche béante aux racines à semi-découvertes même les souvenirs les plus permanents dans nos neurones éteintes. Commutateur à off. Adieu.
...Mais même le citer ne servirait à rien, car la beauté de ces mots est aussi mièvre que leur sens.
Je ne sais pas. Je me sens vide, plus vide que le silence de Cape-aux-Meules en ce mois d'octobre tardif, alors que les touristes se sont échoués dans leurs demeures d'outre-mer, loin de l'innocence de cette île fermée qui se désagrège lentement au même rythme que nos mémoires amnésiques, et que la tempête n'ose encore gémir sur les flots anthracites.
Le vent chuchote dans ma tête creuse et je cherche en vain quelques arbres où accrocher mes pensées, sac de plastique frissonnant au froissement sec et désagréable dans les rues désertes de mon âge adulte esseulé. Je finirai au bord d'une gouttière, l'eau sale jusqu'aux lèvres, avalant quelques gouttes d'eau à chaque respiration éprouvante.
Ce serait la métaphore la plus exacte de mon état d'esprit à l'heure actuelle; bien sur que je vis, bien sur que je me force pour travailler à l'école, bien sur que j'aime bien certains garçons et que j'ai des copains avec qui je rigole. Mais au fond, dans les shooters vides autant que dans des couvertures chaudes, je cherche quelque chose qui n'a pas de nom, de visage, peut-être même pas de corps. Je cherche le sens, on va se le dire, et il n'y en a pas. Tout ce que je regarde est aspiré par ma volonté d'y trouver les détails de cette quête vers l'obligation d'exister, alors que même si je me tranchais les veines ce soir, demain, ils n'auraient pas plus raison de me pleurer que je n'en avais de me suicider.
Alors dans cette absence de direction, je m'éparpille aux quatre coins du monde, et je réussis à exister de façon plus ou moins substantielle. Je sors avec mes amis d'université, certaines soirées trop tard, et c'est rigolo; je me force à lire des projets de lois desquels je n'ai rien à foutre outre mon intérêt en ceux-ci, et pourtant, je me fends le cul en quatre pour performer (qu'est-ce que ça veut dire, au final, de toute façon); je m'ennuie de mes ex-petits copains quand je les croise au détour d'un bar; je rigole avec eux, parle un peu quand je suis trop imbibée, puis laisse tomber, car on ne saurait remplir le vide dans nos conversations avec autre chose que nos casses-têtes corporels d'antan, et ça sonnerait faux de faire danser nos corps sur des portées déjà utilisées; je baise sans condom avec n'importe qui, tant qu'il m'importe peu, et je m'en fiche; je fais des crises d'angoisse lorsque le sang ne coule pas, puis je me calme. Puis, je recommence. Je travaille, un peu. J'ai des cernes sous les yeux qui virent au violacé, et je les couvre de maquillage comme on patinerait le visage éprouvé d'une actrice porno écœurée. Je suis fatiguée d'exister et pourtant je n'ai pas particulièrement envie d'arrêter; je vois encore au détour d'un regard la forme vague de l'envie de vivre, seulement je ne suis plus dans son orbite de gravité, sans être aspirée par la détresse de mes trous noirs émotionnels autrefois récurrents.
Le sexe, le sexe, comme c'est imbécile et inutile! Ça ne sert plus à rien d'autre qu'à tenter de combler l'impossible blessure qui grandit jour après jour au fond de ma cage thoracique, et pourtant, à chaque fois que je finis, je me sens lasse de tous ces jeux de passe-passes, de ces soupirs pourtant sincères et de ces embrassades hélas trop passagères. Pourtant, ça me change de la solitude morne de mon quotidien, travestie en routine plus ou moins intéressante puisqu'elle me permettra peut-être de ne pas mourir d'un cancer. Et puis, entre l'amour et le sexe, je ne suis plus vraiment sur quel choix prendre...
Aucune rupture n'est plus invivable pour plus de 7 jours consécutifs, pour moi; je sais vivre sans des bras aimants en conjuguant accalmie avec ironie. Ça fonctionne. Je m'en fiche. J'ai peur. Puis, je survis, et je recommence à faire d'autres trucs. Je pense à mes histoires passées, mais sans vraiment d'envie véritable; c'est comme si je détaillais consciencieusement la vie d'une autre en essayant de saisir ses sourires quand on n'a jamais pleuré, jamais ris, jamais hurlé. Une extraterrestre ayant pris possession du corps d'une demoiselle qui a vécu sa vie à cent milles à l'heure, éprouvant un éventail de sentiments plus vastes qu'on ne pourrait l'imaginer.
Un jour, j'ai su comment aimer, oui. Ce soir, le moyen, je ne suis pas sure de vouloir le retrouver.

jeudi 24 octobre 2013

Alt-J, Intro


Raw fish. Feelin' like raw fish. Beauty in a tuna can.


