samedi 18 août 2012

So please, please, please, let me get what I want this time



Je voudrais avoir un vernissage où je puisse porter une robe de paillettes noires coupe T-Shirt, des talons hauts vertigineux d'un cuir mat de teinte onyx, un chignon léché plus classe encore que Chanel en aurait porté et ce rouge à lèvre grenat qui me va si bien. Juste pour une fois où je prendrais sur moi toute la responsabilité de mon plaisir coupable de bourgeoise, expliquer ce que j'ai essayé de vouloir dire par tout ce grabuge multimédia avec un verre de mousseux en main.
Si j'en faisais un deuxième, je m'habillerais en loques, j'errerais entre mes décombres de sculptures avec la même coiffure, mais dans une salopette en toile de sac à patates recyclé.
J'ai des manies comme ça de vouloir me surprendre moi-même et la populace mondiale. Si j'étais célèbre et que j'invitais des journalistes dans mon loft avec vue sur le centre-ville pour une entrevue, je leur proposerais du brandy alors que je me délecterais d'un verre de lait en tirant sur une cigarette en bonbon. Ils n'y comprendraient rien et moi, je rirais dans ma barbe en esti.
Je rêve à une vie étrange et vaporeuse où ces deux années de subtile torture grimée de passion scolaire auraient servies à quelque chose de vraiment bien, m'auraient apprises que je pouvais m'aimer assez pour exister, même au milieu de personnes qui me jugent à chaque remarque que j'articule mentalement et ne portent que du Michael Kors et des trench Burberry. Je ne sais pas trop si elle existe parallèlement à mon destin, ou si elle est de configuration perpendiculaire, mais j'espère bien croiser un jour cette femme accomplie et sereine dans le reflet de ma glace, un matin, alors qu'elle déciderait de ne pas appliquer de mascara à son regard comme elle sort de la douche pour marcher jusqu'à l'université.
Tout de même, pour l'instant, il y a un avantage: tu me fais sentir bien. Je ne sais pas pour combien de temps, puisque je recommence les cours dans deux jours et que j'ai atrocement peur de te tomber sur les nerfs, mais bon, je ne veux pas paranoyer sur ça par dessus le marché.
J'aime le fait que tu es fatigué de fumer et que tu ne te comprends pas trop. Ton sourire en coin et ton rire comique, non conventionnel. Ta colère voilée et retirée lorsque tu bois un peu trop, les mots vulnérables que tu me confies lorsque tu sens qu'ils seront perdus de toute façon dans les méandres de tes synapses trop imbibés. Ta voiture, même si elle sent la cigarette à plein nez, et les escapades qu'on peut faire avec elle, conduire jusqu'à l'île Sainte Hélène à 11h pour aller observer en silence les lumières des modestes gratte-ciels de Montréal, de l'autre côté du fleuve, et ensuite se faire une virée jusqu'au haut du Mont-Royal pour que tu fumes tes tops selon un autre point de vue, en mangeant des croustilles dégoûtantes. Monter en haut de glissades pour enfants à 4h du matin, boire deux ou trois bières bon marché du haut de cette naïveté multicolore et allumer ton briquet seulement pour voir danser la flamme qui mange le corps de tabac de ta top. Ne pas me soucier de ne pas être maquillée ou d'être un homme tellement mes jambes sont hideuses d'absence de soins. Détailler le dos délicieux de ton ami sans avoir à avoir peur de la douleur que tu pourrais ressentir. Vouloir t'embrasser comme on se parle à quelques pouces, flottant entre la terre et l'espace dans ta piscine. Ne pas me le permettre. Dormir dans le même lit, séparés par un mètre au moins, sans la fin facile à prévoir de nos corps qui s'embraseraient, ficelés par les chaînes de l'alcool. Que tu ne m'aimes pas et que je le sache sans que cela ne me dérange, et que je me fasse lentement à l'idée que ce mirage estival s'estompera probablement fort rapidement une fois que j'aurai remis mon nez dans les bouquins et retrouvé ma drogue des notes vertigineuses.
Tout de même, en ce moment, j'aurais envie de t'embrasser sous les vagues de couvertures de coton blanc laissant filtrer quelques larmes d'un soleil de midi toquant aux carreaux de la gigantesque fenêtre de ma chambre, ouverte sur le mur rideau de ce futur appartement qui roupille rue Sanguinet, dans ses ruines patientant pour abriter nos rêves, les miens tout particulièrement (Putain que je ne peux plus attendre d'avoir ce petit chez moi à côté du Vieux.).
Je me réserverais 20$ par mois pour acheter des fleurs, probablement différentes dépendemment de mes états d'âme, que je poserais dans un grand vase sur une table de bois achetée chez un antiquaire minable. J'utiliserais mon store actuel pour projeter des films incroyables que je ferais un peu à la manière d'un Disc Jockey. Je ferais l'amour souvent et je m’achèterais des lampes de couleurs pour tester l'influence des ambiances sur l'atmosphère de l'amalgame des corps et des âmes. Je dormirais à 8h lors de soirs de fin de semaine pour être en forme lorsque je devrais me lever tôt pour aller au travail. J'aurais un chevalet qui tomberait en morceaux mais que je réussirais tout de même à amancher pour pouvoir peindre debout. J'aurais un mac et une bonne caméra. Je m'acheterais du Napa une fois par année pour le boire toute seule.
Putain putain putain. J'ai tellement hâte de me sentir exister.

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