vendredi 3 août 2012

Lightstick, Zola Jesus




Find what you love and let it kill you.

- Bukowski


Qu'est-ce qui peuple mes déserts mentaux, outre cette curieuse rose des sables que je protège de mes doigts de papier de soie en contrôlant mon souffle pour ne pas froisser ses douces pétales? C'est comme si j'avais oublié à quel point mon existence est vaste, incapable de me concentrer sur autre chose que cette mièvre fleur qui finira par craquer et dont je n'apporterai dans mon pèlerinage mortel qu'un éclat de poussières pour me rappeler que j'ai aimé, quelque part dans le temps, mais dont les traces aura été effacée par le zéphyr.
Laisses-moi te montrer à quel point les déclinaisons de nos crânes sont infinies, juste une nuit, une portion de celle-ci si toutes ces heures sont trop lentes pour m'accorder la confiance de la vitalité factice, accordes-moi simplement de minuit à l'aube pour te démontrer tout le beau qui attend de fleurir dans les jardins de nos imaginations, je te promet que tu ne le regretteras pas. Je vois déjà tant de tableaux dans tes synapses simplement au détour de tes formulations, tellement de perles de cristal bouleversé que je voudrais pouvoir cueillir de tes cils, du bout de l'index, comme on recueille doucement la rosée lorsqu'on se promène pour la première fois dans ses vapes lumineuses, à cinq heures du matin, lorsqu'on a des yeux d'enfants et la beauté de leur naïveté. Je veux enlever le linceul qui recouvre tes mémoires douloureuses et panser les coupures que tu t'es infligé pour leur ériger le mausolée nécessaire à leur véritable trépas et à un deuil achevé, je veux épier à la racine de tes sourires jusqu'à la première vibration de tes cordes vocales, je veux que s'exhibe cette fine veine de tension luxurieuse et qu'elle batte le long de ta tempe le rythme saccadé de ta respiration, je veux te voir exister jusque dans les plus bénignes ramifications de ton écorce, même celles destinées à se casser à la première bourrasque. Parce que l'unicité me fascine, tout particulièrement la tienne, même si je ne suis pas certaine de qui tu es.
Car je parle toujours à quelqu'un lorsque j'écris, un tu invisible qui écoute distraitement, mais je ne suis jamais vraiment totalement sure de qui il s'agit ou qui je voudrais que ce soit; je ne me permet pas toujours de donner à ces deux lettres le visage de ceux que je voudrais qui m'entendent, parce que prêter des traits, c'est tenter de concrétiser l'illusoire de ma tête, et donc, nécessairement, se confronter au plexiglas dans lequel me cloître les facteurs tangibles de ma vie. J'ai toujours mieux réussi à exister avec les ailes de mes  songes qu'avec les chaînes de ma rationalité...
Peut-être est-il une elle. Peut-être ne l'ai-je pas encore rencontré... Ou peut-être n'existe-t-il même pas. Et alors, je serais réellement seule avec mon aliénation, mais je crois que je pourrais être heureuse, déconnectée.

2 commentaires:

  1. Quelqu'un pour quelqu'une. Un destinataire onirique & des lettres qui se perdent en chemin. Tout ça m'est familier. En revanche, le destinataire n'est jamais si imaginaire qu'on veut bien le croire.

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  2. Dans les kaléidoscopes derrière lesquels on se cache, sous les alambiques dans lesquels on s'égare, qu'on se l'avoue ou non, qu'on le veuille ou pas, il y a une esquisse de sourire pour qui tout ça à un sens, je le crois en tous cas. Le "Tu" nous protège là où le nom nous tuerait.

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