dimanche 12 août 2012

Can I make it better with the lights turned on?


Une lettre d'excuse où on tourne les coins ronds.

J'ai l'impression que mon monde vient de s'effondrer, que j'ai regardé les arches de cette cathédrale de bien-être que vous avez réussis à me construire à coup de cocktails trop nombreux et de mégalopoles de cheminées à perdition allumées s'écrouler sous le poids de mes regards et obligations. C'est d'un ridicule insoutenable, à quel point je me suis trop rapidement attachée à vous, à vos manies, à vos blagues, vos habitudes. Je sais plus comment exister.
C'est pas à propos de toi. God, je sais à quel point c'est loufoque à dire, comment ça sonne cliché et imbécile et faux, mais tu es probablement une des personnes à qui je me suis le plus attaché en le moins de temps possible, et j'ai aucune idée comment réagir à tout ça, parce que toutes les fois où ça m'est arrivé avant, je me suis carrément pété la gueule, à moi et à toutes les personnes qui ont fait l'erreur de vouloir être là. Je suis un aimant à perdition.
J'aime la façon dont tu souris, légèrement en coin, comme un gamin, l'air naïf et un peu gêné. J'aime que tu bois et fumes trop, et que c'est atrocement dur d'arrêter parce qu'il n'y a pas grand chose qui se compare à l'adrénaline des paradis artificiels, pour ceux qui y ont goûté trop rapidement. J'aime quand ta respiration s'accélère en fonction exponentielle. J'aime tes cheveux même s'il y a des noeuds dedans. J'aime les stigmates sur tes poignets qui prouvent que tu as existé pour de vrai, que tu as traversé l'Enfer et que tu réussis encore à être quelqu'un de soothing pour des personnes comme moi qui savent pas comment respirer sans avoir l'impression de se râper les poumons au papier sablé. J'aime que tu as un appartement. J'aime tes dessins, que ce soit des trolls ou des crânes, ou quoi que ce soit d'autre. J'aime ta culture musicale infinie et cette clef USB que tu ne m'as pas encore fait. J'aime que tu connais la populace complète des chilleurs de l'île de Montréal. J'aime que tu parles allemand. J'aime comment tu tires sur une cigarette et que tu veuilles arrêter. J'aime pas ton passé, parce qu'il est probablement l'histoire la plus horrible que j'ai entendu de ma sainte vie, mais j'aime que tu me l'aies raconté. J'aime que tu es un géant qui mange pas de viande. J'aime comment tu parviens à me faire sentir comme un être humain et pas une simple weirdo qui sait pas se décider et qui devrait se faire lapider parce qu'elle veut trop souvent avaler des gallons d'eau de javelle.
Mais je suis tellement constamment sur le point de me morceler, j'ai tellement de peine à recoller tous les minuscules copeaux de mon coeur calciné, et il s'embrase tellement naturellement, et je me fais tellement facilement mal, et je doute tellement aisément, que je ne crois pas être capable de te faire souffrir pour si peu que ses faibles battements, dont je ne sais pas la durée exacte de toute façon. C'est comme si à chaque pompe, je risquais de tout foutre en l'air.
Et puis, je deviens un monstre avec les personnes qui tiennent à moi, je te l'ai dis. Je crois que c'est parce que plus je sais que quelqu'un veut rester à mes côtés, plus je ressens le besoin de le tester, parce que je suis pas capable d'avoir confiance. C'est pareil pour le physique; la seule façon que je suis capable de m'imaginer, c'est en jouet. Peut-être parce que je crois que je mérite pas mieux. J'en sais rien. Je suis très douée pour me psychanalyser.
Je sais que tu ne m'en demandais pas autant; j'over-react toujours beaucoup. Toi non plus tu ne veux pas de relation. Mais dans ce no man's land sentimental où les gens nous associent, j'ai aucune idée comment agir.
Je me sens enfermée dans une cage - que je sais qui n'existe pas, que je sais qui n'existe pas -, j'ai l'impression de ne plus avoir aucune liberté d'aimer d'autres personnes et de faire comme bon me semble, parce que ce n'est plus mon petit bien-être précaire qui est at stakes, c'est celui de quelqu'un d'autre. Je dis pas que ton bonheur dépend de moi, haha, ce serait vraiment trop narcissique, je me considère de loin moins importante que ça, tu seras capable de passer par-dessus cette petite escarmouche estivale en un rien de temps, j'imagine, mais disons que j'ai l'impression de rajouter des petits poids occasionnels, et c'est tellement pas nécessaire et pas nice.
(C'est ce que je te disais; c'est drôle que le coeur soit dans la cage thoracique, c'est comme si nos émotions étaient cloîtrées derrière les barrières de notre corps.)
