dimanche 26 août 2012

Memorial, Explosions in the Sky


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J'aurais aimé pouvoir me donner le droit de fermer la porte doucement derrière moi, sans tourner l'interrupteur, plongés dans une semi-pénombre qui découpe les ombres des visages comme le couteau de nacre de la lueur de la lune délimite les frontières de la noirceur des corps. De détacher un à un les boutons de ta chemise de lin, sans te quitter des yeux, enchaînée à tes prunelles. De la faire glisser doucement le long de tes bras, une manche à la fois, lentement.
Oui, enfin, j'aurais voulu effleurer des fins coups de pinceaux de mes doigts ton épiderme frémissante pour y peindre le portrait de cette émotion trouble aux tendances pointillistes, aux zones lumineuses de bleue liberté et aux nuances d'un rouge cerise qui n'évoque pas la passion charnelle des nuits grenat, mais bien la douceur voluptueuse de l'intimité timide et tendre. Des heures durant, pouvoir simplement goûter du bout des empreintes digitales cette émotion indescriptible sur tes traits, mélange bigarré de désir, d'incompréhension, de fascination et de bien-être, toutes ces sensations et émotions qui viendraient en vagues esquisser leurs frissons en un froncement de sourcils imperceptible ou dans un sourire tant effacé qu'il ne plierait en rien la peau de tes lèvres.
J'aurais pu ne même pas goûter à la plénitude de nos amalgames. Simplement de lire le plaisir tracé en braille contre tes lèvres délicates, déceler ta fièvre existentielle dans l’indicible tremblement de ta bouche si étrangement modelée, retroussée, se languissant de l'empreinte de cet interdit, me suffirait amplement.
[...]
Peut-être l'avez-vous déjà remarqué, j'ai une fascination indescriptible pour la sensualité.
Toujours j'ai passé pour une salope qui ne cherchait que frictions satisfaisantes dans des escarmouches nocturnes avec le bon, la brute et le truand alors qu'en réalité, chaque minute de ces aventures représente une perle d'humanité qui me ferait pleurer d'émotion tant elle renferme les merveilles profondes des sous-sols de dizaines de coeurs. Il serait probablement plus simple que je ne fasse que quêter les plaisirs vite fanés des fleurs ardentes de la jeunesse animale, mais, ne vous en déplaise, je cueille chacune de ces corolles avec la naïveté presque enfantine de me délecter des sourires de gamin ou des larmes orphelines, de l'immense liberté ou de la captivité mentale qu'on dérobe au détour d'un regard ou d'un baiser. C'est à faire pleurer d'émotion, la beauté de la fragilité humaine ainsi dévoilée.
Oui, ce qui me captive de la sexualité, ce n'est pas le plaisir physique qu'elle procure, frottements et soupirs semblables d'une personne à l'autre et franchement lassants, mais bien la fenêtre sur les âmes qu'offre le dévoilement des corps.
Quand glissent les robes et se dégrafent les chemises, c'est comme si la conscience tombait aussi à nu.
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Teintes de rouge.......

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