Je n'y peux rien; tu me manques un peu.
Pourtant, comme je l'ai déjà dis, tu fus ma rupture la plus aisée, la plus douce, la moins lancinante: pas de crise de larmes, enroulée dans mes draps, tard le soir, pas de jeux de passe-passe avec des inconnus pour essayer d'oublier les coutures sans ratures de tes lèvres, pas de mines de crayon enfoncées dans la chaire de ma paume pour faire taire les hurlements de mes ventricules. Un vide léger, désagréable tout au plus, mais rien de bien fâcheux, rien qui n'ait barbouillé mon âme. J'ai nettoyé les quelques larmes solubles à l'eau qui avaient tachées mes paupières comme je les fermais pour me couper de notre histoire, j'ai rattaché plutôt rapidement les boutons de ma chemise et remonté mes pantalons sans walk of shame, et c'en était fini par là. Merci bonsoir, comme qu'ils disent.
Seulement, là, je te vois demain, et j'ai parlé de toi avec tellement de gens cette semaine que ça me met toute à l'envers. J'aimerais qu'en me voyant, tu ressentes l'oppressante amertume de t'apercevoir que tu avais laissé partir quelqu'un que tu aimais bien, tout de même. Et j'aimerais que tu me le confesses, à demi englouti dans les vapes agréables de l'alcool. À la limite de mes rêves, j'aimerais réessayer, même si ça ne fonctionnait pas.
Je crois que c'est à cause de ce que M. m'a dit; que tu m'admirais beaucoup, que tu me trouvais intelligente et que même si tu "savais que c'était égoïste", tu ne "voulais pas passer à côté d'une fille comme moi simplement parce que tu savais qu'on aurait une date d'expiration".
Bien sur, je sais à quel point c'est des foutaises, ces bobards; je sais que tu ne m'as pas fréquenté parce que tu me trouvais géniale, mais simplement par erreur, parce que tu as pris cette admiration pour de l'amour et que tu t'es rendu compte après quelques mois que tu n'avais pas vraiment envie de me le faire. Discuter, en arracher, s'en sortir, peut-être, mais m'aimer, non, pas vraiment: tu n'en avais pas la capacité, et je ne t'en veux absolument pas (la preuve, mes copines en ont plus contre toi que moi-même; c'est moi qui doit défendre ton intégrité à leurs oreilles salies de rancune alors qu'elles te surnomment en secret "le traitre" et qu'elles te font des discours sur ton manque d'éthique quand elles sont saoules raides). Mais ne va pas raconter ces âneries pour sauver ton erreur, cependant. Je trouve ça immature et imbécile. On est tous des adultes ici, cimonaque, tu baises qui tu veux, moi aussi, et tu aimes ou n'aimes pas qui tu veux, et moi aussi.
En même temps, le fait que quelque chose en moi veuille absolument être rassurée sur ce que tu as un jour éprouvé pour moi me murmure que je ne suis pas vraiment tannée de toi, bien au contraire. Je regarde ta jolie binette sur le livre de visages et je me remémore avec une mélancolie certaine, douce comme le linceul du corps de nos émotions en terre, les expressions que tu utilisais pour ponctuer tes phrases d'adorables marques d'unicité typiquement toi. Et bien que je m'imagine te présenter à mes nouveaux copains, je trouve terriblement étrange de penser que bien que cela demeure une vision agréable, sereine et souhaitable, son utopie ne me laisse pas penaude.
Au fond, je sais que je t'aurais aimé, éventuellement, et pour un maudit petit bout, si tu n'avais pas tranché mon processus d'attachement du coup sec de la guillotine de tes épiphanies sentimentales. Mais trop tard, j'imagine: nous avons décapité le Dieu de nos amours sur l'autel de ta liberté. Tant pis, nous en aimerons d'autres destinés à plus de tendresse que nos quelques mois d'ivresse. Nous n'aurons qu'à nous bander les yeux et nous barricader le coeur pour ne pas entendre le fantôme de ce que nous étions cogner timidement à la porte de nos envies d'autrefois.
Un jour, j'ai voulu écrire ton nom sur les murs de mon futur.
"En attendant, je veux juste baiser, calice, et M. répond pas."

