vendredi 28 décembre 2012

Romani Holiday (Antonius Remix)




Claire, la beauté de mon crime devait racheter la pauvreté de mon chagrin. Après, j'aurais mis le feu.

Les Bonnes, Jean Genet



Je ne sais tout simplement plus écrire.

jeudi 27 décembre 2012

Hans Zimmer







"En face de lui, il n’y avait qu’une enfant belliqueuse, qui l’aurait sacrifié pour quelques éclats de rire, soutirant son pouvoir tyrannique de chacun de ses souffles. Il lui aurait craché dessus, l’aurait battue, lacérée, égorgée pour lui faire prendre conscience de l’absence de différence entre les gouttes de leurs sangs mêlés dans la poussière de leurs douleurs."


P.S. Je suis batmanophile, guys.

samedi 22 décembre 2012

Tristan and Isolde Prelude


- Le visage de ton fiancé a été déchiré par une balle!
[...]
- On ne le saura pas. Eva le lavera dans la baignoire.
- Ou nous lui mettrons un masque!

mercredi 19 décembre 2012

I'd say please (please); I'm your man


Gelée. Gelée. Tellement gelée. J'en avalerais mes orteilles.
C'est pas juste là là, que quoi? Que tu sois comme ça et que je souris comme une vieille conne et que je t'aime, invariablement.
Putain de bordel de merde, j'aimerais vraiment beaucoup retomber dans les fresques pour dénuer les noeuds de cravate.
La petite conne. Je suis cruellement hypocrite avec mes amies.

