mardi 31 juillet 2012

If I didn't tell her, I could leave today



-------Ces sentiments qu'on assassine
-------Pour ne pas débourer les chevaux d'écume de nos veines,
-------Spectres d'émotions à la guillotine
-------Qu'il vaut mieux oublier pour taire notre peine.

-------Ces sentiments qui se fatiguent
-------Et nous abattent au rythme de leur agonie,
-------Courant trop faible pour déchirer la digue
-------Qui avant parvenait à étouffer notre ennui.

Tu me manques. Tellement. Tellement que ça me donne envie de gerber. Et le pire, c'est que je t'ai vu hier. Je ne me rendrai pas bien loin, si ça continue de la sorte
Quelle petite conne je fais... Tomber amoureuse, quelle idée, et à mon âge en plus! J'aimerais bien mieux donner des tickets à tous les hommes qui pénètrent mon appartement et m'en foutre comme de l'an quarante. Comme à la crémière, je distribuerais des sucettes.
C'est si étrange. J'aimerais vraiment croire que nous pourrions passer des soirées, étendus entre ces corps d'arbres enveloppants et oppressants, à écouter ces vieilles mélodies hypnotisantes d'harmonies vocales des années 60s, qu'on s'oublie et que le monde nous oublie aussi dans ces envollées impressionnistes où je suis supposée finir ma deuxième session dans les deux prochains jours mais où je passerai surement l'essentiel de mon temps à ressasser à quel point j'aimerais que tu y sois, revenir une semaine en arrière, boire moins et ne pas coucher avec le héros d'Itak, de toute façon, j'ai toujours préféré les fous aux cavaliers (le roi, on n'en parle même pas. La perfection me fait trop peur, au point de me dégoûter).
J'aimerais pouvoir te dire qu'il n'a été qu'une envollée alcoolique comme j'en ai tant connu, que si je lui ai prêté mes lèvres et mon corps, c'est probablement que je ne savais pas comment te les proposer à toi, que de se donner entièrement à quelqu'un, avec sincérité et douceur, et douleur et rancoeur, en espérant qu'il vous rende cette affection miroitant contre les larmes dans vos yeux, c'est bien plus risqué que d'offrir son épiderme raturée de souffrance au premier venu qui voudra bien la profaner de ses ongles et de ses dents, comme on tag un nom pastiche et inutile par-dessus les rubriques éphémères calligraphiées à la canette, sur les briques sales des ruelles d'un centre-ville qui a déjà été possédé par bien d'autres junkies espérant que leur anarchie resterait dans les mémoires mégalopoles d'un monde de poussières au vent (Au bal des écorchés / Ce n'est pas par amour / Que peaux cicatrisées / Se joignent après le jour). Je voudrais tellement, tellement pouvoir effacer ces heures là, t'en proposer des nouvelles, toutes neuves, qu'on les tache à deux de toutes les conneries que nous nous savons capable de faire, qu'on les peinture de notre sueur ou de nos larmes ou de nos silences...
Tu vois, avec toi, je ne ressens même pas le besoin de m'emboiter comme une pièce de casse-tête; je veux seulement une promesse, muette, peut-être, si nous ne sommes pas capable de l'aritculer, que tu ressens quelque chose, je ne sais quoi, quelque chose, putain, quelque chose... Je me meures ici à attendre l'impossible, et des scénarios ridicules germent dans mon crâne à mesure que j'appréhende le fait que tu reposeras peut-être tes pieds dans le château de cèdre de mon paternel... Peux-tu seulement m'accorder cette danse où nos mains se croisent et s'esquivent, et se retouchent et se serrent? Derrière les yeux de celui qui m'aime trop, derrière ses rétines, il ne peut pas te détester, s'il n'en sait rien, pas vrai? Donnes-moi juste le droit de te dire que je tiens à toi plus qu'il ne m'en est permis pour ne pas me sentir mourir quand je croiserai ton embarras au détour d'un regard.
J'asphyxie. J'ai besoin d'air. Mais davantage du tiens. Peux-tu me prêter ton haleine de cigarette à quelques pas de la mienne? C'est que je crois pouvoir puiser plus de plaisirs dans sa débauche que je n'en trouve dans ma saineté mentale.