lundi 14 octobre 2013

Yumeji's theme



J'aurais envie de me fracasser les jointures contre les murs de mon bunker mental, de faire exploser les mains comme la crête des vagues se fracasse contre le béton de la douceur des plages. Crac, crac, crac, crac, des centaines d'os cassés comme des échardes de bois sous la pression du poids d'un baobab qui s'écroule, et moins de douleur dans mon crâne qui ne se remplit pas assez du nécessaire intellectuel.
Petit génocide. Dorlotez-moi, cher Roméo, puis buvez et tentez de vous suicider. Ça a bien marché en 1994, après tout.

mardi 1 octobre 2013

Sigur Ros



Les synapses emmêlés comme les poteaux électriques des pays du tiers monde, les nerfs comme des lignes à haute tension. Il suffirait qu'un tesson de glace ne me frôle l'âme à vif, ses fils électriques dégainées de leurs enveloppes de chaire, pour je n'explose dans un firmament de flammèches et que la structure droite et fière de mon squelette de métal ne s'effondre sur les têtes de pauvres apôtres ayant autrefois chéri les lueurs des lampadaires que je faisais jadis scintiller du bout de mes doigts de charpentes d'aciers. Si mon esprit pouvait éclairer ces pavés glacés menaçant de faire déraper les passagers silencieux de ce train de vie qu'est mon existence aussi bien qu'il a autrefois permis à mes bibelots fêlés amoureux de se recoller dans la quiétude de mes bras de brique, peut-être verrais-je à l'horizon le bout de la nuit... Aujourd'hui, mes neurones ne font que se mirer vaguement dans le reflet du paysage psychique défilant devant mes yeux vitreux, dans leur réverbération bosselée par le givre de mon hiver mental.
Normalement, à l'automne, je suis en parfaite adéquation avec le doux vent qui caresse et fripe ma peau pratiquement d'ivoire et qui laisse une odeur fraiche de soirée naissante dans mes boucles frisées, avec la chaleur des chandails de laine et les branches des arbres agonisant, leurs membres ensanglantés doucement tendus en bordure des routes où tourbillonnent des feuilles craquelant sous les pas de bottillons plus chauds... Là, je me sens morne et glacée, déjà dans les vapes mornes et tristes, figées de Janvier, étrangère dans les bras d'une saison autrefois amante qui désormais offre à d'autres l'intensité de la fin du cycle annuel. Et je la déteste, et je me déteste, et j'ai besoin de quiétude mais dès que j'arrête d'écouter les autres, c'est mon âme que j'entend hurler.
Pour une des premières fois dans ma vie, alors que j'arrivais justement à trouver de la beauté aux angles droits de ce corps à la violence à peine dissimulée, ces arrêtes se terrent derrière des courbes flasques, je me vautre dans le goût comme je me guillotinais autrefois l'appétit via les stimulants.
Je suis bien consciente que je viens tout simplement de gagner mon poids santé, mais, moi qui défendait tant la beauté de la rondeur d'une femme (que je n'ai même pas le mérite d'avoir), je me sens empâtée dans ces membres qui n'ont même plus le mérite unique de leur maigreur.
Je ne suis pas capable d'exister toute seule de façon viable pour plus de quelques semaines d'affilé.
J'ai tellement besoin de quelqu'un où échouer mon surplus de sentiments, quelqu'un contre qui me blottir quelques heures à travers la nuit d'encre de mon océan émotionnel, qui puisse réconforter ces solitudes à des milles dans mon crâne qui ne se connaissent pas et pleurent individuellement, à l'unisson. Je ne suis pas capable de prendre soin de moi en ce moment, j'ai envie de m'ouvrir le coeur et de l'astiquer pour qu'il ne reste plus une tache de ce gâchis sentimental qui me fait virer folle et incompétente de façon totalement sporadique...
La culture de la performance me lacère comme des chaines de barbelé s'enroulant autour du corps nu d'une enfant prodige, lentement, inexorablement, tractées par des obligations s'imbriquant dans des engrenages sociaux centenaires. Ça grince, ça gémit dans un crissement de métal plus insupportable qu'une fourchette d'argenterie grattant le fond d'une assiette de céramique chinoise, des roues dentelées communautaires. Et l'enfant prodige s'en arrache les cheveux et s'en casse les dents, s'en crève les yeux avec ses ongles tellement elle ne sait plus quoi faire de ces doigts autrefois virtuoses maintenant plus maladroits que ceux d'un lépreux.
I'm not making any sense, am I?