dimanche 16 décembre 2012

Hold out your delicate hands to feel me



J'ai 19 ans. J'aime le dessin, la peinture, la photographie, la mode, le cinéma, la littérature, le théâtre, la scénographie, la politique, l'histoire, le droit, la philosophie, ou apprendre, en général. Mon poème préféré du moment est Howl d'Allen Ginsberg et je lis une biographie d'Yves Saint-Laurent. Je suis en train d'écrire une pièce, peut-être qu'elle va être complètement bidonne, je n'en sais rien, et de toute façon, si elle l'est, je ne lâcherai probablement jamais ici que j'ai posé le point final sur cette page pixelisée; bon débarras.
J'aime les mots pixel, hématomes, épiderme et bien d'autres qui sont statistiquement décelables sur ce blog.
J'aimerais avoir une galerie d'art, un restaurant, un bar, un club, juste pour pouvoir les décorer à ma guise.
J'aime la vie de bohème, ces gens qui s'habillent en Eva B, sont hétéroclites, vivent de l'air du temps et "se foutent bien du reste". Souvent ils sont des artistes moches qui ne seront jamais exposés mais qui croient quand même à la valeur de leur oeuvre parce qu'elle a une signification toute personnelle pour eux, et ça les rend encore plus intéressants.
J'aime aussi le luxe, cependant, les paillettes et la banalité des existences où tout est permis à cause des liasses de fric, même si j'ai de la difficulté à me l'admettre par moment. Je ne choisirais peut-être pas cette vie là, non, mais elle me fascine vraiment et parfois, je me demande à quoi elles pensent quand elles se couchent, les héritières sans emploi à 24 ans qui sortent au Velvet, dansent sur les tables, se poudrent le nez et baisent dans des salles de bain de club propres.
J'aime boire beaucoup, et perdre le fil, et faire des confidences sur mon passé, et des folies comme grimper dans les arbres ou se baigner en sous-vêtements dans des piscines résidentielles, mais ne pas pleurer et être malade. Je suis obsédée par l'odeur de la marijuana et les pupilles des gens sur les amphétamines, la texture de la cocaïne qui étincelle comme de la poudre d'étoile quand on la frotte contre le bout de nos doigts, le drame des toxicomanes et la décadence de ceux qui sont trop friands de l'oubli des paradis artificiels.
J'aime l'autodestruction. C'est si esthétique, elle modèle les phrases comme Rodin n'aurait pas été capable de tailler un buste (mutilé).
J'aime aussi la sagesse et l'amour de soi, peut-être parce que ce sont deux choses si rares.
J'aime la bataille pour les droits de l'homme, les marathons d'écriture d'Amnistie Internationale, les tentatives désespérées de groupes écologistes pour éclairer les cocos d'industriels aux oeillères de fric bien vissées aux tempes.
J'aime les sphères de glace à la vanille qu'on dépose sur une pointe de tarte aux pommes chaude - même si je préfère la saveur à la noisette en général -, le fondant en caramel du Juliette et Chocolat, la recette de spaghetti aux tomates, roquette et fromage bocconcini de ma tante, les sushis, les pommes et les pamplemousses. Je mange du McDo de temps en temps, la plupart du temps lorsque je suis si high qu'on pourrait me balader comme un cerf volant au-dessus des toits plats du Montréal résidentiel. J'adore le café et je peux faire des raids de Tim Bits une fois par trois mois environs.
J'aime ma ville, oui, d'ailleurs, ma ville et ses magasins sur Saint-Denis à la hauteur de Mont-Royal, et ses bars à la hauteur de Sherbrooke, le café Art Java et Eldorado. Je souris quand j'entend l'accent français qui se répand comme une pandémie sur le Plateau, je rêve des cages d'escalier de fer du Sud de l'île. Je ronchonne quand il y a une tempête de neige et que je dois aller attendre le bus, mais j'applaudis comme une mioche quand les premiers flocons commencent à tomber. Même chose l'été; quand je transpire comme une bonne à cause de l'humidité du fleuve qui emprisonne la ville dans son carcan de chaleur, je peste contre les particularités météorologiques de Montréal, mais cette hargne vaut bien la sérénité d'un après-midi dans un parc à lire un bon bouquin.
J'aime les hommes, leur corps autant que leur coeur, les larmes qui scintillent aux coins de leurs yeux quand ils sont émus, la manière qu'ils ont de les retenir précairement derrière les barricades de leurs paupières papillonnantes. La texture d'une mâchoire dont la barbe n'a pas été tout à fait coupée nette.
J'aime les femmes, leur hypocrisie et leur sensibilité, leurs cheveux et leurs cernes lorsqu'elles ne sont pas maquillées.
J'aime la musique, sous pratiquement toutes ses formes, je m'en délecte, je m'en enivre, je dois passer au minimum 10 heures par jour avec des décibels harmonisés dans les tympans.
J'aime les descriptions textuelles de trucs que j'aime en liste d'épicerie comme celle-ci.

Mais malgré tout cela, je n'aime exister.
Je fais quoi, moi?

"I wish none of this had happened."
"So do all who live to see such times but that is not for them to decide. All you have to decide is what to do with the time that is given to you."


J.R.R. Tolkien.........................

samedi 15 décembre 2012

Get down 'til we are none

photo: advanced style
Si vous voulez réhabiliter votre amour pour l'humanité, allez y jeter un coup d'oeil.

"Wrinkles and scars and imperfections are signs of life, not of being young and naive and sexy and nonthreatening, so if an aging woman doesn't take measures to erase indications that she's built character through experience, if she can no longer be viewed as a sex object or as recently discovered and relevant, she may as well just disappear. It's subversive to age as these women do, making themselves present, because they want to be. I know now that I'd rather keep all my life scars and be erased for doing so than have to erase them myself."
Tavi Gevinson on Advanced Style women on her blog, www.thestylerookie.com


