lundi 26 novembre 2012

Million Dollar Man, pour la enième fois


L'extinction de ces espérances. La mort d'une étoile, silencieuse, implosée, détruisant tout, tout, tout; les constellations de sourires que des années-lumières de poussières de temps ont étirées dans la voute de ma jeunesse tachée, et tous ces orbites vains, ces vas-et-viens magnifiques, inutiles, si belles, si vaines...
Je délire, totalement; je sens les bribes de saineté qu'il me reste au fond de ma cavité mentale s'étioler en de longues trainées d'espoirs dorés, que je voudrais disperser ou balayer en tranchées à inspirer pour perdre la mièvreté de ces douleurs esseulées dans un paradis certes éphémère, mais qui ne me trahirait pas au détour d'un regard.
Je lui ai crié après à en perdre la voix, plus de raffus qu'une capsule humaine arrachée à l'atmosphère sale de nos vies déchues, au milieu d'éclairs cosmopolites des flashs éblouissants de ces médias avhilissants. Je lui ai pratiquement craché dessus, je pleurais presque de rage, et il ne comprenait pas, ou peut-être comprenait-il trop... Puis, je me suis effondrée par terre, comme seuls les fous rongés par leurs têtes et intempéries le font, sans être capable ni même désirer me relever.
Des larmes trop denses m'ont aveuglées et flouent encore le filtre de mes pupilles, comme si je détaillais ce monde à travers une prison de verre bosselé. Il n'y avait personne d'autre à des milles à la ronde que lui pour me remettre sur pied, et il a obtempéré à cette tâche en me retenant doucement appuyée contre lui, en silence, sans oser trop me serrer, mais chaque fibre de ses muscles exaltant son envie de ne pas me voir me morceler là, sous ses yeux.
Mon esprit d'allégorie me donne envie de gerber tellement la poésie de ses phrases rythmée est inutile, inconsistant face à la compacité de mes tourments. Je le déteste de ne rien pouvoir faire pour atténuer ce labyrinthe fermé aux deux extrémités, et je me déteste d'autant plus de souhaiter le voir brailler autant que moi. Je m'en veux tellement, je m'en veux tellement, de ne rien avoir pu saisir d'autre que l'espoir de son attachement dans l'enclave de nos doigts.
Tu vois, nos âmes se sont tant accrochées et attirées que j'aurais bien dû me douter qu'elles étaient destinées à se fracasser ou à déraper de leurs orbes désaxés; à s'écorcher, dents graphignant le cou et ongles râtelant les omoplates, ou à s'éloigner, en un coup brusque et bouleversant, subitement, à violemment de l'un et de l'autre s'arracher. Nos allez-retours sentimentaux, valse céleste de vas et viens, ne seront pas détaillés par les pupilles émerveillées de jeunes amphétaminées, perdus dans des bois estivaux, alcooliques, ou tout est permis. J'ose espérer que nous ne faisons que suivre l'éllipse d'une comète, trop vaste pour être détaillée, mais je ne suis pas prête à attendre des lunes pour voir tes émotions reluire dans la laque de tes iris, et je sens la glace de cette invicibilité supposée couler sur les courbes de mes pommettes sans bien d'espoir de longévité.
Visage sali de ponce, sentiments volcaniques et mélodies nostalgiques et caressant violemment mes réminescences, au creux des tympans, se répercutant dans ces colimaçons de douleurs comme mes larmes ricochent contre les galets nacrés de mes joues pour ruisseler contre les falaises de cette poitrine trop vide de toi.
Chaque lourd et douloureux battement de mon coeur n'est que la raisonnance de cet abandon amorcé il y a quelques semaines déjà, et qui se poursuivra pour les six prochains mois.
Toujours revient cette question, le pourquoi de tant d'héchimoses si c'est pour encore me lacérer la peau sur les dents acérées de cette existence qui ne doit pas vouloir de moi à tant me marteler de ses fougues; je cours vers une lueur dont je ne discerne pas la source, je m'enfarge, je trébuche, sans jamais oser prendre ces éclats d'onyx qui me tranchent l'épiderme et faire glisser leur froide caresse contre les ruisseaux qui s'écoulent faiblement dans mes poignets, sous ce carcan de papier de soie qui laisse entrevoir la salvation de leur bleue liberté.
Je ne saisis même plus la beauté stellaire de l'immensité de mon vide, perdue au milieu de ces mémoires vaines, à essayer de ratrapper quelques bribes de certitude dans ces chorégraphies terminées. Je ne trouve rien d'autre que ce néant noir mangeant chaque soupir, chaque sourire, de l'impératif de ma fin.
Peut-être étais-je une géante rouge, brillant plus puissamment que les autres simplement car elle était destinée à s'éteindre plus rapidemment, en un éclat de lumière et de chaleur trop fort pour le reste de son univers, avant la noirceur perpétuelle de sa disparition. Et si ma peine s'est éclipsée, peut-être était-ce pour mieux m'aveugler lorsqu'elle me serait de nouveau dévoilée, rétines brulées par le trépas d'un rêve étoilé.

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