lundi 23 septembre 2013

Heart skipped a beat, and when I caught it it was out of reach



Mes textes se ressemblent parce que mon style est toujours pareil.
C'est pas grave, j'imagine, personne me lit. Snif snif.


Pour m'aimer, il faut être amoureux de l'équivoque.
[...]
Il faut reconnaitre la beauté et l'ivresse que peut procurer le vertige de Sartre quand on s'abandonne à son fantasme quelques minutes ou années lumières, il faut être capable de se mirer dans les flaques de gazoline de nos songes explosifs et reconnaître qu'une lueur démentielle allume nos prunelles, il faut reconnaitre qu'on est fou, fou d'exister à pleine vitesse, à plein régime, même dans les plus douces variations de cette intensité, et que malgré tout, malgré tous, on arrive à trouver un certain équilibre sur le précaire fil de fer de notre existence, suspendu entre les cathédrales de l'Autre, érigées à la gloire d'une dévotion aveugle d'être martyr au nom d'une magnificence ensanglantée mais vénérable, et les Burj Kalifah mégalomanes de la magnitude de notre démence consentante, corps de verre où miroitent des aspirations de grandeur destinées à être déchirées par avions et autres bombes issus du Monde humain.
Sans cela, je ne suis qu'une pauvre gosse romanisant l'atroce et diabolisant le beau, une gamine aux raisonnements maladroits retraçant d'un trait de gouache au pinceau bâclé les grandes lignes d'un monde de finesse dorée.