Bien sur, il y a la perfection des corps et la perversion des âmes, le rêche du lin et la caresse du satin, les boutons d'or arrachés et les corsets dégrafés. Il y a la consistance des peaux et le souvenir des os. Mais il y a aussi l'empreinte des âmes, tellement plus honorable, tellement plus satisfaisante de mémoire, si douce et si douloureuse dans son vide, mais tellement, tellement belle...
Mais voir un ami pleurer.
J'aime les vêtements. Beaucoup trop pour ce qui est bon pour la santé.
C'est vrai, quoi, tu flânes sur les sites de robes de mousseline et de jumpsuit de satin et tu te fais bombarder de figures longilignes au teint balancé par des logiciels de tarés, aux corps sculptés par des pinceaux pixelisés, et tes côtes soudainement sont trop saillantes, ton dos trop courbé, et toutes ces cicatrices qui ponctuent l'épiderme de clins d'oeil au passé ne sont que des poussières d'imperfection sur la toile ratée d'un esthétisme borgne.
Lana Del Rey a eu quoi, une dizaine de chirurgies plastiques? Et elle est tout de même placardée sur toutes les pages tumblr d'adolescentes à l'autodestruction latente, regard haineux sur un corps aux défauts magnifiques. Pi toutes les anges de Victoria Secrets, c'est plate à dire, mais c'est 0,05% de la population, fack on peut-tu S'IL-VOUS-PLAIT élargir les critères de beauté à la normalité?! Ne pas se retenir le ventre, aimer les courbes et les lignes et, le plus dur, même si on ne s'en rend probablement pas encore compte dans toute sa portée à 19 ans, aimer les stigmates de notre âme sur la peau de nos mémoires...
Ce qu'on nomme couramment une belle femme se fane si vite... Ses lèvres se gercent, ses jambes ne la supportent plus et leur ligne au galbe parfait se déforme, la peau de son décolleté se flétrit, le fond de teint creuse en dénivelés inégaux les cratères qui bordent ses yeux, sa bouche, ses sourcils, et lorsqu'on la compare aux clichés de sa jeunesse, cette vieille dame amère de sa perte n'est que... Une vieille dame amère de sa perte.
Au contraire, il y a ces personnes dont l'unicité magnifique de l'âme transparaît à travers leur façon d'être matériellement; j'ai une copine tellement géniale (que je n'ai pas vu depuis tellement longtemps...) qui déniche des perles hétéroclites dans des friperies éparpillées aux points cardinaux de Montréal, qui écoute du Justin Bieber sans honte de chanter à tue-tête, qui s'est teint les cheveux de toutes les couleurs du monde, dont son style a été critiqué jusque par son (ingrat) copain et qu'elle a malgré tout eu le courage d'afficher, qui a ses (gros) bobos qu'elle a à outrepasser (mais qui tient bon). Qui, lorsqu'elle sanglote, ferait pleurer une statue pour le lourd vécu qu'elle porte sur ses épaules de jeune adulte, et qui lorsqu'elle rit, transpire une sincérité si pure qu'elle donnerait un sourire à un vieux veuf qui n'a pas vu ses petits-enfants depuis vingt ans.
J'aime les ridules aux coins des yeux des femmes qui ont trop ri dans leur vie. J'aime les dos fatigués des vieillards et leur persévérance admirable lorsqu'ils prennent les transports en commun. J'aime les mecs qui ont des stretchs en métal avec un trou dedans. J'aime ceux qui lâchent l'école et aiment quand même leur vie. J'aime les vis dans les os qui ont été trop durement cassés. J'aime les humains, tout simplement, je crois. Les vrais, pas ceux laminés, pas ceux griffés et retouchés. Les humains tout cassés et retapés avec du sctoch tape, les humains qui sourient avec les dents cassées à cause des crochets que nous décoche l'existence.
Et j'aime les cicatrices des lames de rasoir. C'est une marque de nacre, un témoin d'une douleur si intense qu'elle devait se concrétiser, pouvoir se faire sentir du bout des doigts, et en même temps, c'est une preuve que la personne qui a supporté une souffrance si intense a eu la force de ne pas appuyer le tranchant du métal froid contre sa jugulaire. Qu'elle a réussit à exister malgré tout. C'est un exploit vraiment trop sous-estimé.
Je sais, je suis pas mieux, mes photos de blog sont des clichés en noir et blanc de corps parfaits en sous-vêtements, l'air mélancolique, la douleur esthétique... Mais peut-être qu'il serait temps qu'on apprenne tous à s'aimer, juste un petit peu au début peut-être, puis un peu plus, pour finir par admirer cet ensemble qui vieillira et tombera en morceaux mais qu'on aura chérit un tout petit peu d'être l'unique enveloppe de notre esprit... non?