Aussi, tout me fait peur du parallèle que je peux faire avec mon autre relation. Je veux pas rentrer là dedans, mais c'était ridiculement ridicule et douloureux et absurde et long pour rien. Ça me prend des années pour oublier des gens que j'ai connu une semaine, alors j'ai une angoisse folle de m'attacher, tu comprends?
Je me sens également mal de tenir à d'autres personnes que toi; si j'étais réellement à ta hauteur, je ne m'extasierais pas des défauts et des cicatrices de d'autres, ne voudrais pas savoir ce qu'ils pensent et les aider, leur tenir la main et ne désirerais pas parfois l'empreinte de leurs lèvres. Je te voudrais toi. Point.
Tu mériterais des sacrifices inimaginable pour rendre justice à quel point tu es génial, et moi je te propose à la place qu'on s'immole tous les deux, mais avec des arrières pensées; c'est tellement pas fair play, ça me donne envie de tout casser, moi tout particulièrement. En un sens, j'ai l'impression de mériter que vous me laissiez tomber, même si, bien évidemment, c'est absolument pas le cas.
Le fait que je sois aussi dérangée par le fait que d'autres personnes que nous deux sachent qu'il se passe quelque chose entre nous me met aussi la puce à l'oreille comme quoi je serais pas exactement correcte de profiter de tous les bons aspects de toi tout en ayant un doute qui est traître et juste ignoble. Je me comprend même pas. Mais le fait que je sens pas que je puisse te faire confiance là-dessus me fait badtrip.
J'ai l'impression de projeter l'image d'une conne qui se fout de toi, alors que c'est que je suis une folle qui aime tout le monde et qui n'a pas encore appris à faire des choix et à vivre avec en 18 ans.
Oui, je suis intense demême, une malade sentimentale à fleur de peau. Ma vie, c'est comme une partie d'Opération éternelle, mais quand on accroche les bords de métal, ça fait mal en criss pour de vrai. Et puis y'a beaucoup de gens qui jouent en même temps. Ou, comme mon professeur d'histoire disait, "un escargot sur une lame de rasoir". Ça vient d'Apocalypse Now. Il a mal s'il avance et s'il recule, et s'il reste immobile, mais tout ça très lentement.
Bref, je sais absolument plus quoi faire, parce que j'ai pas l'impression d'être capable de respirer sans votre petit monde, et le tiens, à présent, et que, à la fois, je suis pas capable de penser que je pourrais continuer à esquisser les pas hasardeux de cette valse étrange et désynchronisée qu'est notre relation sans trébucher et, en tentant de me retenir, te fracasser le crâne sur le plancher de marbre de l'univers trop concret. Mais je crois que même si tu décides de me sortir de ta vie, il aurait quand même fallu que je réussisse à articuler des mots à peu près cohérents pour décrire l'imbroglio qui enfume mes synapses, parce que jusqu'à maintenant, je ne suis que parvenue à avaler les tiens sans finir par démêler les phrases qu'ils faisaient germer dans ma cage thoracique.
Je m'étais imaginé, en fait, que si je coupais le lien qu'on avait là, ce serait pas vraiment le cas, que ce serait simplement qu'on aurait plus de contact à proprement parler. Qu'on serait capable d'estomper la mémoire et qu'il resterait que le fait que je t'apprécie atrocement en tant que personne et qu'on pourrait quand même se voir, au moins jusqu'à ce que je recommence (ce qui est dans une semaine. Assassinat). Là, ma tête est un bordel et moi, une wreck.
Je me suis aussi fait dire par plein d'amies que je pouvais pas continuer comme ça parce que c'était juste cruel. Ce que tu m'as déjà dis. Je veux tellement faire mal à personne, putain, je sais pas comment je réussis à être kamikaz à ce point, je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse.
Je suis désolée pour tout le trouble que j'ai causé, et j'espère que si tu décides de plus me voir, ça sera plus simple et rapide que m'est l'idée de me passer de vous.

Can I make it better with the lights turned on? 

PS. Je sais que j'ai un style d'écriture vraiment trop littéraire qui rend souvent la compréhension ardue. Je m'en excuse, c'est comme ça dans ma boîte crânienne aussi, je vois les trucs en images plutôt qu'en vrais paragraphes ordonnés.
PPS. Ça, c'est à peu près de l'écriture automatique sortie tout droit de mes neurones. J'ai l'air d'une malade mentale comme peu de personne savent que je peux avoir l'air. J'apprécierais donc si tu gardais le tout pour toi. Merci, love.

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