mercredi 18 septembre 2013

Sail away









Sail, sail away
With you
Sail, gonna sail
With you








Maudit que je me sens perdue dans ma propre tête.
Je devrais dormir, putain de merde, j'ai besoin de sommeil. Au lieu de reposer mes songes et mon corps, j'essaie de ne faire que lire les mille et unes pages qu'il faut quotidiennement que je me tape pour suivre le fil de mon enseignement, mais à un certain moment, je décroche, immanquablement et du coup, j'appréhende les relevés de notes prochains, que je souhaite aussi remarquablement immaculés que mes précédents... Je sais, je sais, ce n'est pas possible, et quand je vais me heurter à des 80% - ou pire, des 70% -, je vais virer carrément démente. Je vais arrêter de dormir et je ne mangerai que des notes de cours.
Je suis cinglée quand je le veux. Et quand je ne le veux pas aussi, à ce compte là.
Le but de chaque vie, c'est de se préparer à mourir. Trouver du sens à son existence, c'est un peu cela, en fait: partir sans se dire que ça n'a servi à rien. Partir en ayant l'impression d'avoir atteint un certain point, même si on ne va nul part.
J'ai peur de crever sans savoir que je suis en train de m'éteindre, m'endormir bêtement sans avoir pris la peine de vérifier si tout était en ordre dans la cabane de vie que je me serai bâti, que le linge sale soit sur le plancher de ma chambre et qu'il y ait des emballages de tampons dans la poubelle de la salle de bain, et que tous ceux qui m'aimais doivent ramasser ce carnage en pleurant sur la beauté d'un fil dentaire que je ne voulais pas qu'ils voient.
Je m'étais toujours dis que peu importe mon âge, quand j'aurais le sentiment d'avoir fais ce que j'avais à faire, je me suiciderais, pour être certaine de graver moi-même l'épitaphe de ma tombe, et même de choisir la couleur des mouchoirs des funérailles, la bande sonore, tout. Je sortirais ma plus belle plume, un beau papier à lettre poreux comme je les aime, j'allumerais un cierge. Je réfléchirais longuement. Puis, lentement, avec application et méticulosité, j'apposerais la dernière phrase du roman de ma vie sur cette dernière page manuscrite et inutile (qui ne sera lu que par ceux qui ont mon nom écris dans la poitrine ou dans le crâne). Je la relirais pour être bien certaine que c'est ce que je désire laisser au monde. Un coin de ma bouche se froisserait peut-être, ou alors une petite circonférence humide tomberait sur la surface, qui gondolerait un peu. Puis, je soufflerais doucement la flamme chevrotante, sans un mot de plus. Sans un maux de plus.
On a eu une discussion là-dessus au souper, et c'était horrible, j'avais les yeux remplis de la marée de ma peur et la voix plus tremblante que le sol d'Haïti 2010. Ma maman m'a dit qu'un de ses oncles qui avait été interné à l'hôpital n'était plus capable de manger, alors les médecins avaient dû lui installer un tube de gavage dans la gorge pour le nourrir. Je vais en faire des cauchemars jusqu'à la prochaine décennie.
Sur fond de ces songes sombres et complexes, je n'ai pas fais mes lectures pour demain. On s'en fichtre.
Je voudrais voir Cocaïne Eyes pour qu'il me guide un peu dans tout ça, peut-être qu'il me réconforte un peu sur ma peur de moi-même, ou simplement que je puisse dormir contre quelqu'un qui me respecte un peu même en sachant l'étendue de mes déboires mentaux. Mais il ne m'a pas répondu quand je l'ai texté, alors ça me rend triste, et j'ai peur de l'appeler, si à jamais il ne m'a pas répondu parce qu'il avait simplement réalisé que je ne valais pas la moitié des beautés qu'il me prêtait.
J'ai envie de lâcher mon emploi, comme vous n'avez aucune idée; je ne sors plus, je ne fais plus rien, putain, ou alors je rentre à minuit sobre et c'est encore pire, et ça m'emmerde, l'intensité des soirées sans fin me démange comme l'herpès doit piquer, je ressens le besoin de me caler dans le confort des bouteilles englouties jusque dans les fibres de mes muscles. Du coup, je me demande si je ne suis pas un peu alcoolique, à quelque part, parce que ça ne devrait pas être un drame, ne pas se saouler la gueule pour même pas deux semaines. Mais j'en ai quand même atrocement envie, et je me dégoûte un peu.
Oh, aussi, j'ai couché avec le dit français il y a une semaine, et je ne lui ai pas vraiment reparlé depuis (malgré le fait qu'il a prit en otage un de mes soutifs). Cette nuit, la simple pensée du fait que j'ai contribué au mensonge relationnel de ce petit con me donne des nausées. Oh, il n'a rien fait de bien méchant, ne vous en faites donc pas autant, et je l'ai utilisé autant qu'il m'a probablement utilisé, je ne crois pas avoir quelque chose à foutre de quiconque en ce moment puisque j'aimerais n'importe qui de toute façon... Mais mes sentiments ont mis en berne le drapeau blanc de la bataille contre l'amer goût du regret, alors je mords dans ces souvenirs teintés de bleu comme les résistants de la Seconde Guerre Mondiale dans leurs capsules de cyanure. Opération Fortitude, la mienne n'était pas réellement empoisonnée; je suis dédiée à la torture, et je semble bien partie cette nuit pour m'enrouler dans le barbelé de mes exigences hélas trop serrées pour corseter mes envies sporadiques et spontanées sans me percer les poumons. Barbed Hula.
J'ai besoin d'un peu de sens dans ma vie, bordel. J'ai malencontreusement écrasé la vitre de ma boussole émotionnelle dans cette folie de vacarme et de sensations et de nouveauté et d'ambitions, et maintenant, je ne sais absolument plus vers quel horizon relationnel ou académique je souhaite mettre le cap.
Oh, et puis, peut-être que j'irai à la nage; là, au moins, je pourrai prétexter que c'est les courants qui m'ont déviés jusqu'à des terres non propices, et non pas ma propre inaptitude à manier les voiles de ma personnalité trouée.