* * *


Et là, maintenant, juste pour rendre mon article tout faux, ça m'a mis tout à l'envers de le croiser tout à l'heure par hasard, avec cette copine qui l’abhorre et qui lui lançait des éclairs par les yeux et des bonjours par la bouche. (Pourquoi ça rend mon article tout faux? Parce que cet homme est tellement beau, mais tellement, putain de Dieu de merde.)
J'ai envie de pouvoir analyser chaque pixel de ses bras une nouvelle fois, et de pouvoir me reposer dans les fresques d'encre qui tapissent son corps et dans notre histoire compliquée mais continue... J'ai envie qu'on puisse juste dormir un peu, comme tu disais, que tu puisses jouer dans mes cheveux et que je puisse t'embrasser sans avoir peur de ce que ça veut dire et ce que ça implique. 
Et en même temps, je me dis que je ne t'aime surement plus, et qu'il est ridicule d'encore s'acharner, qu'on a essayé, que ça n'a pas marché, que nous sommes capables et surtout, qu'il est temps de passer à d'autres choses, de trouver de plus beaux solstices dans des yeux qui ne se sont jamais perdus les uns dans les autres et replongé et dilués dans les pupilles amphétaminées de l'autre. C'est comme si on le faisait seulement parce que c'était plus simple, parce qu'on a été habitués à s'aimer et qu'on est confortable avec l'idée d'avoir de l'affection pour ce visage, ces manières. Et à la fois, nous sommes constamment étrangers l'un à l'autre... Ma tête est un bordel.
Je me prend un vertige incroyable du moment où il va se trouver quelqu'un de bien, qui l'aimera et avec qui il pourra être en relation véridique, bien, heureux, en paix, avoir du bon sexe serein ou déjanté...
Et je me sens tellement, tellement stupide que tu me manques à ce point pour strictement, mais strictement rien, out of the blues, out of mon affection incommensurable pour l'autre.
Putain de bordel de merde.
Bon, je vous laisse, je vais écouter les trois Seigneur des Anneaux in a row. L'effet Hobbit.
(Il faut qu'on les voit ensemble, tu te souviens?)

vendredi 14 décembre 2012

Nobody rules these streets



On a passé la journée ensemble, à faire le tour de la ville dans sa voiture. On a mangé des sushis et on est partis sans payer ceux qu'on n'avait pas mangés, petits vilains illégaux que nous sommes (c'est la faute de la serveuse). Il oublie et n'aime pas que j'existe sans lui. Il part pour le weekend à son chalet et je me sens comme un pauvre petit chien de merde qui est capable de vivre sans un appel par jour. On est rentrés dans un sex shop pour acheter un cadeau à son copain et la madame nous a conseillé des beaux trucs. On a été pris une heure dans le trafic, à écouter de la vieille musique italienne, des sons nationaux de cornemuse et du Lana del Rey (encore, encore, jusqu'à ce que "il s'en tanne". Coulos). On a mangé des Tim Bits et on a dansé comme des p'tits fous dans son auto.
Il m'a déposé chez moi et m'a dit au revoir avec une étreinte plus courte qu'un clignement de l'oeil.
J'suis sensée faire quoi, moi, dans tout ce bordel?
Je suis complètement gaga.
Et on serait tellement bien ensemble, PUTAIN DE MERDE, PEUX TU LE VOIR, S'IL-TE-PLAIT?
Ah, j'oubliais, tu t'en calice.

samedi 8 décembre 2012

A thousand kisses deep










You win a while, and then it's done - 
Your little winning streak.
And summoned now to deal
With your invincible defeat,
You live your life as if it's real,
A thousand kisses deep.












Je sais pas quoi en dire.

