vendredi 10 août 2012

Blue Valentine Soundtrack


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"Je t'aime bien même si tu prends un plaisir malsain à agir en salope, je t'aime bien parce que tu te fous complètement de nous, que tu nous mènes en bateau, lui et moi. Tu en as rien à foutre et j'adore ça. Tu ne sais pas ce que tu veux, tu es cette petite fille égarée dans ses pensées qui stagne et qui attend d'avoir des réponses, des réponses inutiles parce que tu vas les ignorer, parce que tu vas t'en foutre. Parce que rien ne compte pour toi, rien n'a d'importance. Tu es plus libre que nous tous, plus pauvre et plus tarée aussi, mais tellement plus libre. J'envie ta liberté, j'envie ton ignorance, ton je-m'en-foutisme naturel et désobligeant. J'envie la manière dont tu craches sur ton avenir, ta manière de rire à la figure de ceux que tu blesses, ta manière de crier haut et fort à quel point on est tous pareil, parce que tu as raison. On est tous les mêmes."
Asteroides (un blog d'un inconnu talentueux)


Je ne sais plus trop ce que nous sommes, pour être bien honnête, et je ne sais même plus si je veux le découvrir. C'est tellement compliqué, et ce serait tellement plus simple de tout foutre en l'air, de te sortir quelques phrases vraiment stupides et clichées une fois qu'on aura engouffré tout le Southern Comfort du monde, de se péter la gueule en bas de l'amour et de ses déclinaisons troubles et puis de peut-être réussir à se relever, ou de simplement tout envoyer en l'air. Kamikaze. Le vent nous portera.

* * *

"Où est-ce que t'es, calice?" À l'autre bout du fil, son ton exaspéré suggérait la pose qu'il devait probablement mimer en ce moment, le bras droit accoté contre le mur pour y soutenir le poids de sa tête pleine de substances et d'inquiétudes face à ce lapin d'existence que je posais si souvent, son deltoïde doucement défini, trahissant subtilement la tension de son corps.
"Je sais pas trop... Sur la rue, là."
Je crois que je l'attendais plus ou moins consciemment, puisque, appuyée contre le mur de la ruelle qui se perdait au coin des appartements de briques rouges du Plateau accotées les unes contre les autres, mes yeux tombèrent directement sur la porte qui s'ouvrait au deuxième étage, et sur son regard qui balaya le halo des lampadaires à la recherche de ma silhouette chétive. Il dévala les marches de métal des escaliers en colimaçon, ses pas résonnant dans le semi-silence de la nuit pour former un ballet mécanique urbain tout typiquement montréalais. Et subitement, comme il posait le bout de son pied sur le dernier pallier, je fus prise d'une angoisse injustifiée et si subite que je ne pu contrôler ma peur autrement qu'en partant à courir vers les abysses de la ruelle.
Je perdis trop rapidement mon souffle pour continuer ma fuite bien longtemps, et je me contentai de m'effondrer sur le béton de la ruelle, mon crâne frappant durement le sol, un carillon de neurones douloureuses commençant à résonner entre les frêles parois osseuses de ma boîte à malice.
"Tabarnack, Kym, qu'est-ce que tu foues?!"
Il s'agenouilla lentement à côté de moi et, avec lassitude, écarta les quelques mèches de cheveux qui obstruaient mon champ de vision. Je ne bougeai pas. Délicatement, il replaça une des boucles auburn derrière mon oreille et m'effleura la pommette du bout des doigts.
"C'est quoi ton problème, putain?" réitéra-t-il, plus doucement cette fois, presque tendrement.
Je fis légèrement pivoter mon bassin pour me retrouver sur le dos, le détaillant à l'envers sur une toile de fond d'un bleu marine uniforme typique à la ville où quelques branches des arbres grimpant contre les clôtures de bois nous encadrant venaient gruger la tapisserie céleste. Mes cheveux formaient un éventail de vagues rousses constellé de miettes de feuilles mortes et de poussières.
To be continued

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