Vous m'avez fais redevenir une dépendante de l'adrénaline, une accroe aux sensations un tant soi peu plus forte, une junkie des paradis artificiels, tant qu'ils nous donnent des aubes roses détaillées à travers le filtre absurde des boissons d'adieux hâtifs... Ce n'est pas très bien. Je me demande comment je vais bien pouvoir reprendre le rythme morne et monotone de l'année scolaire qui s'ammorce dans moins d'un mois. Comment je vais parvenir à ne pas me trancher les veines la veille de la grande escapade dans les couloirs millionnaires de ce collège de gosses de riche - comme moi! Comment je vais réussir à respirer sans tenir une bière dans ma main.
Je voudrais exister. JE VOUDRAIS EXISTER, VOUS COMPRENEZ, ÇA, PUTAIN? Mords-moi, la vie, mords-moi, je suis trop cynique pour en faire de même, et de toute façon, les dents d'or de mon sourire juvénile sont pourries.
Je me sens devenir complètement cinglée, perdre le contrôle, me prendre de manies terribles, comme aller me cacher entre les souches d'arbres et écouter le soupir du vent dans les feuilles qui dorment durant des heures sans me soucier du fait que je suis atrocement dangereuse pour moi-même, ou me rentrer des aiguilles dans la peau de plus en plus profond jusqu'à ce que la douleur soit intolérable, ou paranoyer durant des heures sur le fait que tu me détestes et ne veux pas me voir, et avoir possiblement raison, au fond. Folle. Putain de folle.
Si vous saviez...
Je déteste tout ce qui s'apparente à une affection univoque pour un être sans équivoque, c'est compris? J'ai envie de briser des murs et de bouffer mes doigts jusqu'à ce que mes dents rongent mes coudes. J'ai envie de gueuler jusqu'à ce que mes cordes vocales se cassent et s'embobinent comme celles d'une guitare grattée trop violemment. J'ai envie de faire l'amour à des inconnus ramassés sur la rue, à un itinérant qui n'a pas goûté à la tendresse depuis une dizaine d'année, quand sa femme l'a laissé parce qu'il préférait se piquer de l'oubli des aiguilles au lieu de caresser la mémoire de ses yeux (Au bal des écorchés / Les aiguilles sont vides / Leur oubli déversé / Dans des veines translucides). J'ai envie de me recroqueviller en petite boule et de pleurer longtemps et probablement ensuite de mourir.
Serres-moi dans ton étreinte de papier journal, petit soldat de bois; je te promet de tenter de ne pas nous enflammer de mes intempéries émotionnelles. Je te jure d'essayer de ne pas nous casser comme tu sembles avoir été réduis en minuscules morceaux qu'on ne pouvait pas recoller sans quelques malformations, invisibles du monde extérieur, mais qui lentement prennent l'humidité de tes larmes et finiront par te pourrir les synapses. Je pourrais essayer de panser tes ventricules fondues de plastique calciné, comme les voitures qui ont été embrasées devant ta demeure hypothétique (dis donc, que serait mon été devenu si tu n'avais pas été à Montréal en Septembre?), je crois que je pourrais m'y retrouver, j'ai moi-même colmaté tant de fois les artères déchiquetées sensées me faire fonctionner.
Nos coeurs sont des caveaux, des catacombes où sont mortes trop d'amour pour que nous puissions ne pas voir dans les battements irréguliers de leurs rythmes la promesse militaire d'une mort inévitable. Il y a tant d'alcôves funéraires qui abritent mes défunts sentiments dans mon âme, je ne sais pas s'il me reste quelque part où dormir et me reposer, souffler un peu... De toute façon, 
Je me fais des idées. Mais j'aimerais tellement pouvoir avoir un seul souvenir de mes lèvres contre les tiennes... Foutue boisson, foutue existence humaine déplorable dégoulinante de tristesse et de morve et de rire et de doute.
Je t'aime, moi non plus. Comme toujours, j'imagine.
On a soulevé l'idée d'aller passer un weekend à New York. Vous imaginez le nombre de conneries que je raconterai si ça se concrétise? Vous en auriez pour des jours à pleurer ma démence affective.

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