Settle down in a lie and be happy comme eux, ou continuer à se battre seule pour une honnêteté avilissante ?
Je me sens tellement triste, seule et fauchée pour les prochains mois...
Leonard, Leonard, toutes tes chansons me font pleurer.

jeudi 6 décembre 2012

Chopin, Chopin, plein plein de Chopin!

J'ai fini la première scène.
Je jouis, sérieux.

The sun goes up and the sun goes down, [...] all I do, I wanna do with you




PS. J'allais oublier: achètes moi un chaton pour Noël comme tu m'as promis s'il-te-plait, ça serait gentil.

Nocturne in C# Minor


......................Chronique loufoque de pensées éparpillées.


Théâtralité de conneries spontanées et inachevées!
"Vers sans fin, nuit sans lune", comme je l'ai déjà écris dans un poème intoxiqué quelconque.
J'ai tellement hâte de finir Les Noces pour le faire lire à quelqu'un, Jesus Christ.
J'ai aussi plein d'ambitions de photographies ces temps-ci. Des beautés de nymphe englouties dans l'eau d'une baignoire à pattes, en sous-vêtements couleur chaire, aux joues carnées et aux paupières creusées de maquillage qui coule en rigoles moroses loin de leurs orbites azurés, tenant entre leurs doigts au vernis à ongle écaillé des bouquets de fleurs séchées dont les pétales fanées flottent mornement sur la surface statique comme une mer d'huile; un homme aux cernes violettes habillé d'un complet propre aux boutons de manchette rouges, assis à une table de bois rude et sec, tenant dans chacune de ses mains deux couteaux de grandeurs différentes, avec une bavette d'un blanc immaculé éclaboussé d'une grande tache purpurine et, en face de lui, dans son assiette, une pomme grenade éventrée; une fillette assise sur un banc de métro, l'air désespéré, avec un sac de pommes renversées lui ayant vraisemblablement glissé des mains. Des travestis qui fument des cigarettes de Popeye. Je vais vous écrire des belles dissertations sur le pourquoi du comment.
Un copyright bien gras sur toutes ces jolies conneries, au cas où un jour, j'aie l'argent de m'ouvrir une galerie! Vous viendrez y exposer des trucs divers et boire du mousseux bon marché pour qu'on discute de ce moment où on ne se connaissait que derrière nos mots, ce sera rigolo.
J'ai recouvert une gigantesque toile inachevée de Gesso. C'était une petite funéraille à coup de pinceau industriel. Je crois que je vais la remplacer par une représentation imagée de The Partisan. Ou n'importe quoi. Des larmes en papier de soie.
By the way, guys, même si ça risque d'être compliqué puisqu'il est rendu à 78 ans, si vous avez une infime chance d'aller voir Leonard Cohen en spectacle, Dieu, saisissez-la, saisissez-la, je vous en prie! Famous Blue Raincoat était sereine, et douloureuse, et touchante, et belle à en crever.
J'ai fini mes cours. J'ai foiré mon travail final de 30% en politique. S'pas grave, au moins j'ai fini.
Parfois, je me prend à croire à ce que tout le monde dit - que j'ai l'air d'une enfant parfaite vu de loin, une fillette qui s'habille en jolis vêtements, qui a des cheveux aux reflets roux et dont les boucles éparpillées respirent la liberté, qui tente d'avoir une conscience sociale et qui réussit la plupart du temps en essayant de travailler sa sagesse, qui parvient à avoir une vie sociale tout en se tapant des 90% malgré ses crises d'angoisses cachées sous le couvert d'appels téléphoniques apeurés, qui a du vécu, un ex avec des bras en tapisseries, des cicatrices sur le corps et des scarifications au coeur, et qui est touchante à en mourir pour toutes ces raisons.
D'autres fois, je me regarde et je me dis que le gris souris de l'antique complet d'un comptable retraité a plus de vie, de vécu et de valeur que moi.
En ce moment, je ne sais pas trop où je suis sur l'échelle de Richter de mes délibérations personnelles.
J'ai relu la première version de mes Chroniques de la folie sentimentale (les textes les plus marquants que j'aie écris entre l'automne de 2010 et l'été 2011) et, vraiment, c'est abattant à en mourir; chaque mot est un maux qui pèse sur les pupilles, qui baisse le regard et serre le coeur. Vraiment, je me demande comment j'ai survécu jusqu'ici si chaque de mes rubriques existentielles sont des odes à la Faucheuse et des dépréciations de la valeur quotidienne de nos jeunes jours dégénérescents. Suis-je encore aussi suicidaire, nom de Dieu? J'aimerais tellement croire que je vais ne serais-ce qu'un peu mieux pour me dire que je ne suis pas qu'un poignard dans les coeurs pixelisés de lecteurs anonymes...
J'aimerais parfois semer quelques graines d'espoirs dans les champs stériles des campagnes mentales adulescentes.
- Précision à faire: oui, adulescente est un mot valise, pas une erreur d'orthographe récurrente chez moi. Voilà, mon honneur est sauf. -
Pour finir cet article sans queue, tête ou tout autre membre utile à la survie de l'humanité: Chopin est une linceul de douce dentelle noire pour les tympans, une liturgie funèbre pour les âmes nobles et agonisantes.