On vous nique bien



Folle première semaine universitaire.
C'est à n'y rien comprendre, vraiment. Je devrais dormir en ce moment étant donné que je n'ai eu qu'environs cinq heures de sommeil par nuit les quatre derniers soirs, mais mon corps et mon esprit sont saturés de souvenirs trop nombreux pour être contenus dans ces quelques cinq journées de camaraderie alcoolique, de premiers pas vers un domaine d'étude on ne peut plus passionnant (où la connaissance est comptabilisée dans des lectures qui se chiffrent par centaines de pages par semaine, ce que je ne suis pas sure d'être capable d'affronter, pour être bien honnête), de conneries, surtout, et de trop de déboires mentaux pour que mes neurones comprennent ce qui se passe dans ma vie pour qu'elle soit soudainement si écartelée entre un sérieux de vie d'adulte à la fois terrorisant et tellement attirant et une témérité immature à l'os, libre de toute convenance. 
D'abord, je suis réconciliée avec P., définitivement, parce qu'on a eu besoin l'un de l'autre toute la semaine vu le stress de l'inconnu et le désir de cohésion, et probablement aussi un peu parce qu'on s'aime deux fois plus quand on est sur l'alcool - les quantités ingérées ayant été astronomiques, ça augmente les mains serrées dans des balades bringuebalantes. On a passé plus de temps qu'il ne le faut à faire des cartes étudiantes durant deux heures, à boire de la bière comme des trous, à essayer de se relever mutuellement sans succès lorsqu'il y en avait vraiment trop dans notre sang, et à discuter jusqu'aux petites heures. Du coup, encore une fois, on a des copains qui nous ont automatiquement casés comme en couple et qui trouvaient étrange qu'on se traite de connards de temps à autre. La belle relation, toi.
J'ai recommencé à parler avec S., mon ex-copain, celui de l'été-automne 2010 pour ceux qui suivent ce blog depuis assez longtemps, et c'est la personne la plus adorable que cette terre ait jamais portée. On s'entend bien, je crois, ou, en tout cas, moi je l'apprécie vraiment, vraiment beaucoup, et puis on s'est dit que je viendrais à son appartement, on a reparlé un peu de trucs comiques qui nous étaient arrivés durant cette période fort plaisante, on a joué à la guerre des pouces et on est sortis boire et fumer entre copains. Je l'adore, S., je l'adore, même hors de toute implication émotionnelle ou sexuelle.
Et surtout, surtout, Dieu du ciel, j'ai rencontré le français le plus séduisant de cet humble univers, un spécimen de beauté aux dents légèrement clivées et à l'accent à la fois adorable et belliqueux, bronzé parce qu'il passe ses vacances à Saint-Tropez, étudiant en science politique passionné de débat, fumeur régulier possédant des stocks de Marie Jeanne meilleurs que bien des Québécois que je connaisse, moqueur et chiant comme il se doit, charmeur jusqu'au bout des doigts - qu'il sait utiliser pour plus d'une chose plaisante: j'ai passé deux nuits de suite à sa résidence.
La dynamique ressemble un peu à celle que j'avais avec R., il y a quelques années déjà: il s'amuse expressément à m'enrager, mais au lieu de me laisser avec l'amer goût de l'échec unilatéral, celui-là me fait rougir de plaisir et d'envie qu'il me veuille autant que je le désire pour une si courte période de connaissance. Coucher au premier soir, je croyais que ce n'était plus mon fort... Et bien surprise.
Je m'étais dis que je m'en ficherais quand je suis partie le premier matin, que c'était une erreur stupide, mais que c'était notre semaine d'initiations et que je faisais bien ce que je voulais, surtout quand c'était avec un mec qui a son minois... Mais il m'a rappelé pour qu'on se rencontre pour prendre un verre et aller au cocktail du lendemain ensemble, en se faisant un plaisir de faire savoir aux gens que j'avais passé la nuit là bas (à la grande hilarité de S., à qui il a lancé quelque chose comme: "Dors jamais avec cette fille, elle prend toute la place et les couvertures!" On s'est échangés un sourire en coin de connivence et il a fait que répondre: "Ça me serait jamais venu à l'idée." On en a rit en cachette pendant un bon 5 minutes.). Il me prenait par la taille, me murmurait des trucs à l'oreille sans tenter d'avoir un minimum de subtilité, multipliait les blagues salaces et les commentaires explicites...
