vendredi 26 octobre 2012



J'ai envie de prendre soin de lui. Passer mes doigts dans ses cheveux bouclés et lui répéter que tout va bien se passer, réussir à rendre l'inacceptable davantage possible, changer le poison en nectar moins âpre qui coule dans sa gorge pour y engloutir les rires, élixir dont il n'aurait pas besoin de noyer le goût dans la tiédeur réconfortante du fort.
J'ai envie de pouvoir passer une nuit entière seulement à le veiller. Comme un enfant. Voir quelques larmes perler au coin de son oeil, qu'il murmure de ces secrets qui ne se sont glissées à mes oreilles que dans les moments les plus étranges de notre solstice, devienne ce mioche que je déteste à la fois mais qui m'attendris au plus haut point, tant que je ne peux plus lui en vouloir de poser chaque de ses mots teintés de jugement, énoncer chaque de ses commentaires désobligeants... Lui flatter doucement le dos, jusqu'à l'aurore, mes doigts frôler imperceptiblement sa peau douce, recenser ses grains de beauté, tomber endormie une heure ou deux peut-être, me réveiller pour voir qu'il est encore assoupi...
Je ressens la plus intense des tendresses à son égard, j'ai envie de le protéger de tout ce qui menace son précaire équilibre mental, prendre sur mon dos tous ces poids qui s'accumulent sans qu'il n'ait la force d'en soulever aucun. Dieu, j'ai envie de prendre un taxi à 4h du matin pour aller voir s'il est correct à l’hôpital  s'il a besoin d'un café, d'une remise en question.
Je ne demande même pas à pouvoir l'embrasser. Juste pouvoir être une partie essentielle de son monde me suffirait.

Mais ce weekend, il sera complètement défoncé, désemparé, il criera, il sautera n'importe où parmi ce carnaval de grotesques personnages, âmes juvéniles désabusées se vautrant dans la drogue, le sexe, l'alcool, le suicide stroboscopique, jusqu'à 6 heures du matin, quand débordent sur les boulevards les centaines d'épuisés en descente, incapables de fermer l'oeil et trop abattus pour regarder le monde à travers les mêmes pupilles.
Et aujourd'hui, je l'ai détesté tellement violemment de ne pas assez m'aimer que je fouterai toutes ces espérances déçues aux vidanges pour me réconforter dans l'étreinte de son copain.
Moche comme ça, la fille, oui.

1 commentaire:

  1. Bordel. J'ai l'impression de me retrouver face à mes sentiments, c'est drôlement étrange, foutrement fort. Beau beau beau.

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