mardi 4 décembre 2012

Like the coldest winter chill, heaven beside you, hell beneath.



J'essaie tant de comprendre, si tu savais, j'essaie tant de comprendre... Plus encore, d'être forte et d'accepter tout simplement, tout bêtement que les sentiments s'envolent comme des confettis au vent, qu'il ne faut pas essayer de saisir toutes les parcelles de paillettes qui nous éblouissent pour un instant et dont la magnificence est ensuite déchiquetée par le mistral de Chronos... 
Mais tu ne me rends pas la tâche très facile, surtout lorsque je suis collée contre toi, que je pourrais jurer atteindre cette étrange et sereine stabilité émotive, cette envie irrationnelle pour la petite apocalypse que je suis de laisser tomber les valises et d'apprendre à vivre de façon statique... et que je songe au fait que cette vie commune, tu en as fais la promesse à une autre.
Je ne comprend pas exactement ce que je veux non plus, pour être honnête. Ce n'est pas vraiment moi, cette envie d'avoir quelqu'un dans ma vie non pas à l'impératif du présent, pour unir les peaux, pour coudre les songes, mais à long terme. Pouvoir rester avec la même foutue entité pour des mois, des années lorsqu'on apprend à l'aimer au quotidien dans toutes les micro facettes de son être.
Le sourire de contentement qui erre imperceptiblement sur ses lèvres lorsqu'elle déguste un plat qu'elle adore, les cernes qui teintent d'un lilas touchant la bordure de ses yeux brodés de la dentelle de ses cils sans mascara lorsqu'elle se lève après une nuit de nacre, la seconde qui fait déborder la marmite sur le feu de ses émotions avant qu'elle ne fonde en larmes, la couleur et la texture de ses plus vieux et horribles soutifs, son écriture chevrotante lorsqu'elle a un peu trop bu, l'éclat de son teint lorsqu'elle est malade et sa marque de thé favorite, tous ces infimes traits de pinceau qui créent le portrait pointillistes de son existence...
Bordel de merde.
Non, ce n'est pas vraiment moi, je suis meilleure pour m'échouer dans les couvertures et prédire les départs hâtifs, je suis meilleure pour faire sourire et briser la colonne vertébrale de l'attachement que les autres me portent avec un faux-mouvement trop brusque alors que je leur caresse la nuque. Je n'ai jamais vraiment appris à aimer comme du monde, j'ai fais un stage d'accord, mais ce n'était que trois mois. Trois mois, ce n'est pas assez pour parvenir à se convaincre de sa propre valeur sans avoir besoin de se le faire prouver à chaque détour de regard.
Ce n'est pas toi, bien sur, c'est une évolution dans ma pensée, et tu coïncide par hasard avec cette phase étrange et désagréable...