"T'as les doigts glacés, putain!" Il souffle doucement dessus, ses lèvres presque contre ma peau.
"C'est pas très efficace," je lance, sarcastique, avec ce sourire en coin presque perpétuel qui semble s'être dupliqué à mon visage cette semaine.
Il me regarde avec ses grands yeux à la fois brûlants d'une intensité trouble et habités de cette ombre moqueuse qui semble continuellement errer sur son visage, entre ses prunelles et sa bouche, dans la vibration de sa voix et le frémissement des commissures de se lèvres lorsque quelque chose l'amuse (tout, oui). [Il sait qu'il plait aux gens. Peut-être le sait-il même un peu trop; c'est à la fois la source du problème et de l'aimant qu'il exerce sur les sismographes de mon corps... Foutues hormones.]
"Je sais, c'est qu'une excuse pour te tenir la main."
Et il la lâche. Ça me fait à la fois trembler de rage et de désir qu'il en ait réellement envie.
J'ai d'ailleurs manqué mon premier cours de politique parce que j'étais restée chez lui trop tard et que je ne trouvais plus mon costume d'amérindienne.
Et je ne comprend rien aux notes de cours.
Allez, réveilles-toi, Manue la lanterne, réveilles-toi, il va bien falloir que tu redeviennes un rat de bibliothèque, saperlipopette!
Le dernier jour, je n'ose même pas l'écrire ici (mais non, c'est pas vrai, j'ai simplement pas le temps ou l'envie). On est allés dans le fin fond des bois et on a bu en faisant des activités, la plupart indécentes.
Pour donner une bonne idée, j'ai embrassé P, aussi. Pourquoi? Parce que j'étais saoule comme dix, que je voulais pouvoir me souvenir de comment ça avait été l'année dernière et que la mémoire me manquait, vu l'incendie créé par les allumettes de cette soirée imbibée d'alcool comme le tissu d'un cocktail Molotov. Alors je lui ai demandé si je pouvais, il m'a dit oui, on s'est embrassés, c'était bizarre, ça a fini là. Trêve de plaisanteries, mesdames et messieurs, maintenant je pourrai dire que je savais ce que c'était.
En revenant, le petit français était dans le banc derrière moi comme je tombais de fatigue, effondrée sur l'épaule d'une nouvelle copine! Il me jouait dans les cheveux sporadiquement, me chuchotait des trucs parfois, je ne sais plus trop, c'était plaisant et j'étais dans le coton du mensonge d'un attachement dans les vapes.
Et, du coup c'est encore plus terrible à s'avouer, mais il me plait quand même. En calice, pour être une bonne québécoise. Et peut-être que je ne vais pas le revoir de ma vie parce qu'on n'aurait pas bien bien d'autre occasion que celle de le désirer, maintenant que ces heures obligatoirement intoxiquées sont officiellement terminées. En même temps, on verra bien ce qu'on verra, j'imagine.
Aussi, j'ai un peu peur de lundi pour regarder en face toutes les conneries que j'ai fais avec tout le monde, mais  en même temps, je crois qu'une grande partie de ma personne s'en fichtre totalement; on est jeunes, on est saouls, c'est l'université, on fait des bébés. Amen.

jeudi 29 août 2013

There's a limit to your care, so carelessly there




Un ancien déboire rapide écrit en une nuit d'insomnie. Je l'ai retrouvé dans mes tiroirs durant un immense ménage de ma piaule, probablement pour essayer de faire de l'ordre dans ma vie avant mon entrée à l'université.



There was once a little girl who just could not sleep
So she burnt nights out trying not to weep
Putting on fires in her brain until thoughts were gone
Then carelessly laying on her back waiting for dawn

She found little peace in bottles' empty limbs
From which she sought escape in sudden bizarre whims
Flooding memories away in bottomless drinks
Drenching useless hours in alcohol's black ink

Oh it wasn't she hadn't any friends
But they didn't make the road until the nightmare's end
She scattered them away like pennies in a river
Rapidly passed by her, as quick as a shiver

And tonight she'll munch yet another magic pill
In order to put to sleep her soul, halas still ill
Though the little girl is a grown woman now
Seems like for her, peace of mind's not allowed.






Je m'ennuie de mon petit con qui ne me répond plus après qu'on ait couchés ensemble aussi inutilement que la dernière fois. Je peux pas dire si c'est parce qu'il tient trop ou trop peu à moi.