lundi 10 septembre 2012

I just wanted you to know














Je me sens d'une insignifiance
re-mar-qua-ble.











Quand tu me mords et me lacères et me suicide de tes phrases trop succinctes et pourtant emplies de tant d'indifférence, un contenant plein rempli du vide, l'addition de la matière et de l'anti-matière, je sens la brûlure intense de ton flegme qui m'enflamme la conscience et me fais oublier le gel de mes yeux, ces cristaux glacés qui me piquent de leur détresse comme une massive chute dans des milliers d'aiguilles. J'oublie que tu m'as déjà aimé: à présent, il n'y a que moi, face à face avec ce mépris pire qu'une hargne inexistante, qui crache à mes yeux affamés de tes mots familiers que je ne vaut rien, plus rien, que je suis médiocre, et que je ne mérite même pas de savoir l'ampleur de ce dédain incolore.
Et je reste néanmoins dépendante de ton odeur, cette essence insolite du parfum qui embaume la peau de ton cou d'une curieuse exhalaison masculine, entrelacée des vestiges de cigarette qui imprègnent tes empreintes digitales. On y lirait la fumée, entre les cratères de ton unicité.
Ton coeur est la boussole affolée laissée sur le pôle de mon émoi.
Je suis le miel sur les lèvres d'un cadavre aux orbites grands fermés. Eyes wide shut.
Tu passes tes doigts dans mes mèches bouclées, avec une douceur toute calculée pour calmer le mal qui émerge de chaque pores de ma peau et qui immerge les berges de mes paupières, baignant d'écume mes cils immobiles comme les voiles d'un navire caché dans le fjord de tes iris, suspendant à ce rideau de noir volume des perles de larme lourdes comme l'ancre qui me retient à toi. Je préférerais que tu me tires les cheveux, à pleine poignée, jusqu'à me les arracher, que tu me fasses hurler de douleur pour effacer les lettres de ma tendresse tracées au rasoir dans mes lèvres de marbre blanc.
Je ne pleurerai pas. Je ne pleurerai plus jamais. Mais, enfermée dans ma cage thoracique, je cris et déchiquette de mes ongles sales mes songes souillés par ma douleur, stigmates de mon attachement gravé au creux de mes poignets pour ne pas oublier ces vains battements de mon coeur qui ne s'essoufflent que pour exploser plus vite, tache indélébile qui toujours me rappelle que je t'aime, que je t'aime, tellement que je te déteste.

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