samedi 17 novembre 2012

Credits song


"You're not really gonna drink a whole bottle of tequila, right?"
"I'm that kind of girl."
Chugs.


Ces jours-ci, je suis incapable, mais alors là, incapable de travailler un tant soi peu sur mon capital intellectuel. La seule chose que je sais faire, c'est attendre les weekends, me perdre dans des accords discordants, toujours plus particuliers, expérimenter des bars marginaux et des bières délicieuses, déambuler sur les boulevards, l'aimer dans le reflet fisheye d'une bouteille vide, désirer son ami jusqu'à m'en brûler pratiquement les doigts - surtout lorsqu'il tire sur sa cigarette avec cette impression de je m'en-foutisme on ne pourrait plus dangereusement séduisante - et souhaiter, au matin, alors que le Sahara tambourine son écho au creux de ma boîte crânienne, recommencer de nouveau ce déluge adulescent... We are the kids your parents warned you about.
Je ne me peux plus d'attendre les vacances de Noël, ma famille dans le confort de soie de ma résidence secondaire perdue au fin fond de bois givrés dans l'armée de glace du Québec nordique, le chapelet de douceurs de ces liens sanguins récités au matin du 25, son chalet où nous danserons comme des dégénérés... New York, peut-être, New York, je vous en supplie...
Mon Dieu que je ne me passerais plus de mes partenaires d'apocalypse.
Nous sommes allés dans un bar irlandais convivial de McGill, (leur piaule, apparemment), et c'était tout simplement génial de déguster d'excellentes bières importées à huit dollars la bouteille sous la danse caractéristique de natifs maniant le violon et la mandoline avec brio, aux mélodies qui s'enfilaient autour de mes tympans et emprisonnait mes synapses dans l'étreinte de noeuds celtes... Des gens qui tapent des mains trop fort et trop longtemps, une quantité d'alcool tout à fait phénoménale, des planchers de vieux bois empourpré sur lesquels les talons doivent faire clac clac à quatre heure, lorsqu'on passe la serpillière sur les lattes collantes de bière...
Les deux instigateurs de l'aventure avaient tellement l'air à leur place, et ils étaient tellement beaux à voir, c'était incroyable. Je sais que c'est mon affection - et mon niveau de toxicité - qui m'empêtre les synapses, mais il me semblait tellement, tellement magnifique, imprégné des fibres de ses racines avec encore plus d'évidence, dodelinant légèrement de la tête au rythme entraînant de la musique, chantonnant parfois des comptines alcooliques au détour d'un verre et des regards, accoté contre le bar de bois... Ah, putain de merde.
L'autre, je crois que je n'ai même plus besoin d'en parler rendu à cette page de mon blog; je suis redondante, mais jusqu'à un certain point, tout de même.
J'ai introduis un de mes amis à cette petite bande de sympathiques lurons et ils se sont bien entendus, et ça m'a fait tellement plaisir de savoir que je pouvais essayer de tisser les différentes pièces de ma garde-robe sociale sans craindre de faire des mélanges trop discordants. Le velours de ma considération, le cuir de ma sauvagerie, la dentelle de mon romantisme... Ça se rejoins à quelque part, apparemment. Je ne suis pas que lambeaux d'âme déchirés au gré de mes crises.
On s'est pris deux shooters de tequila à 8 $ l'unité. Puis-je tenter d'exprimer à quel point ils étaient géniaux sous la langue?
J'ai dépensé 40 $ des 80 que j'ai en compte, et je ne crois même pas le regretter... Ce coin huppé du centre-ville, il en vaut quelques fois la peine.
Je suis sortie pour fumer une cigarette en bonne compagnie. "En parlant du loup..." Chic, ça.
Et puis je suis rentrée tôt mais défoncée comme dix. On a attendu dans sa voiture une trentaine de minutes afin qu'il retrouve un peu plus sa conscience, dopé à l'adrénaline comme il l'était. J'ai joué dans ses cheveux pendant que mon autre copain et la gueule d'ange discutaient de rêves lucides, on a parlé un peu du fait qu'il n'avait pas parlé au dit copain comme il s'était promis de le faire, justement. On a écouté de la musique étrange de sa copine cokée. J'ai marché avec mon copain jusqu'à Saint-Denis et Sherbrooke...
J'aime tellement ma vie de petite dévergondée, malgré les cancers imminents et ma peur du vide intellectuel.

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